Outrequin, Claude, Jean, Louis
Biographie
Fils d’un membre de la cour des aides sous l’Ancien Régime pendant vingt-cinq ans, emprisonné sous la révolution. Il sollicita la décoration de la Légion d’honneur dès 1815, et pourtant son dossier de demande de cette décoration nous laisse quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet et son curieux et nouveau attachement à la nouvelle dynastie. A partir de 1815, il avançait plusieurs titres à cette décoration. « Gentilhomme fortuné », écrivait-il lui-même, ancien chevau-léger surnuméraire de Louis XVI, supprimé en 1787, garde national depuis 1790, ayant combattu comme garde national au Petit-Pantin le 30 mars 1814, où il avait traversé « les fusillades pour se rendre au village des Vertus près Saint-Denis » où il avait une fabrique de sucre de bettraves, qu’il trouva occupée par les cosaques qui la pillaient, qui se saisirent de lui « le blessèrent, le culbutèrent, le désarmèrent et le tinrent longtemps exposé à leur fureur et à leurs cris Caput, Caput, le soldat français, ils tenaient son propre sabre sur sa tête et prêts à l’égorger, il devint leur prisonnier, fut totalement dépouillé par eux et sa fabrique fut entièrement pillée. Ce ne fut qu’à la faveur de la nuit qu’il put s’échapper presque nu de leur camp et rentrer dans Paris, où il se réunit aux royalistes qui commencèrent, le lendemain [31 mars, N.D.A.], à porter et à proclamer dans la ville les couleurs royales, les cocardes et les drapeaux blancs et à invoquer le retour de leur seul roi légitime ». Ex-capitaine commandant de la Ve légion de la garde nationale, depuis 1815 le plus ancien et le seul capitaine non décoré de sa légion, volontaire royal le 20 mars 1815, propriétaire éligible, administratieur du bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement, gérant pendant dix-huit ans la recette des contributions du (ancien) Ve arrondissement, il avançait les convections suivantes pour mériter sa décoration : « Toute ma vie, j’ai défendu la cause royale, par mon épée, par mes écrits, par mon exemple. Les persécutions, les pertes de fortune et de places, l’exil, la proscription et toute espèce d’injustice m’ont accablé comme défenseur du trône de mes rois mais n’ont jamais affaibli mon dévouement. » Et aussi : « Mon père […] fut victime des cachots révolutionnaires ; la terreur me poursuivit en exil, ma tête fut appelée à l’échafaud, les débris de ma fortune ont été détruits dans une fabrique par les armées de 1814 et 1815. Pendant les Cent-Jours, j’ai plusieurs fois distribué avec profusion des écrits royalistes dans le camp de Vincennes pour ramener au roi les soldats égarés. J’étais fier d’exposer ma vie pour mon roi. » Pourtant, en août 1830, il fit une nouvelle demande de décoration de la Légion d’honneur, assortie de l’autorisation de conserver le grade de capitaine de la garde nationale de Paris. Il donnait les indications suivantes sur sa participation à la nouvelle révolution : « […] Aussitôt que la garde nationale reparut en juillet dernier, il reprit son servvice de capitaine et fut à toute réquisition de son colonel provisoire (M. Hirne, major de la Ve légion [voir Hirne, Jean, Protais, Théodore]), qui peut l’attester et l’employa de jour et de nuit. Bientôt le 7 août vint éclairer la France sur ses intérêts et son bonheur. Le sieur Outrequin fut le premier capitaine de la garde nationale à qui la sûreté de votre auguste personnne, salut de la France, fut confiée ; sa feuille de rapport du 8 août l’atteste. Après avoir sacrifié sa fortune et sa vie pour la cause de la liberté, ce capitaine pourrait-il, Sire, sous votre règne juste et paternel perdre le fruit de ses services depuis 1790 ? Daignerez-vous lui accorder la croix qui lui était promise et l’autoriser à conserver le grade de capitaine de la garde nationale de Paris à la suit pour récompense de l’avoir exercé avec honneur et zèle pendant dix-sept années, comme premier capitaine à qui la garde de votre auguste personne fut confiée les 7 et 8 août, jour qui lui sera à jamais mémorable ». Il était le frère d’Outrequin de Saint-Léger, receveur général de la Loire. Il demeurait 30, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur en 1815-1816 ; 43, rue Saint-Sauveur en 1824-1825 ; 374, rue Saint-Denis en 1826-1828 ; 4, rue Papillon en 1830. Archives nationales F/1dIV/O/1 Récompenses honorifiques.