Occident, Charles, Joseph

Biographie


Né le 1er janvier 1811 à Lagny (Seine-et-Marne), fils de Occident, Denis, taillandier, et de Dhallu, Marie, Anne, Angélique. Garçon serrurier chez Blanchard, 75, rue de la Tixéranderie. Il combattit les 27, 28 et 29 juillet. Le 29 vers 13 heures, il fut gravement atteint d’une balle à la poitrine dans les combats pour la prise du Louvre. Transporté chez sa sœur, Mme Gadan, qui demeurait 13, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, il y mourut vers 19 heures. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Une erreur de prénoms fut largement reprise dans différents certificats et par la mairie même du (ancien) VIIe arrondissement et de la Commission des récompenses nationales : Charles, Joseph, ou Claude, Denis, ou Arthur, Joseph. Charles Joseph était triplé avec Joseph Artur et Claude Denis, ce qui entraîna beaucoup de confusion dans l’établissement de son identité véritable, sans même qu’elle soit parfaitement établie et alors l’inscription de ses prénoms sur la colonne de Juillet reprendrait une identité fautive. Le certificat médical suivant constatait son décès : « Je, soussigné Gabriel, Laurent Sonnier, médecin passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n° 13, certifie que Occidan, Arthur, Joseph (sic), âgé de dix-neuf ans et demi, garçon serrurier chez M. Blanchard, rue de la Tixéranderie n° 75, a été apporté chez le sieur Gadan, son beau-frère, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie le 29 juillet à 4 heures de l’après-midi, ayant été frappé place du Louvre d’une balle qui lui a traversé le côté gauche de la poitrine et dont il est mort une heure après son arrivée chez son beau-frère. » Signé, le 8 août 1830 : Sonnier, Gabriel, Laurent, médecin, demeurant 13, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du canton de Lagny, comparurent : Guenot, Claude, Charles, serrurier, demeurant à Lagny, parrain de Occident, Claude, Denis ; Montansier, Joséphine, Marguerite (elle signe Montozié), épouse de Leclerc, Jean, Vincent, marchand vannier, demeurant à Lagny, marraine de Occident, Claude, Denis ; Leclerc, Jean, Vincent, marchand vannier, demeurant à Lagny ; Dhallu, Jean, Hippolyte, taillandier, demeurant à Lagny. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Occident, Claude, Denis et savoir qu’il était l’un des braves tués en juillet et que c’était par erreur que dans son acte de décès il était nommé par erreur Occidan, Arthur, Joseph ». Il laissait des parents, Occident, Denis, né le 8 avril 1782 à Coupevrai-sur-Marne, compagnon taillandier, et D’Hallu, Marie, Anne, Angélique, née le 27 septembre 1775 à Lagny-sur-Marne, qui vivaient séparés. Le père reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel puis fut pensionné de deux cents francs ; il avait abandonné sa femme, mère de deux jeunes filles. Les parents reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Selon le procès-verbal du 13 avril 1831, devant le juge de paix du canton de Lagny, Occident, Claude, Denis était le seul survivant des trois fils du couple, le premier enfant, Charles, Joseph était mort en nourrice quelques jours après sa naissance, et la seconde se nommait Louise, Françoise. Son père, Occident, Denis, fut l’objet d’un certificat signé, en date du 10 octobre 1830, par le maire de Lagny et des habitants de cette commune qui certifiaient qu’il avait abandonné sa femme, la laissant sans ressources, et ajoutant : « [Il] a touché par provision une somme de quatre-vingts francs de la Commission des récompenses nationales, qu’il est venu dissiper cette somme dans la débauche avec des ouvriers de Lagny, qu’il excitait même à se réunir à lui pour se joindre aux rassemblements des ouvriers de Paris ; que la vie vagabonde que mène le sieur Occident doit déterminer la Commission à attribuer exclusivement à sa femme les secours qu’elle jugera convenable d’accorder à la famille d’Occident fils ». Le 11 septembre 1830, une quinzaine d’habitants de Lagny firent le témoignage que la mère de Occident, Claude, Denis « âgée et infirme, demeurant aussi à Lagny, est délaissée de son mari depuis cinq ans, que celui-ci au lieu de lui donner des secours lui enlève le peu de ressources qui lui restent ; que la dame Occident a à sa charge deux jeunes demoiselles et enfin que le fils qu’elle vient de perdre était le seul soutien de cette malheureuse famille ». Le 18 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent, sur la demande de Dhallu, Marie, Anne, Angélique : Colombier, Auguste, Oriol, menuisier, demeurant 13, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; Blanchard, François, serrurier, demeurant 75, rue de la Tixéranderie ; Brevune, Pierre, layetier-emballeur, demeurant 59, rue Saint-Antoine. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Occident, Joseph, Arthus (sic), fils de la requérante et « savoir qu’il s’est battu les 27, 28 et 29 juillet dernier pour la cause des lois injustement violées ; que le jeudi 29 juillet il a reçu une balle dans la poitrine, vers les 1 heure de l’après-midi, sur la place du Louvre ; qu’il a été transporté chez la dame Gadan, sa sœur, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n° 13, où il est mort le même jour à 7 heures du soir, des suites de cette blessure ». Le 13 avril 1831, le maire de Lagny certifia « que la dame Marie, Anne, Angélique Dhallu, épouse du sieur Denis Occident, ancien taillandier à Lagny, elle y demeurant, est dans l’état le plus nécessiteux ; que délaissée par son mari, qui a une conduite peu régulière et qui ne lui procure aucun secours, elle est obligée de travailler pour vivre mais que la faiblesse de son tempérament l’empêche de se livrer à ce travail avec l’assiduité nécessaire pour le rendre suffisamment lucratif. En conséquence que c’est elle principalement qui se trouve avoir besoin des secours accordés par le gouvernement et décernés par la Commission des récompenses nationales, à raison de la perte qu’elle a faite du nommé Claude, Denis Occident, son fils, mort par suite de blessures reçues à la défense des libertés nationales le 29 juillet dernier ». Dans une autre lettre adressée à la Commission, le maire de Lagny qualifiait Occident père d’« ivrogne et qui mène une assez mauvaise vie à Paris ». Le 17 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Benoist, Antoine, marchand de vin, demeurant 83, rue de la Tixéranderie ; Pouchain, François, Jacques, cordonnier, demeurant 84, rue de la Tixéranderie ; Blanchard, François, serrurier, demeurant 75, rue de la Tixéranderie. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Occident, Charles, Joseph et « savoir qu’il est décédé à Paris le 29 juillet dernier en combattant pour la liberté ; que c’est à tort et par erreur si dans l’acte de décès qui en a été dressé à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement le 30 dudit mois de juillet, ledit feu sieur Occident a été prénommé Joseph, Arthus au lieu de Charles, Joseph, qui sont ses seuls prénoms et la seule manière de les écrire ; qu’il y a donc parfaite identité entre ledit sieur Occident, Charles, Joseph et ledit sieur Occident prénommé à tort Joseph, Arthus ; que c’est bien sa seule et même personne décédée ledit jour 29 juillet et dont l’acte de décès dressé le lendemain à la marie du (ancien) VIIe arrondissement ». Les parents s’étaient mariés le 27 thermidor an X à Lagny ; sur l’acte de mariage, Occident, Denis est indiqué comme le fils de Occident, Denis, maître serrurier et demeurant à Coupevray (Seine-et-Marne), et de Carré, Marie, Elisabeth, comme né le 10 avril 1782 (sic ; par erreur puisque dans l’acte de baptême il s’agit bien du 8 avril 1782) à Coupevray-sur-Marne, comme étant serrurier, et comme demeurant à Thorigny (Seine-et-Marne) ; Dhallu, Marie, Anne, Angélique est indiqué comme la fille de Dhallu, Jean, Denis, taillandier demeurant à Lagny, et de Matifa, Marie, Anne (mais Mathias, Marie dans l’acte de baptême de Dhallu, Marie, Anne, Angélique), son épouse, et comme la veuve de Broyard, Jean-François, Rémy, taillandier décédé le 5 brumaire an VIII à Lagny. Le 24 juillet 1840, ses restes furent exhumés (sous le nom d’Occident, Joseph, Arthur in Archives de la préfecture de police AA 420) du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Son nom (C.-J. Occident) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Occident demeurait 75, rue de la Tixéranderie ; son père, 30, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie en 1830 ; 11, rue du Monceau-Saint-Gervais, chez Breton, ou 8, chaussée de Ménilmontant à Belleville, ou 8, Rue de la Tour chez sa fille, chez laquelle il semblait résider habituellement, en 1831 ; sa mère, à Lagny en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 39 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 43 (sous le nom d’Occidemt, Arthur, Joseph) ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 107 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous de nom d’Occident, Charles, Joseph) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84 (sous de nom d’Occident, Charles, Joseph), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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