Novince, Pierre, François

Biographie


Né le 16 décembre 1799 à Alleaume (Manche). Employé au journal le Temps. Selon le témoignage de Tricotel, le jeudi matin à la Bourse, il fut entendu « lire quelques proclamations et annoncer une distribution de cartouches pour nos braves défenseurs ». Après la victoire, il interrogeait, dans ces mêmes locaux, les personnes suspectes qui avaient été arrêtées. Il était, avec Gadon, l’un des deux commandants nommés par le général en chef du poste de la Bourse, Pailhès. Il contribua à préserver du pillage l’argenterie du château des Tuileries, en la déposant au poste de la Bourse. L’inventaire de cette argenterie nous est connu, il fut ainsi rédigé : « Inventaire de l’argenterie provenant du château des Tuileries déposée au palais de la Bourse : 6 cloches pour plats ronds ; 1 cloche pour plat long ; 1 soupière longue et son couvercle ; 4 soupières rondes et leurs couvercles ; 2 grands plats longs pour poisson ; 2 moyens plats pour poisson ; 187 assiettes ; 2 petites soupières et leurs couvercles ; 2 petites assiettes ; 12 grands plats ; 4 moins grands ; 3 grandes cuillères à potage ; 2 petits plateaux à gratin ; 8 plateaux à bouteilles ; 4 salières doubles avec leur garniture en vermeil dont trois à cygnes et une ordinaire ; 3 salières dont 2 auxquelles manquent les garnitures ; 3 moutardiers avec garnitures en vermeil dont deux sans couvercle ; 1 moutardier et son couvercle, sans garniture ; 1 grande pince ; 2 pinces à sucre dont 1 en vermeil ; 1 réchaud et sa lampe ; 1 triangle ; 11 brochettes ; 4 passoires à thé ; 12 cuillères à ragoût ; 2 cuillères à sucre ; 2 fourchettes à découper ; 6 petites cuillers à sel en vermeil ; 205 couteaux ; 197 cuillers ; 206 fourchettes ; 46 cuillers à café ; 1 pendule du nom de Lepaule, son balancier détaché et trois colonnes seulement ; 2 couvercles de moutardier ; 1 petit plateau à sel ; 1 bassin à manche ; 1 double tableau dont deux médaillons sans portrait ; 1 petit tableau représentant un enfant ; 11 fourchettes ; 1 cuiller à punch ; 13 cuillers ; 2 petites timbales ; 11 petites cuillers à café ; 6 couteaux ; 1 casserole et son couvercle ; 1 calice en or ou vermeil ; 2 encensoirs en argent avec leur chaînes ; 2 chandeliers en argent ; 1 cuvette en argent doré ; 1 vase avec sa cuvette en argent ; 1 vase en argent doré ; le baptême de J.-C. »

Suit la mention : « Tous lesquels objets sauvés du pillage du palais des Tuileries par les soins et par les ordres du colonel Pailhès, de MM. Novince et Gadon, commandants au poste de la Bourse, de plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique, de M. Chasle, banquier, ont été remis au colonel Parchappe, d’après l’autorisation qu’en ont reçue MM. Novince et Gadon, du général Lafayette, commandant en chef de la garde nationale de Paris, en présence de M. Gaillard, ex-commissaire des guerres (ou Guillard). Fait et signé en sextuple expédition au palais de la Bourse, le 31 juillet 1830 à 11 heures du soir. » Suivent les signatures de Parchappe, Pailhès, Guittard, Novince et Gadon.

Chef du poste de la Bourse, c’est à lui que Guillon, François, Gabriel (voir ce nom) demanda l’autorisation d’y ouvrir une ambulance. Il lui délivra par la suite le certificat suivant : « Nous, soussignés, commandants du poste de la Bourse, attestons que le 29 juillet à midi, M. le docteur Guillon, […] s’est présenté à nous avec les objets nécessaires aux pansements des blessés et nous a offert d’établir une ambulance à notre quartier général, ce que nous avons accepté avec empressement, en lui adjoignant M. Delacoux, médecin civil.

»Pour rendre hommage au dévouement et au patriotisme de M. Guillon, nous certifions également qu’il n’a cessé jusqu’à ce jour de prodiguer des soins aux blessés, avec un zèle digne d’éloges et quoiqu’il parût souffrir d’un coup de feu qu’il reçut le 30 au pied droit, en faisant des pansements, c’est-à-dire le lendemain de son installation.

»Nous ajouterons encore que le sang-froid, le dévouement et la belle conduite du docteur Guillon, qui n’a pas cessé de prodiguer ses soins aux blessés qui se trouvaient immédiatement placés au-dessus de la partie du bâtiment qu’un fou voulut faire sauter, lui ont mérité la reconnaissance publique et lui donnent des droits incontestables à une récompense nationale.

»Pour rendre un témoignage exact à la vérité, nous devons dire que par les soins de M. Guillon et de son collègue, il a été pansé environ deux cents blessés, sur lesquels quarante l’étaient si grièvement qu’ils ont été alités et sont restés à l’ambulance jusqu’au moment où d’après l’ordre du préfet de police plusieurs d’entre eux, tous militaires, ont été évacués sur les hôpitaux. Nous devons aussi ajouter que c’est sur la demande et les instances du docteur Guillon que le préfet de police a consenti, dans l’intérêt des malheureux blessés civils à laisser l’ambulance de la Bourse où il reste encore une vingtaine d’hommes. » Novince fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il délivra le certificat suivant à Gaudin, Césarine (voir ce nom) : « Je, soussigné, préposé au commandement du poste de la Bourse pendant les journées de juillet 1830, atteste que madame Ouvrard, née Césarine Gaudin, a, sous le nom de Victor, donné des soins aux blessés réunis à l’ambulance dudit poste et que, dans la journée du 30, quelques hommes appartenant à la police du pouvoir déchu cherchèrent à s’emparer d’elle, en l’entraînant hors l’enceinte du palais, où ils avaient trouvé le moyen de pénétrer. » Signé Novins (sic). Il signa un certificat en faveur de Roch, Louis, pour attester que ce dernier « était au nombre des personnes qui transportèrent l’argenterie des Tuileries audit poste ». Il délivra le certificat suivant en faveur de Tessier, Eugène, Célestin : « Etat-major de la Bourse. Reçu de M. Tessier, volontaire une lettre du colonel d’état-major de la garde nationale de Paris, constatant que plusieurs gardes nationaux et ledit volontaire ont amené à l’Hôtel de ville un facteur de la poste aux lettres [convaincu ? illisible] de trahison. » Le docteur Delacoux, Alexis (voir ce nom), invoquait son témoignage pour attester de la conduite qu’il avait lui-même tenue à l’ambulance de la Bourse. Il délivra un certificat à Lussan-Pelletier, pour attester que ce dernier avait fait partie de ceux qui avaient apporté la pièce d’artillerie prise le 29 juillet rue Saint-Honoré et qu’il avait ensuite participé au service intérieur du poste. Il écrivit à la Commission des récompenses nationales afin d’attirer son attention sur la conduite qu’avaient tenue mademoiselle Grosjean (voir ce nom) et mademoiselle Bourbion (voir ce nom). Il signa le certificat suivant en faveur de Huot, Gaspard : « Je certifie au M. Huot, Gaspard était au nombre des citoyens qui apportèrent à la Bourse dans la journée du 29 juillet les vases sacrés de la chapelle des Tuileries et qu’il fit aussi partie du détachement que je renvoyai au château pour s’emparer de l’argenterie exposée à être enlevée, lesquels vases et argenterie ont été remis au colonel Parchappe le 31 au soir, d’après l’autorisation du général Lafayette. J’atteste en outre que M. Huot a fait le service à la Bourse jusqu’au 31 inclusivement. » Il signa le certificat suivant en faveur de Dupart, Paul, Amable : « Je, soussigné, commandant le poste de la Bourse pendant les journées de Juillet, atteste que M. Paul Dupart s’est rendu utile pour le maintien du bon ordre dans l’intérieur ; que plusieurs dépêches lui ont été confiées pour les porter au quartier général de l’Hôtel de ville et qu’il s’est acquitté de cette mission avec zèle et exactitude. M. Paul Dupart a fait enfin tout ce qu’on devait attendre d’un citoyen dévoué et sa conduite mérite les plus grands éloges. » Il signa le certificat suivant en faveur de Noël, Louis, Adrien : « Le commandant du poste de la Bourse, soussigné, atteste que le sieur Noël a été chef de pièce d’artillerie audit poste et qu’on peut ajouter foi au certificat qu’il donne au sieur Bacquaris. » Il signé, le 10 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Contremoulin : « Je, soussigné, préposé au commandement de la Bourse pendant les journées de Juillet, conjointement avec M. Gadon, atteste que M. le capitaine Contremoulin a été de la plus grande utilité à ce poste, qu’il n’a quitté qu’au dernier moment, tant pour l’organisation des citoyens armés que pour le maintien du bon ordre. M. Contremoulin a fait, dans ces journées mémorables, tout ce qu’on devait attendre du zèle et du patriotisme d’un officier dévoué à la cause de nos libertés et au rétablissement de l’ordre légal, et sa conduite mérite les plus grands éloges. » Il retourna au journal du Temps après les événements de Juillet. Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Novince est représenté dans le tableau de Gosse, exposé pour la première fois en 1833 et conservé au Musée du Carnavalet, Sa Majesté la Reine des Français visitant les blessés de Juillet à l’ambulance de la Bourse, le 25 août. Les Annales du Musée et de l’Ecole moderne des Beaux-Arts donnèrent, à l’occasion de sa première exposition, le commentaire explicatif suivant sur le tableau : « Tous les personnages, ainsi que tous les détails de ce tableau, sont historiques. En donnant ici un court récit de la scène qu’il représente, nous aurons fait connaître sa composition et les diverses figures que l’auteur a dû y faire entrer. “Après les mémorables journées de Juillet, dit M. Gosse dans la notice du livret, S.M. la reine, accompagnée de S.A.R. Mme Adélaïde, du prince de Joinville, des princesses Louise et Marie, et de Mme la marquise de Dolomieu, alla visiter l’ambulance établie à la Bourse dès les premiers jours des combats, et prodigua aux blessés et aux personnes qui leur donnaient leurs soins, des secours et des consolations.” La reine fut reçue par MM. Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce, Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), Richebourg (voir Baudesson de Richebourg), Novins (voir Novince, Pierre, François), Rousseau (voir Rousseau, Jean, Joseph), et un jeune Anglais nommé Schripton (voir Shrimpton, Charles), naturalisé français depuis la révolution de Juillet, et qui, pendant les trois jours, ne cessa de prodiguer ses soins aux blessés de la Bourse. Parmi ces blessés, on remarque Julien (voir Julien, Fortuné), vieux soldat de la garde impériale : c’est celui dont la reine prend la main ; M. Guillaume (voir Guillaume, Henri, François, Guillaume), cousin de M. le préfet de police ; il reçut vingt blessures ; M. le docteur Marc est auprès de lui. Viennent ensuite Hureaux (voir Hureau, Julien, Charles), près duquel est Mme Novins ; Gravey (voir Gravey, Thomas, Bernardin), cocher de cabriolet, et sa famille ; Brisset (voir Brisset, Jean, François), ciseleur ; Bouvier (voir Bouvier, Benoist, Marie), Chambron (voir Chambeiron, Pierre, Antoine), Séné (voir Séné, Adolphe, Louis, Baptiste), tous blessés, et les personnes qui ont pris une part plus ou moins active aux soins qui leur ont été donnés, et parmi lesquelles il faut principalement remarquer Mlle Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), marchande de modes ; c’est elle qui est placée près de Mme la marquise de Dolomieu. Sur le premier plan, on remarque le nommé Marquet, garde royal ; et près du vieux Julien, M. le docteur Guillon (voir ce nom), médecin en chef de l’ambulance, à qui, la veille de l’arrivée de la reine, M. de Lafayette avait remis une médaille d’or. Dans le fond est le drapeau national, et une affiche aux trois couleurs portant ces mots : Aux braves blessés pour la patrie. Tels sont à peu près les nombreux personnages de cette riche composition que quelques personnes, par un esprit de parti plus qu’injuste et fort mal entendu, avaient d’abord sévèrement critiquée. Placé sous un faux jour lors du premier mois de l’exposition, ce tableau n’avait pu être sainement jugé : mais enfin, lorsqu’il a pu être offert aux regards des connaisseurs sous un jour favorable, il a été pleinement vengé de l’injuste rigueur des censeurs. Nous ne voulons pas dire cependant que toutes leurs critiques aient porté à faux. On a remarqué avec raison que l’ensemble du tableau, d’ailleurs bien composé, manquait de vigueur d’effet, principalement le côté droit ; que peu de figures avaient l’énergie d’expression que le sujet comportait. Excepté le soldat à qui la reine prend la main, l’opposant qui se couvre le visage de ses mains pour cacher son émotion à la vue d’une princesse dont la bonté le confond ; excepté encore la jeune femme en marmotte, la figure du jeune prince, et surtout celle de la reine des Français, dont les traits respirent la bonté et la compassion, presque tous les personnages de cette scène sont peu animés, peu expressifs, même la reine des Belges, dont l’artiste n’a fait, à bien dire, qu’un portrait hors d’œuvre. Toutefois, il faut convenir que donner l’expression convenable à une scène où la douleur physique et la satisfaction morale devaient se peindre sur les traits de nombreux personnages qui, étant tous historiques, devaient être tous ressemblants, était une tâche difficile à remplir, et que plus d’un des hommes de mérite qui ont critiqué le tableau de M. Gosse, ne l’aurait probablement pas accompli avec autant de bonheur que lui. » Son nom (Novince, Pierre, François, Stanislas) apparaît comme ayant reçu procuration le 7 janvier 1833 de Collin, Etienne (voir ce nom), capitaine adjudant de place à Bourges (Cher), et Bataille, Jean-François, pour gérer et administrer ses biens et finances. Novince demeurait 92, rue de Richelieu, au journal le Temps, en 1831 ; 14, chaussée Ménilmontant en 1833. Esquisse de quelques scènes de l’intérieur de la Bourse pendant les journées des 28, 29, 30 et 31 juillet dernier, C.-F. Tricotel, Paris, 1830 (par erreur sous le nom de De Norins) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris 4AZ 19 (4AZ 839 inventaire de l’argenterie provenant du château des Tuileries) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Benoît ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Delacoux, Alexis, idem in dossier Grosjean mademoiselle, idem in dossier Guillon, François, Gabriel, idem in dossier Huot, Gaspard ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Dupart, Paul, Amable ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Roch, Louis, idem in dossier Tessier, Eugène, Célestin ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 30 août 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/9/1156 in dossier Gaudin, Césarine ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bacarisse, Etienne ; Archives de la préfecture de police AA 380 in dossier Contremoulin ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Annales du Musée et de l’Ecole moderne des Beaux-Arts, Landon, Salon de 1833, Paris, chez Pillet, 1833, pp.73-75 ; Minutes et répertoires du notaire Antoine, Juste, Alphonse Thomas, 15 décembre 1831-15 décembre 1886 (étude VII), MC/ET/VII/725, p. 106.

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