Olivier

Biographie


Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 2 juin 1848, il adressait la lettre suivante à Marrast, maire de Paris : « […] Homme de confiance chez le général Manhès en 1830, ne consultant que son élan, il suivit le 27 juillet les combattants. Le 28, des armes obtenues rue Saint-Honoré, de concert avec quinze citoyens, il arrêta au carrefour de la Croix-Rouge le convoi de vivres que la manutention, rue du Cherche-Midi, envoyait à la troupe chargée de réprimer le mouvement. Retourné immédiatement rue Saint-Honoré avec ses amis, ils soutinrent plusieurs charges de cavalerie. Le 29, il prit part à l’attaque du Louvre et des Tuileries et où, à ses côtés, le citoyen Richard (voir Richard, Pierre, Nicolas), place Saint-Sulpice n° 8, fut grièvement blessé d’un coup de feu. Il fut assez heureux de n’être pas atteint. Accouru avec ses compagnons de péril caserne Babylone après la prise de ce point important, il revint chez lui, reprendre le cours de ses occupations, satisfait de sa conduite, loin de sa pensée de provoquer ou d’accepter la plus légère récompense. Depuis ce moment, il a toujours travaillé à la consolidation des libertés publiques. En 1832, entré chez l’honorable citoyen David d’Angers, patriote artiste renommé par excellence. En 1835, lors de l’évasion des détenus politiques de Saint-Pélagie, le digne citoyen David, qui connaissait sa discrétion, le mit dans la confidence. La première démarche était auprès du citoyen Godefroy Cavaignac, s’entendre et lui donner refuge, afin de le soustraire aux recherches de la police. Des communications journalières avaient lieu avec le citoyen Schoelcher, autre dévoué aux républicain, traqué mais soustrait aux recherches des agents du despotisme. Ces démarches furent couronnées de succès et heureuses pour le soussigné car elle flattaient son amour-propre de républicain. Ce fut en 1838 que pour la première fois la réforme électorale fut tentée mais modifiée depuis. Chargé par le citoyen David de se présenter chez tous les électeurs d’alors, à l’effet d’obtenir leur adhésion, il fut assez heureux de réunir neuf cent cinquante signatures dans les (anciens) XIe et XIIe arrondissements. Les opinions du soussigné furent toujours les mêmes et ne varièrent jamais. Le 12 mai 1839, averti qu’un mouvement allait éclater, mais comprimé dès son principe (affaire Barbès) ce fut par ses soins empressés que Auguste Blanqui (voir ce nom) put se soustraire à toutes les recherches, caché comme il l’était et pendant plusieurs mois chez le citoyen David. Enfin il était toujours chargé de transmettre les diverses correspondances des sociétaires des Saisons si gravement compromis. Ce fut lui qui conduisit le citoyen Martin Bernard rue Mouffetard, où ce dernier fut arrêté quelques jours après. Les détails de cette arrestation sont assez connus et comme en toute circonstance zèle et dévouement. En 1840, fut formée une souscription tendant à venir en aide à la classe ouvrière. Par ses soins et son activité, un plein succès couronna ses démarches et compte fidèle et circonstancié fut rendu, suivi de félicitations des personnes qui l’avaient chargé, il faut l’avouer, d’une si intéressante mission. Oui, sans doute, parmi tant de personnages alors compromis plusieurs depuis ne répondirent pas entièrement aux sentiments manifestés dans des temps plus reculés. Mais ici le soussigné n’a qu’à maintenir que tous ses efforts ne furent toujours que pour le résultat et le triomphe des idées républicaines. En somme, le 22 février 1848 : sa présence place de la Concorde ; Le 23 février 1848 : rue Saint-Martin, de nouveau place de la Concorde et assisté à la prise du poste de la même place. Le 24 février 1848 : les armes à la main à la prise du château d’eau, un des premiers entrés au château des Tuileries. Depuis ces glorieuses journées, le soussigné n’a cessé un moment de faire son service de garde national et agir comme par le passé en bon et loyal citoyen. Des preuves irrécusables seront données sur les faits ci-dessus exposés. » Peu après, le 4 juin 1848, il faisait des offres de services au même Marrast, maire de Paris : « L’exposé que j’ai l’honneur de vous remettre ci-joint, naïvement esquissé, doit néanmoins engager votre sollicitude à seconder un patriote entièrement dévoué aux principes qui nous régissent, en lui accordant un emploi compatible avec des capacités qu’il saura justifier. Je puis, citoyen maire, me rendre plus utile à la noble cause que votre cœur du 24 février a eu la fermeté de former, que tout autre. Connaissant tous les plus petits replis et les intentions de ces hommes qui voués par intérêt ou par passion cherchent plus que jamais à détruire un ordre de choses qui, aux yeux de tous les hommes que l’amour de la République anime et soutient, doit être impérissable mais qu’une surveillance active aussi doit consolider. C’est pour quoi avec la franchise la plus pure j’ai cru devoir m’adresser à vous, persuadé que vous daignerez prendre connaissance entière dudit exposé, me réservant au besoin de vous soumettre, citoyen maire, de plus amples détails. Agé de quarante-deux ans, plein de santé et quoique doué d’une instruction ordinaire mon intelligence saura suppléer à tout car vous le savez le véritable dévouement ne connaît pas de bornes. Quant à ma moralité et mes antécédents, j’aurai pour garants des citoyens qui par leurs caractères et leurs vertus reconnues par la notoriété publique attesteront avec franchise et honneur que ma demande est réellement fondée. » Sa demande fut rejetée, Olivier ne s’étant pas présenté aux convocations (il n’est pas sur la listes des insurgés transportés). Il demeurait 53, rue du 10-Août dans le faubourg du Roule selon la couverture de son dossier et dans les lettres qu’il fait parvenir à la Commission mais dans le faubourg Saint-Antoine sur le courrier envoyé (mais les convocations revinrent avec l’indication qu’il n’y avait pas de rue à ce nom) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 405.

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