Olivier, Alexandre

Biographie


Banquier à Lyon. Le 29 février 1832, il adressait la lettre suivante au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, Casimir Perier : « Le soussigné, ex chef de bataillon de la garde nationale de la Guillotière, commandant la 2e division du détachement de cette garde qui a fait retraite avec le lieutenant-général comte Roquet dans la nuit du 22 au 23 novembre dernier, a l’honneur de vous exposer qu’à l’époque de notre glorieuse révolution de Juillet il fut un des premiers à prendre les armes pour résister à un attentat dont le caractère était une violation manifeste de toutes les lois et l’acte précurseur de l’asservissement du pays. Le jeudi 29 juillet, il fit avec ses nombreux amis partie de la réunion qui a eu lieu à 6 heures du soir dans le salon du Grand Orient aux Brotteaux. Le vendredi 30 dès 5 heures du matin, il se rendit à une nouvelle réunion qui avait lieu au Grand Orient pour arrêter définitivement les moyens à employer pour organiser promptement l’administration et la force publique. A cette réunion un grand nombre de ses concitoyens habitant les Brotteaux le prièrent avec instance de s’occuper immédiatement à l’organisation de la garde nationale dans cette localité. Pour répondre à cette marque de confiance et comprenant dans les circonstances graves où on se trouvait toute l’importance d’une prompte détermination, il leur donna rendez-vous en armes pour le lendemain à la même heure afin de procéder à cette organisation. Le samedi 31, pour donner l’exemple et pour encourager la population il était le premier sous les armes sur la place du pont Morand avec deux de ces amis, MM. Laurent (voir ce nom) et Musy. Ils se rendit avec eux au lieu précédemment indiqué, où il fut bientôt rejoint par soixante à quatre-vingts patriotes. Après une courte allocution pleine d’énergie dans laquelle il leur fit sentir toute la gravité des circonstances et combien il importait de se hâter pour assurer le triomphe de la liberté, il fut procédé sur-le-champ à la formation d’une compagnie qui nomma par acclamation pour ces officiers MM. Georges, capitaine, Laurens, lieutenant, et le réclamant sous-lieutenant. Il est bon d’observer que l’organisation de cette compagnie s’opéra sous les yeux et contre la volonté du maire de la Guillotière et de son premier adjoint, qui étaient accourus pour faire dissoudre la réunion. Aussitôt l’organisation terminée et les officiers reconnus, le capitaine se rendit auprès de la commission qui venait de s’établir dans la maison …ontaux (illsible) à Lyon pour lui faire part de ce résultat et prendre ses ordres. Au même instant, la compagnie vint s’établir sous les armes à l’entrée du cours Morand sur la place, où elle resta pour être prête à agir en cas d’événements importants et veiller au maintien de l’ordre et à la sûreté de tous. La position sociale du réclamant, son influence, son courage, sa fermeté, la confiance qu’il avait inspirée à ses concitoyens, confiance dont ils lui donnèrent de nouvelles marques en le nommant successivement et à l’unanimité au grade de lieutenant, capitaine d’artillerie et enfin chef de bataillon, en neutralisant l’action des autorités du gouvernement parjure, assurèrent le triomphe de la révolution dans cette commune. Par ses motifs, il pense avoir des droits à être porté sur la liste des citoyens qui par leur conduite pendant nos glorieuses journées méritent de recevoir les récompenses nationales. Il espère de votre bonté, Monsieur le ministre, que vous renverrez sa demande à M. le préfet du Rhône, avec ordre de réunir de nouveau la commission formée en vertu de l’ordonnance royale du 10 novembre afin qu’elle ait à prononcer sur le mérite et la justice de sa demande. Tous les faits précédemment relatés peuvent au besoin être attestés par ses nombreux amis parmi lesquels il citera MM. Prévost (voir Prévost, Henry) et Zindel (voir Zindel, Valter). Recevez monsieur le ministre etc. » Le 7 septembre 1832, il renouvelait sa demande, ajoutant l’appréciation suivante : « La révolution de Juillet est un événement trop important pour que ceux qui se sont levés les premiers pour renverser un pouvoir odieux renoncent à revendiquer le droit qu’ils ont de prétendre aux récompenses décernées par le pays, en raison de la part active qu’ils y ont prise. Tous sont jaloux de recevoir une décoration qui serait à la fois pour eux un souvenir glorieux et un brevet de proscription. Le gouvernement n’ayant pas statué d’une manière définitive sur le travail de la Commission lyonnaise, j’espère, M. le ministre, que vous aurez la bonté de donner l’ordre à M. le préfet du Rhône de réunir de nouveau cette Commission, afin que je puisse faire valoir mes droits auprès d’elle. » Il précisait aussi qu’une « absence de près de deux mois était la seule cause du retard » qu’il avait mis à déposer sa demande auprès de la Commission des récompenses nationales. Il ajoutait sur sa participation à la répression de l’émeute lyonnaise de 1831 : « La conduite si bien appréciée par vous, M. le ministre, du petit nombre de gardes nationaux qui avait compris leur mandat dans nos journées de novembre, conduite pour laquelle nous avons reçu, du prince et du maréchal, au quartier général de Rilleux, des témoignages non équivoques d’approbation et de reconnaissance, sera un motif de plus pour me faire espérer que vous prendrez en considération l’objet de la demande d’un soldat de cette même garde resté fidèle à son drapeau. » Il demeurait 19, port Saint-Clair à Lyon en 1831-1842. Archives nationales F/1dIII/81 ; Archives nationales F/1dIII/81, lettre du 10 septembre 1832 ; Indicateur lyonnais, commercial, industriel, administratif et judiciaire, pour 1842, chez la veuve Ayné, Lyon, 1842, p. 235.

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