Oury, Philippe, François
Biographie
Né vers 1789 à Vieville-au-Cote (Meuse). Vannier. Il fut blessé, le 19 novembre 1827, rue Saint-Denis, par un coup de sabre à la tête dans les émeutes qui suivirent les élections de 1827 à la porte Saint-Denis. Il s’illustra à la prise de la caserne de Babylone, au Louvre et aux Tuileries. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et des secours. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je soussigné, docteur en médecine, attaché au bureau de bienfaisance du (ancien) XIe arrondissement, certifie avoir traité le nommé Philippe, François Oury, domicilié rue des Fourneaux n° 13, pour un affaiblissement incurable de la vue, provenant d’un coup de sabre dont il a été atteint sur la tête en passant dans la rue Saint-Denis, le 19 novembre 1827, à l’époque des élections. Je certifie en outre que la position dudit Oury est telle qu’il ne peut plus, par son travail, subvenir aux besoins de sa famille, composée d’une femme infirme et de deux enfants en bas âge et qu’il a droit à la bienveillance du gouvernement, tant à cause de son incapacité au travail que par la réputation de probité dont il n’a cessé de jouir. » Signé, le 27 octobre 1831 : Morant, médecin, demeurant 39, rue d’Enfer. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, demeurant à Paris, rue du Grenier-Saint-Lazare n° 10, certifie avoir donné des sons depuis le 20 novembre 1827 jusqu’au 25 décembre de la même année au nommé Oury, Philippe, François, âgé de quarante-deux ans, vannier, domicilié rue des Fourneaux n° 13 faubourg Saint-Germain, pour un coup de sabre dont il a été atteint dans la rue Saint-Denis et dans la soirée du 19 novembre 1827, à l’époque des élections. La cicatrice de la plaie qui est résultée de cette blessure a d’environ deux pouces de longueur et laisse des traces non équivoques sur la partie antérieure moyenne du crâne. Depuis cet accident, le sieur Oury se plaint d’une faiblesse de la vision, qui est telle qu’il y voit à peine pour continuer ses travaux. Ce malheureux père de famille a été en outre foulé aux pieds des chevaux de la gendarmerie dans cette circonstance et il ne est résulté de larges contusions sur différentes parties du corps et notamment une double hernie inguinale volumineuse, qui est le siège de fréquentes coliques. Comme le sieur Oury est sans ressources pour pourvoir à sa subsistance et à celle de ses deux enfants, j’estime qu’il a droit à la bienveillance du gouvernement. » Signé le 28 janvier 1828 (sic... pourtant la légalisation de la signature est de 1831...) : Lange. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, J., Ignace Burluroux, marchand patenté sous le numéro 326 du rôle, demeurant à Paris, rue Saint-Denis n° 360 ; Sinet, Ferdinand, marchand de vin, demeurant à Paris, rue Saint-Denis n° 368 ; Jean-Baptiste Marcial, demeurant à Paris, aussi marchand de vin, rue Saint-Denis n° 360 ; certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Oury, Philippe, François, âgé de quarante-deux ans, père de famille, vannier de son état, demeurant à Paris rue des Fourneaux n° 13 faubourg Saint-Germain, a été blessé d’un coup de sabre dans la rue Saint-Denis, dans la soirée du 19 novembre 1827, à l’époque des élections ; en outre que ce malheureux père de famille s’est trouvé renversé et foulé aux pieds des chevaux de la gendarmerie ; nous avons prodigué à ce brave homme tous les soins qui étaient en notre pouvoir, en attendant les secours du médecin. Maintenant que ce père de famille se trouve privé de son état par les suites de ses blessures, il espère que le gouvernement voudra bien prendre en considération la malheureuse position où il se trouve et compte sur sa bienveillance. » Signé, le 7 septembre 1831 : Burluroux, J., Ignace, marchand, demeurant 360, rue Saint-Denis ; Sinet, Ferdinand, marchand de vin, demeurant 368, rue Saint-Denis ; Marcial, Jean-Baptiste, marchand de vin, demeurant 360, rue Saint-Denis. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Philippe, François Ouri (sic), ouvrier vannier, demeurant rue des Fourneaux n° 13, a combattu dans les trois jours de juillet 1830 à la caserne Babylone et au Louvre ainsi qu’aux Tuileries pour la défense de nos libertés et en outre qu’il est porteur de certificat antérieur constatant son dévouement à la même cause, dont il fut victime en 1827, qu’il est père de famille et dans la nécessité. Il se réclame à la Commission nouvelle pour obtenir un soulagement qu’elle jugera à propos de lui administrer, étant dans une bien triste position. » Signé : Houdebert (voir Haudebert, François la signature semble bien être Houdebert et elle est certifiée par le commissaire de police comme Houdebert), « décoré de Juillet », demeurant 126, rue de Vaugirard ; Thuillier (voir ce nom ? attention à l’adresse...), demeurant 41, rue des Vieilles-Tuileries ; Levron, Jean (voir ce nom), combattant de Juillet pendant les trois jours. Il demeurait 13, rue des Fourneaux (parfois mais sans doute par erreur 30, rue des Fourneaux) en 1827-1831. Archives de la préfecture de police AA 405.