Ouarroqui, Joseph

Biographie


Né vers 1801 à Bordeaux (Gironde), enfant naturel d’Ouarroqui. Garçon limonadier. Il fut tué le 28 juillet 1830 à la halle à la viande (mort le 29 à l’Hôtel-Dieu selon le docteur Ménière). Il était l’enfant naturel de la dame Ouarroqui, née vers 1774 à Thionville (Moselle) et décédée à Bordeaux le 10 juillet 1812 (bien sous le nom de Ouarroqui dans l’acte de décès). Il fut recueilli par le limonadier Houley, Amand, Constant, né le 26 mai 1780 à Bordeaux, fils de Houley, Michel et de Perey, Marguerite, Françoise son épouse ; Houley avait été le concubin d’Ouarroqui. Houley réclama la pension versée aux parents des tués de Juillet. Il donna procuration à Camus, demeurant rue Montmartre pour le représenter dans les démarches nécessaires à Paris. Houley était infirme, souffrant de la perte de mouvement de sa jambe droite depuis une attaque d’apoplexie en 1823. Le 7 novembre 1830, un certificat établissait, devant le commissaire de police de Bordeaux, les circonstances dans lesquelles Houley avait recueilli Ouarroqui : « Nous étant transporté au domicile du sieur Morel, natif de Brémoy (Calvados), propriétaire du café de Foy, allées de Tourny n° 13, où, étant, lui avons donné connaissance de notre mission et pris sa déclaration ainsi qu’il suit. Il nous a déclaré qu’il connaît le sieur Houllet depuis très longtemps, qu’en 1814, où il vint s’établir à Bordeaux, il le prit à son service, comme garçon, que ledit Houllet vivait avec une femme qui avait un jeune enfant nommé Ouraqui, que cette femme mourut quelques années après ; l’enfant pouvait avoir à cette époque sept ou huit ans ; que le sieur Houllet le garda avec lui et en eut toujours soin ; qu’il l’a vu encore à l’époque où il tira le sort et toujours chez Houllet, qui le nommait son oncle. Avenant le 10 novembre 1830. Nous étant rendus cours d’Albret n° 144, chez le sieur Philippe Trigasson, limonadier, natif de Versaillac (Dordogne), à qui nous avons fait connaître le sujet de notre mission et réclamé sa déclaration sur ce qu’il savait au sujet du nommé Ouraqui. Il nous a déclaré connaître le sieur Amand Houllet depuis une vingtaine d’années, qu’il avait un enfant avec lui, qu’on nommait Ouraqui, que ledit Houllet payait sa pension et son école, qu’il savait que cet enfant appartenait à une femme qui mourut et qu’il resta avec Houllet jusqu’à ce qu’il fût grand […]. Avenant le 15 novembre 1830. Pour continuer notre mission, nous nous sommes rendus rue Vitaure n° 7, au domicile du sieur Jacques Dépinay, marchand quincaillier, âgé de cinquante-deux ans, natif de Rouen, à qui nous avons fait part de notre mission ; il nous a déclaré ce qui suit. Qu’il avait connu le sieur Houllet vivant avec une femme rue Verteuil ; que cet femme avait un enfant, qu’on nommait Ourraqui ; qu’à la mort de cette femme, l’enfant pouvait avoir huit ans, que ledit Houllet en avait toujours eu soin et qu’il l’avait vu avec lui il y a cinq ou six ans. […] Avenant le 30 novembre 1830. Pour continuer ma mission, nous nous sommes rendus rue Bouffard n° 8, chez le sieur Boyer fis aîné, natif de Bordeaux, âgé de trente-cinq ans, marchand cordonnier, qui nous a déclaré avoir connu Joseph Ouraqui depuis 1809 jusqu’en 1820, avec qui il s’est amusé dans son enfance et qui par les soins que lui prodiguait le sieur Houllet il avait toujours cru que c’était son père. […] Avenant le 30 novembre 1830. Pour continuer ma mission, nous nous sommes transportés rue Cal... n° 9, chez le sieur Lescure, tailleur, à qui nous avons demandé des renseignements sur le sieur Ouraqui. Il nous a déclaré qu’il se rappelle que le sieur Amand Houllet avait un enfant avec lui, à qui il a fait plusieurs habillements à son usage, que ledit Houllet lui avait payé et qu’on le nommait Ouraqui. […] Attenant le 3 décembre 1830. Pour continuer notre enquête, avons été chez le sieur Baudichon, cafetier, demeurant rue Berry n° 82, à qui nous avons fait part de notre mission, qui nous a déclaré qu’il avait connu un jeune homme nommé Ouraqui, qui passait pour le neveu d’Amand Houllet, qu’il lui produisait les soins d’un père. […] Avenant le 5 décembre 1830. Pour clore notre enquête, nous nous sommes rendus chez le sieur Juillet, cafetier, allée de Tournis n° 37, qu’on nous avait désigné pouvoir donner des renseignements au sujet de l’enquête. Il nous a déclaré que le sieur Houllet avait eu soin de l’enfant d’un nommé Ouraqui jusqu’à son départ pour Paris il y a quelques années. Il a toujours pensé que c’était son neveu […]. » On trouve dans le dossier le certificat suivant, reprenant les mêmes faits : « Nous, soussignés, Etienne Morel, limonadier, allées de Tourny n° 13, Charles Dupinay, marchand quincaillier, rue Mably, Boyer, marchand cordonnier, rue Bouffard n° 8, Jeanty, marchand de vins, même rue et Trougeassou, limonadier, allée d’Albert, tous habitants de la ville de Bordeaux. Certifions et attestons à qui il appartiendra qu’il est de notoriété publique et à notre connaissance particulière que le nomma Amand Houlet, garçon limonadier, demeurant à Bordeaux, rue du Fort-Lesparre n° 13, a recueilli dans sa maison au mois de juillet 1812 le nommé Joseph Ouaroqui, alors âgé de sept ans, enfant naturel et dont la mère était décédée le 9 du même moi ; qu’il l’a nourri et entretenu comme l’aurait pu faire un bon père, lui a fait apprendre à lire et à écrire et lui a même donné l’état de limonadier, le tout à ses propres frais, sans autre espoir de récompense que celle qu’il pourrait recevoir un jour de cet orphelin qu’il affectionnait. Qu’aujourd’hui ledit Houlé, âgé de cinquante-deux ans, est atteint de rhumatismes et estropié, ce qui le prive depuis plusieurs années de pouvoir exercer son état et de gagner sa vie ; qu’il est sans fortune et que le jeune Ouaroqui ayant succombé en combattant dans les mémorables journées de Juillet dernier à Paris, où il exerçait l’état de limonadier, le sieur Amand Houlé a perdu par cette circonstance l’espoir des secours qui lui étaient promis et qu’il était en droit d’attendre de la part de son fils adoptif. Qu’en conséquence il est à désirer, vu la pénible situation où il se trouve que la Commission des secours destinés aux victimes des trois journées de juillet dernier veuille bien jeter sur lui un regard de bonté et le faire participer à la distribution des sommes destinées aux récompenses ou indemnités. » La pension lui fut refusée, Houley n’ayant pas reconnu l’enfant. Houley demeurait 15, impasse Saint-Pierre à Bordeaux en 1822 ; 13, rue du Fort-Lesparre à Bordeaux en 1830. Le nom d’Ouarroqui (J. Ouarroqui) est inscrit sur la colonne de Juillet. Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 341 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIIe arrondissement) (sous le nom d’Ouarroqui Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom d’Ouarroqui, Joseph) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84 (sous le nom d’Ouarroqui, Joseph), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.