Odieuvre, Louis, Jean

Biographie


Né à Sainte-Marthe (Eure). Ancien employé supérieur au ministère de la Guerre, devenu négociant. Une dépêche indiquait à son sujet : « Demande que le ministère se fasse rendre compte des quatre demandes précédemment faites et restées sans réponse et des pièces à l’appui, à l’effet d’obtenir un emploi de chef de bureau dans la comptabilité, la correspondance, etc. » Il signa, en août 1830, un certificat en faveur de Baligner, François, attestant que ce dernier s’était présenté un des premiers au poste que lui, Odieuvre, avait organisé le 28 juillet aux Petits-Pères, et qu’il y avait « fait le service en bon citoyen et avec le plus grand dévouement, en se portant avec les divers détachements […] envoyés au secours des défenseurs de la liberté, où il s’est montré d’une manière glorieuse et honorable ». Piochelle, Louis, dans l’exposé qu’il fit de sa propre conduite pendant les événements de Juillet, laisse quelques indications biographiques sur la conduite d’Odieuvre. Cet exposé était ainsi rédigé : « Le sieur Piochelle à l’honneur de vous exposer que dès le 27 juillet il a pris part à la résistance qu’apportèrent les citoyens aux ordonnances de l’ex-roi ; que le 28 dès 4 heures et demie du matin, avec un de mes amis (M. Odieuvre, négociant rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, n° 31), il fut à la reconnaissance des positions qu’occupaient les troupes des sicaires, ils se portèrent ensemble sur les boulevards, qu’ils parcoururent depuis la rue de Richelieu, passant ensuite par les ministères des Affaires étrangères et des Finances et revinrent par la rue Saint-Honoré jusqu’à la place du Palais-Royal, où était déjà rassemblée la garde royale. Ayant remarqué les nouvelles dispositions hostiles de cette troupe, quoiqu’il ne fût encore qu’environ 5 heures et demie à 6 heures du matin. L’exposant et son ami convinrent de se séparer et d’aller chacun chez eux, revêtir leur uniforme de l’ancienne garde nationale, de se munir de leurs armes avec l’intention de se réunir à d’autres citoyens pour la défense commune de la liberté. En effet, l’exposant prit de suite son uniforme et se réunit à d’autres gardes nationaux à la place du Louvre, d’où ils partirent pour s’emparer du poste de la Caisse d’amortissement, qu’ils désarmèrent et de là ils se portèrent sur la Banque de France, où ils eurent à souffrir comme les citoyens réunis aux Petits-Pères des attaques et des incursions des gendarmes et de la ligne, qui firent plusieurs décharges desquelles ils ne purent se garantir qu’en se réfugiant dans l’intérieur de cette Banque, où ils établirent un poste après avoir rentré un homme tué à leurs pieds et où l’a vu de nouveau M. Odieuvre lorsqu’il est venu vers les 2 heures de l’après-midi avec un autre officier de l’ancienne garde nationale y chercher pour ramener à son poste aux Petits-Pères une quinzaine de gardes nationaux de la IIIe légion qui s’y étaient réfugiés avec nous. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il avait, le 9 mai 1831, fait parvenir la lettre suivante pour protester contre le fait que Journeaux, Jacques n’eût pas reçu la décoration de Juillet : « Quelques omissions, sans doute involontaires, ont été faites dans le travail de la Commission. Plusieurs braves de Juillet ne figurent point sur la liste qu’elle a présentée pour la croix spéciale. Permettez-moi, messieurs, au nom d’une justice que vous aimez comme nous, je l’espère, de vous soumettre une réclamation qui aussi sincère que désintéressée. Je n’ai point trouvé, en parcourant cette liste, le nom e M. Journeaux, rue du Sentier n° 18. Il est maintenant officier en Belgique. Devons-nous oublier, parce qu’il est absent un citoyen qui défend encore aujourd’hui la cause que nous avons fait triompher, qu’il a défendue avec nous avant d’aller exposer sa vie à l’étranger ? Vos cœur, messieurs, ressentiraient trop l’injustice d’un pareil oubli. » Il délivra, le 15 septembre 1830, en faveur de Lemaire, Jean-Baptiste le certificat suivant : « Je, soussigné, lieutenant de la IIIe légion, commandant les postes des Petits-Pères et de la Banque de France, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, certifie que le sieur Lemaire, rue de Chartres, n° 12, faisait partie de ces postes et qu’il a fait partie des détachements que j’ai envoyés sur divers points les 28 et 29, notamment aux Tuileries, où il a été blessé, et qu’il s’est conduit avec beaucoup de bravoure et de courage. » Il signa, le 1er février 1831, le certificat suivant en faveur de Rey, Charles, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, lieutenant de la garde nationale de Paris, commandant les postes des Petits-Pères et de la Banque de France pendant les journées des 28, 29 et 30 juillet dernier, certifie que M. Charles Rey, distillateur, demeurant à Paris, rue des Cinq-Diamants n° 13, a fait partie desdits postes pendant les trois jours et qu’il s’est porté avec d’autres citoyens à tous les endroits où je l’ai envoyé avec des détachements pour aller au secours des braves citoyens qui combattaient pour nos libertés ou dans les patrouilles de nuit pour la sûreté des postes. Enfin, qu’il s’y est comporté avec bravoure et intelligence. » Il signa, le 15 septembre 1830 et sous le nom d’« Odieuvre, A., J.-B., demeurant 31, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur », le certificat suivant en faveur de Seguin, Paulin, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, lieutenant de la garde nationale de Paris, commandant après l’avoir organisé le poste des Petits-Pères dès le 28 juillet au matin, certifie, pour rendre hommage à la vérité que M. Paulin Seguin s’est montré en parfait citoyen dans les journées de Juillet et qu’il est à ma connaissance que le 28 juillet il réunissait tous les citoyens qu’il pouvait rencontrer et les conduisait au secours des défenseurs de la liberté et notamment pour construire des barricades dans tous les quartiers de Paris. C’est lui qui s’est entendu avec moi le 28 au soir pour faire élever (sic à partit de là) qui couvraient le poste des Petits-Pères et fait monter des pavés dans les maisons au moins estimatifs, ce qu’il fit avec le plus grand zèle. Je dois déclarer que je n’en ai vu aucun qui se soit mieux montré que lui en cette occasion, où il s’est fait beaucoup de choses admirables. » Il fit la déposition suivante dans le procès des ministres (sous le nom de Odieuvre, Jean-Baptiste) : « – Savez-vous quand et comment a commencé le combat entre la troupe et les citoyens dans la journée du 27 juillet ? – J’étais rue Saint-Honoré chez un de mes amis, entre 10 et 11 heures du matin ; la gendarmerie se trouvait vers la rue Croix-des-Petits-Champs ; les charges furent faites à coup de sabre par la gendarmerie à cheval sans aucune provocation de la part des citoyens que le cri de Vive la Charte ! Un second fait s’est passé rue Croix-des-Petits-Champs, entre 3 et 4 heures ; là, une décharge de mousqueterie eut lieu ; plusieurs citoyens ont été tués ; d’autres furent blessés, sans aucune provocation que le cri ci-dessus, et sans la présence d’aucun commissaire de police, ni d’autres officiers de police judiciaire. » Il était lieutenant dans la IIIe légion de la garde nationale. Il demeurait 11, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur (dont surtout in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des décorés de Juillet) 31, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur (in Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; in Archives de Paris VD6 278 in dossier Piochelle, Louis ; in Archives de Paris VK3 47 dans le certificat qu’il signe, Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Rey, Charles dans le certificat qu’il signe) en 1831. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Baligner, François ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Piochelle, Louis ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lemaire, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 11 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom d’Odieuvre, Louis, Jean-Baptiste) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Journeaux, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Rey, Charles ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Seguin, Paulin ; Cour des pairs, Procès des ministres, Rapport au roi et ordonnances insérés au Moniteur du 26 juillet 1830, Paris, chez Lequien, 1831, p. 34 ; Archives parlementaires de 1787 à 1860 recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises, 1887.

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