Paparan, Pierre
Biographie
Né à Saint-Esprit (devenu par la suite un quartier de Bayonne) (Pyrénées-Atlantiques). Ex-commis d’administration de la marine, destitué en 1829 « par un acte odieusement arbitraire », dont il décrivait ainsi les circonstances dans lesquels il eut lieu : « Le sieur Paparan était embarqué sur la frégate la Fleur de lys, en qualité de commis d’administration, chef du service. Il a été destitué et renvoyé de Smyrne en France pour avoir refusé de souscrire à un acte du commandant, tendant à dépouiller l’équipage d’une partie de sa subsistance. Après avoir en vain épuisé tous les moyens ordinaires, le sieur Paparan s’adressa à la Chambre des députés par voie de pétition. M. Marchal, rapporteur de la commission, rendant compte de la pétition du sieur Paparan, dans la séance du 26 septembre [1829, N.D.A.], (voir le Moniteur du 27 dernier) dit que M. le ministre de la marine avait le 5 du mois de juin, ordonné une enquête, dont le soin avait été confié à M. l’amiral de Rigny. Cette enquête n’a pas eu lieu et le sieur Paparan ne saurait douter des motifs qui ont commandé la conduite de M. de Rigny et lui ont fait éluder les ordres qu’il avait reçus. » Il participa aux combats de Juillet et sa conduite fut signalée ainsi dans le Constitutionnel du 31 juillet : « Le peuple du quartier du Palais-Royal s’est couvert d’honneur en contraignant deux régiments de la garde royale à demander une suspension d’armes, cinquante à soixante gendarmes à capituler, en s’emparant de toutes les positions de la rue Saint-Honoré et du Palais-Royal. Il a fait des prodiges. La suspension d’armes des deux régiments a été l’ouvrage d’un commis de la marine. Seul, la casquette au bout du fusil, il s’est avancé intrépidement au devant du colonel de la garde, qui demandait quartier, et a bravé une décharge meurtrière pour venir annoncer cette nouvelle à ses concitoyens. » Il était porteur du certificat suivant : « Le 29 juillet, le sieur Paparan, qui combattait dans les rangs du peuple, informé que le colonel de la garde royale, commandant le régiment qui occupait la cour du palais du duc d’Orléans, demandait quartier, s’avança presque seul au devant de lui, une casquette d’officier de marine au bout de son fusil. Après avoir entendu les propositions du colonel, il fit rendre les armes au poste de gendarmes de la place du Palais-Royal, se porta ensuite dans la rue Saint-Honoré, parvint à travers une grêle de balles au premier poste des troupes royales échelonnées dans cette rue et donna aux officiers communication des ordres de leur colonel, qui demandait la cessation des hostilités. A Paparan seul il fut permis de passer outre pour faire plus loin la même communication. Mais, arrivé dans la rue de l’Echelle, les gardes royaux postés à l’entresol le sommèrent de mettre bas les armes. Le sieur Paparan, préférant une mort certaine au déshonneur, refusant de se rendre, en répondant à leurs cris de Vive le roi ! par ceux de Vive la charte ! Alors se fit sur lui, après trois sommations, une décharge terrible, à bout portant, décharge à laquelle il échappa par un bonheur inouï. Le sieur Paparan revient, demi-heure après, monta dans la maison à la tête de dix hommes mais elle était déjà évacuée et enfin ne se retira que lorsque toutes les positions de la rue Saint-Honoré et autres rues adjacentes et du Palais-Royal furent abandonnées. » Signé : Richard, Pierre (voir ce nom), gardien au bazar Montesquieu ; Vathier, Jean-Baptiste, demeurant 8, rue du Plâtre-Saint-Jacques. Il n’avait pas voulu de décoration puis, expliquait-il : « Je cédai, plus tard, aux instances d’un officier distingué de la garde nationale ; je ne refusai pas les offres qu’il me fit de m’appuyer pour me faire obtenir une décoration qu’il avait jugé que je méritai autant que personne. Il fournit à votre commission des pièces attestant ma conduite dans les trois immortelles journées et vous daignâtes, messieurs, m’envoyer un bulletin sur lequel j’étais prié de consigner mes prénoms, âge, profession et j’appris en même temps que j’étais porté pour la décoration. J’en fus flatté, je l’avoue, car j’avais la conscience que je l’avais méritée. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Paparon sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sous celui de Pararan, Pierre in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il refusa la médaille et demanda que son nom fût rayé de la liste des médaillés « quand j’ai le sentiment d’avoir bien mérité du pays et beaucoup mieux que bon nombre de ceux que je vois figurer dans l’état qui suit l’ordonnance royale du 30 avril 1831, je ne saurais accepter une récompense qui, en quelque sorte, donnerait un démenti à mes actions », expliqua-t-il à la Commission des récompenses nationales. Sa réclamation sur sa destitution fut examinée par une commission chargée d’examiner les réclamations des anciens officiers de la marine, mais qui se déclara incompétente et laissa au ministre le soin de trancher. Privé de son emploi depuis dix-huit mois, réclamant la réparation de l’injustice qui avait été commise contre lui depuis seize mois, il sollicitait une place de commis entretenu de 1re classe et une indemnité, éprouvant « depuis sa destitution un dommage de plus de quatre mille francs ». Il demeurait hôtel Montesquieu, 5, rue Montesquieu en 1830-1831. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.