Ollive, Opinion (ou Lopignon ?)
Biographie
Né le 22 janvier 1794 à Uzès (Gard), fils de Ollive, Charles et de Tuech, Jeanne. Entré au 63e régiment d’infanterie de ligne, le 22 mars 1812 comme enrôlé volontaire du 4 février 1812, voltigeur le 18 avril 1812, fourrier le 16 avril 1813, fait prisonnier de guerre le 5 décembre 1813 à Stettin, rentré le 24 août 1814, incorporé au 59e le 25 août 1814, licencié le 23 septembre 1815, il fit les campagnes de Prusse en 1812-1813, de France en 1815, au cours de laquelle il participa à la bataille de Waterloo. Sa participation à la révolution de Juillet nous est connue pas son dossier de demande de la Légion d’honneur. En effet, en date du 21 novembre 1849, le pasteur de la paroisse de Boulogne-sur-Seine, sollicita en ces termes pour Ollive la décoration auprès du président Louis-Napoléon Bonaparte : « En parcourant la liste de tous les hommes de cœur et de dévouement dont vous vous être si noblement empressé de récompenser les généreux et innombrables services rendus à la société tout entière pendant l’invasion du choléra, j’appelais de tous mes vœux le nom de M. Ollive, notre estimable maire de Boulogne-sur-Seine. Justement convaincu, monsieur le président, je ne dirai pas seulement du zèle tout particulier que vous apportez mais du bonheur même que vous éprouvez à honorer le vrai mérite partout où il éclate, j’en ai conclu, ne voyant pas apparaître le nom de M. Ollive, que ce digne magistrat s’était humblement tenu à l’ombre de tout le bien qu’il a fait pendant l’épidémie et qu’aucun de ses administrés ne s’était fait un devoir de déposer aux pieds de M. le président le témoignage de la reconnaissance bien méritée de touss les habitants de la commune. Pressé par ma conscience non pas de suppléer aux vœux car je les crois aussi sincères qu’universels mais à rompre le silence de mes paroissiens, je prends la respectueuse hardiesse de porter à votre connaissance, monsieur le président, que monsieur notre maire, prévoyant l’invasion prochaine du choléra dans sa commune, y a fait d’immenses travaux d’assainissement, tant de ses propres deniers qu’à l'aide de souscriptions et de dons volontaires qu’il a sollicités en personne et obtenus de tous les habitants aisés, indépendamment des fonds qui lui ont été accordés, à cet effet, par l’Etat. Au moment où le choléra a commencé à sévir dans Boulogne, M. le maire a établi une maison de santé, où il n’a cessé de faire porter et soigner les cholériques pauvres, allant lui-même dans leurs tristes réduits leur offrir et les engager à accepter l’asile ouvert à leur infortune. Peu après, voyant que mon vicaire et moi, bien que nous commençassions le service religieux des inhumations dès 6 heures du matin et que nous le finissions qu’à 10 heures et même 10 heures et demie du soir, ne pouvions plus suffire au nombre des convois de chaque jour, à cause surtout du temps que nous prenait la levée des corps à domicile, M. le maire a jugé nécessaire, dans l’intérêt général, la suppression de cette cérémonie ; mais, craignant les murmures et par suite les désordres que cet acte de sage administration dicté par l’intérêt public pourrait occasionner, il a porté, bien que professant la religion réformée, le zèle et de dévouement jusqu’à aller lui-même au lieu des décès chercher les corps et nous les conduire à notre église, pendant que de notre côté nous les conduisions au cimetière après le chant des offices et prières d’usage ; ce qu’il a eu je dirai l’intrépidité et la vertu de faire jusqu’à neuf fois dans un même jour malgré les chaleurs excessives et le danger évident auquel il exposait sa vie. Si je suis bien renseigné, M. Ollive, qui a fait les dernières campagnes de l’Empire, aurait été décoré alors sur le champ de bataille et son brevet aurait été perdu comme celui de beaucoup d’autres à cette époque. Mais ce dont je ne puis douter un seul instant c’est que son honorable conduite pendant le choléra bien qu’imparfaitement signalée par un simple pasteur, obéissant uniquement à l’impulsion de son cœur reconnaissant ne parviendra pas en vain à la connaissance de M. le président, qui ne veut laisser sans récompense aucune action grande et généreuse pour le bien-être de l’humanité. » A cette occasion toujours, Ollive lui-même devait donner, en date du 6 juin 1850, les indications biographiques suivantes le concernant, et parmi lesquelles des indications sur sa participation à la révolution de Juillet : « […] Rentré forcément dans la vie civile, je me livrais au commerce, où j’eus le bonheur d’acquérir une honnête aisance. Pendant sept années capitaine dans la IVe légion de la garde nationale de Paris, je fus assez heureux, en juillet 1830, pour expulser à l’aide de dix-sept hommes de ma compagnie une bande de mauvais sujets qui commençait à faire des dégâts dans les salles du Louvre. Depuis six ans j’administre, en qualité de maire, une des communes les plus importantes de la banlieue, où j’ai pu faire quelque bien et y soulager plus d’une infortune ; je suis parvenu, par la persuasion, à calmer l’effervescence des nombreux ouvriers de la commune, que les événements de 1848 avaient fait naître, et grâce à mes soins la concorde n’a plus cessé de régner entre eux et leurs patrons. Tout récemment, j’ai reçu de M. le ministre de l’Intérieur une médaille d’argent en récompense des soins tout personnels que j’ai donnés à de nombreux cholériques. Enfin, mon prince, sur 2.069 électeurs que compte la commune de Boulogne, 1.723 qui veulent bien accorder quelque confiance à mes conseils paternels ont voté pour l’élu du 10 décembre. […] Si dans votre haute sagesse, mon prince, vous trouvez que les faits énoncés ci-dessus sont suffisants pour mériter la décoration de la Légion d’honneur, vous comblerez, en me l’accordant, les vœux d’un vieux serviteur de l’Empire, qui consacrera le reste de sa vie à témoigner sa reconnaissance et son dévouement absolu au neveu du Grand Homme. » Ollive fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, en date du 1er juillet 1850. Archives nationales F/1dIV/O/1 Récompenses honorifiques. Il n’est pas dans la base Leonore de la Légion d’honneur.