Pantin, Adjutor
Biographie
Etudiant en droit. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, adressant la lettre suivante à cette dernière Commission : « Ne vous étonnez pas, messieurs, si je viens, retardataire, élever quelques prétentions à ce noble signe de l’honneur que mes commilitones [compagnons d’armes, en latin N.D.A.] ont si bravement conquis et dont ils sont si noblement décorés. Satisfait d’avoir coopéré au grand œuvre, je m’en reportais à ma conscience pour le tribut de gloire, qui me revenait. Comme tant d’autres de mes camarades, je négligeai d’annoncer mes faits, autant par insouciance que par satisfaction individuelle. Mais aujourd’hui que cette récompense civique est le signe honorable d’un noble dévouement patriotique, que répondrais-je dites-moi, à mes compatriotes lorsqu’ils ne liront point à ma boutonnière la part active que j’ai prise à l’accomplissement de la plus sacrée des causes ? Conduit par ma carrière à parler devant des hommes, de quelle foi ne les renforcerai-je pas par la preuve physique que je sais appeler l’épée au secours de la parole. Oui, messieurs, de quelle noble ardeur n’ai-je pas été transporté lorsque à la séance du Vauxhall [où s’étaient réunis des décorés de Juillet pour protester contre les conditions d’attribution, N.D.A.] j’ai vu le patriotisme ardent, la bienveillante réciprocité de tous les décorés de Juillet et leur suffrage universel à admettre dans leur sein tous les bien-mérités qu’avait éloignés une commission et trop prompte et tout à fait en dehors des acteurs de Juillet. Oui, messieurs, il convient que tous nous ne formions qu’une société, qu’un faisceau du sein duquel apparaisse la hache qui trancherait l’hydre de l’absolutisme qui tenterait de renaître. Mais où m’entraîne la chaleur du raisonnement ? Est-ce bien là le style d’une supplique ? Et ne dois-je pas trouver pardon chez ceux auxquels me lient de vives sympathies ? Mais pourquoi ce retard, me direz-vous ? Celui, messieurs, de vous présenter quelques titres incontestables qui puissent établir que pour être le dernier à prétendre aux récompenses je n’en fus pas un à voler à la défense de la liberté compromise. Des jeunes gens avec lesquels je sympathisai plusieurs sont morts. M. Eugène Loyer (voir ce nom ?), que mes recherches n’ont pu découvrir. M. de Souza (voir De Souza Monteiro, Damazo, Joachim, Louis), commissaire de la Commission à Montmartre, avec lequel je me suis trouvé à plusieurs endroits et pour lesquels il a bien voulu me donner un certificat, ci-joint. J’espère toutefois que dans le nombre de ceux que vous appellerez à partie du manuscrit brûlée je serai reconnu de plusieurs. Veuillez donc, messieurs, examiner mes titres et conférer par votre suffrage mon admission au sein d’une société à laquelle je suis déjà si fortement attaché par les liens de la gloire et du patriotisme. Que si jamais à nos neveux on dispute cette liberté qui nous a tant coûté de sang ils puissent lire à notre boutonnière par quelles voies ils la doivent reconquérir. » Suivait le certificat suivant : « Je, soussigné, décoré de Juillet, déclare avoir vu M. Pantin, Stéphane (sic), le 28 juillet à la Grève, le 29 au Louvre et aux Tuileries, armé d’un sabre et d’un fusil, combattre courageusement dans les rangs des combattants de Juillet. » Signé, le 10 juillet 1831 : De Souza Monteiro (voir De Souza Monteiro, Damazo, Joachim, Louis). Il demeurait 9, passage des Petits-Pères en 1831. Archives de la préfecture de police AA 406.