Notin, Pierre
Biographie
Né le 18 juin 1786 à Saint-Domingue. Ancien marin, il avait dix-huit années de service et avait reçu trois blessures au siège de Saint-Domingue. En 1806, il était garde-magasin à l’hôpital de Saint-Domingue. En 1808, un certificat attestait ainsi sa conduite : « […] A fait partie de la compagnie administrative qui a été formée à Santo-Domingo, lors du pénible siège de cette place, qu’il s’y est toujours comporté avec honneur, principalement dans la sortie du 8 janvier 1808 faite contre l’ennemi, dans laquelle, entraîné par son courage, il fut dangereusement blessé. M. Notin, ayant été observé par ses chefs et ses camarades, fut signalé dans la feuille du jour. Enfin, il a contribué honorablement à la belle défense de Santo-Domingo. » En 1809, capturé à bord de La Sentinelle, il resta cinq années prisonnier en Angleterre. Il épousa une Anglaise pendant sa captivité et fut débarqué à Calais en 1814. En 1815, il était agent comptable sur un bâtiment de la Marine. En juillet 1830, selon plusieurs certificats de notoriété, « il a donné par son courage, son intrépidité et sa bravoure l’exemple de son énergie, en conduisant au feu ses volontaires avec le plus grand sang-froid » et participa à la prise du Louvre, à celle des Tuileries, où il accompagna Michel Vicaire, ex-lieutenant au 7e léger, quand il planta le drapeau tricolore et ordonna de sonner le tocsin, et, enfin, à l’expédition de Rambouillet. Il reçut (sous le nom de Nottin, Pierre), après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il témoigna avoir aidé, avec Aubert, le pharmacien Bonneau à se sauver de la fureur des militaires qui l’entouraient, pendant qu’il soignait les blessés (il était alors employé chez Laffitte et Caillard). Il signa, le 11 août 1831, le certificat suivant en faveur de Brissolary, Alexis, Désiré, Nicolas, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits devant la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac : « Nous, soussignés, propriétaires et principaux habitants patentés du faubourg Saint-Denis, certifions à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le nommé Brissolary, Alexis, Désiré, Nicolas, âgé de trente-quatre ans, ouvrier peintre en équipages, demeurant maintenant rue du Faubourg-Saint-Denis n° 141, s’est empressé de quitter ses travaux pour aller combattre pour la liberté dans les mémorables journées de Juillet, qu’il a parti de son domicile sans arme et qu’il en a gagné le 28 ; que, le 29, il a assisté aux principales affaires de cette mémorable journée, notamment dans la rue du Coq, à l’attaque du Louvre, où il a été blessé à un doigt de la main gauche, et à la prise des Tuileries, que partout il a bravé les plus graves dangers avec le courage d’un vrai patriote, que dès le soir du 29 il a fait partie du poste qui fut formé ce même jour rue du Faubourg-Saint-Denis au coin de la rue de Lafayette, auquel il a resté pendant neuf jours de suite et qu’enfin ce brave ouvrier mérite de participer aux récompenses nationales. » Il signa, le 31 octobre 1831, et comme « ex-agent comptable de la Marine » le certificat suivant en faveur de Chedal, Benoist, quand ce dernier tenta, auprès de la Commission des Réclamants, de faire valoir ses droits à une récompense nationale : « Nous, soussignés, attestons et certifions que M. Chedal, Benoist s’est trouvé avec nous dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, dans diverses rues de la capitale, où les dangers étaient les plus éminents ainsi qu’à la prise du Louvre et des Tuileries. Nous attestons sur l’honneur que le sieur Chedal s’est comporté dans toutes ces circonstances en brave et loyal citoyen et qu’il a fait preuve de courage et d’intrépidité. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat pour rendre hommage à la vérité et lui mériter la récompense nationale due à tous les braves qui ont combattu pour la liberté. » Il apostilla ainsi, en tant que « décoré du (ancien) Ve arrondissement », le 7 septembre 1831, un certificat délivré en faveur de Le Roux, Jean-François : « Je certifie avoir vu M. Le Roux sur les boulevards, rue Montmartre et place des Victoires et qu’il était animé du plus grand courage. » En 1831, il était agent dans un comptoir de marine. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1834, père de famille, il était dans la gêne et sollicita des secours. Le commissaire de police de son quartier donnait sur son compte les renseignements suivants : « Employé aux écritures dans les ateliers de MM. Laffitte et Caillard, rue Neuve-Notre-Dame-des-Champs. Son traitement est très modique. Il a à sa charge sa femme et une fille âgée de seize à dix-sept ans. Il est dans un état voisin de l’indigence. Sa conduite morale est bonne. Il paraît avoir un pressant besoin du secours qu’il sollicite. » Le préfet de police, quant à lui, précisait : « […] Employé aux écritures dans les ateliers de MM. Laffitte et Caillard, son traitement est de deux mille quatre cents francs (mille huit cents francs selon un autre rapport de police in Archives de Paris VK3 49, N.D.A.). Il n’a à sa charge que sa femme et une fille de dix-sept ans. On ne sait à quoi attribuer l’état de gêne dans lequel se trouve cette famille car elle pourrait vivre dans l’aisance. La conduite du sieur Notin paraît régulière. » Le préfet de la Seine précisait : « Il paraît avoir contracté beaucoup de dettes pendant qu’il était sans place. » Un secours de deux cents francs lui fut alors attribué. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 172, rue du Faubourg-Saint-Denis (mais 173, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B) en 1830-1831 ; 7, rue Vavin (un logement au loyer annuel de deux cents francs) en 1831-1834 ; 58 ou 60, rue du Cherche-Midi en 1849-1850 ; 9, rue Vavin en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Bonneau, Alexandre, Mathieu ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VK3 49 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement, et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Bonneau, Alexandre, Mathieu ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Brissolary, Alexis, Désiré, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chedal, Benoist ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Le Roux, Jean-François.