Paëpe de, Théodore, Xavier
Biographie
Né le 4 juillet 1799 à Gand (Belgique). Négociant. La chronique de l’époque relata ainsi à son sujet : « Le 28, à deux heures, les lanciers de la garde, postés sur la place de Grève, tiraient avec leurs pièces de huit, dans la direction des ponts d’Arcole et de celui de l’île Saint-Louis ; là, se trouvaient plusieurs citoyens armés ; parmi eux, un jeune élève de l’Ecole de droit, nommé Hippolyte Rodion (né à Murat), qui, au moment d’amorcer son arme, eut la cuisse coupée par un boulet ; elle fut jetée loin de lui. M. Théodore de Pape (de Gand), placé à ses côtés, qui avait déjà eu son chapeau traversé d’une balle, sur le même lieu, en tiraillant, relève sur-le-champ le jeune Rodion, et le transporte, aidé d’un autre citoyen, à l’Hôtel-Dieu, où il fut amputé sur-le-champ. On lui sauvera la vie. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était signé, le 5 août 1830, de Robillon du Cluseau, Antoine, Hippolyte (voir ce nom), élève en droit, qui devait mourir des suites de la blessure qu’il avait reçue, et ainsi rédigé : « Je déclare que M. Depaëpe, Théodore était à mes côtés, en tirailleur le 28 juillet sur le pont d’Arcole et qu’au moment où j’ai eu la jambe emportée d’un boulet lancé de la place de Grève, il m’a tout aussitôt relevé et conduit à l’Hôtel-Dieu. Je ne puis que témoigner à ce brave compagnon d’armes la reconnaissance la plus vive ; rivalisant de courage et ayant exposé ses jours pour la grande cause, s’il les a conservés c’est au hasard qu’il les doit. Il a des droits légitimes à la bienveillance du chef de l’Etat et du gouvernement. » Le deuxième, signé le 6 août 1830, du général Dufour (voir Dufour, Pierre, Charles, Antoine), commandeur de la Légion d’honneur, demeurant aux Batignolles : « Je, soussigné, atteste que M. Depaepe, Théodore, s’est trouvé, muni de ses armes, à mes côtés, place de la Bourse, pendant les journées de Juillet, qu’il s’est rendu avec nous où le danger paraissait le plus éminent. Une balle suisse lui a traversé son chapeau. Je délivre la présente attestation en ajoutant que le sieur Depaepe a des droits à la reconnaissance de la patrie. » Le troisième, signé, le 4 août 1830, de Deschamps, négociant, demeurant 6, rue des Fossés-Saint-Victor, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Depaëpe, Théodore, le 28 juillet, armé d’un sabre et d’un fusil, près du pont Saint-Michel, encourager une vingtaine de jeunes gens à le suivre. Il en prit le commandement et moi-même je l’ai accompagné jusqu’au Louvre, d’où il est entré dans la rue Saint-Honoré où j’entendis force fusillade. Il est aussi à ma connaissance qu’il s’est rendu, le lendemain 29, aux Tuileries, où je l’ai vu entrer un des premiers dans les appartements, y défendant le pillage. » Le quatrième, signé, le 4 août 1830, par Michelet, ancien militaire, professeur, demeurant 4 bis, rue de la Paix, et ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Depaëpe s’est trouvé en plusieurs endroits périlleux avec nous, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, notamment à la Bourse, au Louvre et aux Tuileries, qu’il s’y est montré digne d’un Français libéral ; sa noble conduite et son grand sang-froid dans cette affaire lui valurent l’affection de tous ceux qui l’entouraient. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. N’étant pas compris sur les listes de décorés de la Croix de Juillet, il sollicita de la Commission un nouvel examen de ses pièces. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Depaepe, Théodore, Xavier sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il fit parvenir la lettre (il signe bien De Paëpe) de recommandation suivante à Rossignol, membre de la Commission des Réclamants, en faveur de Lepleux, Jacques, qui n’avait reçu aucune réponse de la demande qu’il avait faite devant la Commission des récompenses nationales : « J’ai l’honneur de vous présenter mes civilités et je prends la confiance de vous adresser un sieur Lepleux, Jacques, entrepreneur de bâtiments, demeurant rue de Châtillon n° 15, un de nos frères de Juillet. Je ne crois pas devoir vous le recommander, ses droits et ses titres suffisent, j’espère, pour que vous accueillez sa réclamation avec toute la bienveillance et l’équité qui vous caractérisent. Sa conduite, le 29 à l’entrée du Louvre, n’est pas suffisamment connue pour que je m’intéresse à lui faire rendre justice. Veuillez l’interroger, il vous donnera l’explication succincte de ses faits, dont des certificats attestent la véracité. P.S. : Je joins ici une ode aux héros de Juillet, par un jeune homme de mes amis. J’ai pensé que vous liriez avec plaisir cette production patriotique d’un jeune libéral qui est né dans les Vosges. Il pense comme nous. » Il signa, comme négociant mais demeurant 5, rue Chabanais, le 25 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Smette, Gustave, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie que M. Smette, Gustave, restaurateur, s’est trouvé le 28 juillet dernier 4 heures au pont Notre-Dame, où il faisait le coup de fusil, notamment sur les tirailleurs royaux qui côtoyaient le parapet depuis le pont d’Arcole jusqu’audit pont Notre-Dame. J’atteste en outre que le lendemain 29 à 6 heures du matin je l’ai retrouvé près de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois encore muni de ses armes, cherchant à débusquer les Suisses de derrière les colonnes du Louvre, d’où ils nous faisaient feu. Il est rentré avec nous à 2 heures aux Tuileries. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 39, rue Traversière-Saint-Honoré en 1830 ; 21, place Vendôme en 1831 mais 80, rue Neuve-des-Petits-Champs en 1831. Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 150-151 (sous le nom de Théodore de Pape) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831. Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Lepleux, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Smette, Gustave.