Pagès, Louis, Antoine
Biographie
Né le 10 juillet 1803 à Marseille (Bouches-du-Rhône), demi-frère de Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis. Courtier de commerce. Il fit partie avec Bicheroux Pierre Denis Nicolas, Lepage Jean-Baptiste, Coulombier Thomas, Cordier, François Simon, Garnier dit Pagès Etienne Joseph Louis, Mansais Jean-François, Laurent Adolphe Désiré, Dufour Martin Gervais, Bastide Jules, Mazure Jacques, Moineau Edme Charles, Beaudoin (voir Baudoin, Louis, Noël ?) et Wervort des quatorze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. On trouve dans le récit que fit Pasteur d’Etreillis de sa propre participation aux combats, un récit intitulé Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830, en date du 12 août 1830 et qui contient des indications sur la conduite de Pagès, Louis, Antoine pendant les combats de Juillet ; ce récit était ainsi rédigé : « Les principaux habitants de l’arrondissement se réunirent à l’hôtel Saint-Aignan, rue Sainte-Avoye, chez MM. Garnier-Pagès et Pagès. Au premier bruit du canon, l’assemblée se sépara, chacun revêtit l’uniforme de garde national et courut à la mairie, d’où l’on partit pour s’emparer de tous les postes et se transporter au lieu du combat. Un grand nombre de ces citoyens dévoués se rendirent aussitôt à l’Hôtel de ville et y prirent position. La garde royale arriva, suivie de l’artillerie. M. Marchand (voir Marchand, Louis, François) s’avança, avec deux gardes nationaux et le sergent Debeine, pour parlementer et éviter l’effusion de sang : ils furent accueillis par une décharge de mousqueterie, qui renversa deux gardes nationaux et plusieurs autres citoyens. Le canon ayant été ensuite tiré à mitraille, on fut obligé d’abandonner le poste et de se replier dans les rues. Les habitants du quartier y firent la guerre, en tirailleurs jusqu’à 2 heures du matin, moment où la troupe fut obligée de se retirer. Quelques instants [28 juillet, N.D.A.] avant cet engagement, sur l’exhortation de M. Garnier-Pagès, une troupe de trente soldats du 50e de ligne s’était réunie à lui et était venue déposer les armes à la mairie, où elles furent distribuées ainsi que des cartouches aux citoyens qui allaient combattre. Un poste fut établi à la caserne des gendarmes d’élite, qui est situé rue des Francs-Bourgeois, vis-à-vis la mairie : quelques gardes nationaux parvinrent à les sauver de l’indignation du peuple qui se précipitait contre les portes ; le lendemain matin, les gendarmes rendirent leurs armes. Le citoyen Mancey (voir Mansais, Jean-François) commandait ces gardes nationaux. Dès le commencement du combat, une foule de citoyens de toutes conditions se présentèrent à la mairie, demandèrent des armes et des munitions. Après deux heures de recherches on parvint à découvrir quatre cents fusils, qui furent aussitôt distribués. Ceux qui ne purent en avoir n’en coururent pas moins à la défense de la patrie, en s’armant de tout ce qui se trouvait sous leurs mains. Une fabrique de cartouches fut établie chez M. Garnier-Pagès et chez son frère ; par leurs soins, il en fut confectionné vingt-cinq mille. 29 juillet. Le matin, Paris était sans chef, sans direction pour mettre un terme à cette situation funeste et parer aux maux de tout genre qui devaient en être le résultat, MM. Pagès, après avoir été chez M. Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), député, prendre des conseils, parcoururent l’arrondissement pour convoquer chez eux les principaux habitants. La réunion fut nombreuse ; personne ne craignit de s’y rendre. En ce moment, on entendait des décharges continuelles d’artillerie dans la direction des Tuileries. Ils exposèrent qu’il était urgent de nommer un gouvernement provisoire et d’organiser la garde nationale. Ces deux mesures ayant été adoptées à l’unanimité, sur leur proposition, deux commissions furent choisies à cet effet par acclamation. Les citoyens qui composèrent la commission chargée de l’organisation de la garde nationale étaient MM. Marchand (voir Marchand, Louis, François), Adrien (voir ce nom), Desprez, Antoine Fessard (voir Fessart, Antoine), Lecreux. Les citoyens qui composèrent la seconde : M. Garnier-Pagès, Pagès, Faudon, Jouet (voir sans doute Jouet aîné), Pasteur d’Etrailly (sic), Chevallier, Lahautière. Cette seconde commission fut chargée de se transporter auprès du général Lafayette, du général Gerard et du duc de Choiseul, désignés par l’assemblée pour former le gouvernement municipal de la Ville de Paris. Des citoyens furent aussitôt envoyés vers d’autres arrondissements, pour les inviter à s’organiser de la même manière. La députation se rendit chez M. Laffitte et offrit à M. le général Lafayette et à M. le général Gerard le gouvernement de la ville. Le général Lafayette, après avoir communiqué avec les députés rassemblés, qui confirmèrent ce choix, s’empressa d’accepter le commandement de la garde nationale. Le général Gerard fut nommé au commandement militaire. Une commission municipale fut sollicitée et reconnue par la députation du (ancien) VIIe arrondissement. M. Pagès, un des membres de cette députation, fut chargée par elle d’accompagner le général Lafayette à l’Hôtel de ville. Le général y fut reçu par M. Fessard (voir Fessart, Antoine), commandant un détachement de la VIIe légion. Pendant les deux premiers jours, la VIIe légion occupa seule de poste d’honneur. Tandis que la députation du (ancien) VIIe arrondissement remplissait si heureusement son mandat, la commission chargée d’organiser la garde nationale remplissait le sien avec le même bonheur : elle s’était rendue à la mairie auprès de M. de Saint-Gobert et agissait d’un commun accord avec lui. M. de Saint-Gobert, malgré ses soixante-seize ans, resta constamment à la tête de la commission municipale ; il mérite la reconnaissance générale. Honneur à l’homme de bien ! Honneur au fonctionnaire dévoué à sa patrie. Le bruit du tambour appelait les gardes nationaux de toutes parts. Les postes nombreux placés dans l’arrondissement protégèrent les établissements publics du quartier tel le mont-de-piété, l’imprimerie du gouvernement, la caisse de Poissy, les Archives. Les prisonniers de La Force s’étant révoltés, de tous les postes de l’arrondissement on y accourut et l’on réussit à empêcher une évasion qui aurait été funeste à la capitale. On tira sur quelques-uns, leur mort apaisa le trouble. Des élèves de l’Ecole polytechnique, qui s’étaient présentés à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement pour offrir leurs services furent envoyés sous le commandement du capitaine Chauveraux, pour s’adjoindre au capitaine Fessard (voir Fessart, Antoine), qui commandait la garde du général Lafayette. Des patrouilles parties du (ancien) VIIe visitèrent les points les plus reculés de la capitale. Les premiers postes occupés par la garde nationale au milieu du danger furent commandés avec toute l’ardeur du plus pur patriotisme par MM. Antoni-Berau (voir Antony-Béraud), Moinery (voir Moinery, Pierre, Emile ? mais l’arrondissement ne correspond pas), Bourgeois, Théodore Jouet (voir sans doute Jouet aîné), Faudon, Plessy, Sabattaud, Boullard. La commission municipale qui s’était déclarée en permanence fut constamment aidée dans ses travaux avec un zèle au-dessus de tout éloge par MM. de Cormeil (voir Decormeil, Claude), Felman (voir ce nom), Riglet (voir ce nom), Antoni-Béraud (voir Antony-Béraud). Le 30 juillet. Pendant cette journée, on s’empressa d’établir l’ordre ; on reçut des secours, qui furent envoyés de toutes parts par les habitants de l’arrondissement pour les blessés et les ouvriers sans travail. On s’empressa de les distribuer pour soulager les malheureuses victimes de ces jours mémorables. On fournit des vivres aux casernes des environs ainsi qu’à La Force. On continua l’organisation de la garde nationale […]. » Ce fut sans doute lui qui, comme commissaire chargé de recueillir les hauts faits du (ancien) VIIe arrondissement, délivra le certificat suivant en faveur de Roy, Léon : « Je, soussigné, déclare que monsieur Léon Roy, le 27 juillet au soir, courait les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, se mêlait dans les groupes pour appeler les habitants de ces quartiers aux armes. Ce brave citoyen s’est comporté en ces circonstances comme un vrai défenseur de la patrie. » Il demeurait 57, rue Sainte-Avoie (adresse que donnait Brocheton [voir ce nom] en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales) en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Roy, Léon ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Pasteur d’Etreillis in Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830.