Paravey
Biographie
Prêtre. On trouve son nom dans plusieurs procès-verbaux d’inhumation des victimes de Juillet, comme ayant donné sa bénédiction aux personnes tuées dans les combats et inhumées dans les environs du Louvre. Par exemple : « 30 juillet 1830, inhumation de vingt-six cadavres en avant de la colonnade du Louvre. Ledit jour vendredi 30 juillet 1830, heure de midi, nous Barthélemy Guiton, maire du [ancien] IVe arrondissement de la Ville de Paris, officier de l’état civil, nous sommes transporté accompagné de MM. Lavillettelle, Troche, et Agy, dénommés et qualifiés aux procès-verbaux en date d’hier et d’aujourd’hui qui précèdent sur la place en avant de la colonnade du Louvre du côté du quai du Louvre ou nous avions appris que depuis le matin on avait fait aussi une grande fosse destinée aux inhumations qui restent à faire et que les mêmes empêchements établis dans les rues ne permettent pas de pouvoir opérer dans les cimetières, déclarant ni que nous avons adopté ce lieu de préférence à la place du marché des Innocents comme étant plus vaste et plus aéré et offrant plus de garantie pour la salubrité publique. Où étant accompagné comme dessus quelques-unes des personnes ayant manifesté le désir de faire intervenir un prêtre, M. Troche s’est chargé d’aller au presbytère de Saint-Germain-l’Auxerrois pour en inviter un à venir rendre les devoirs de la sépulture chrétienne aux victimes des combats des jours précédents. En conséquence, M. l’abbé Paravey, l’un des prêtres de ladite paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois est venu dans ses habits de chœur pour bénir le lieu de la sépulture et réciter les prières de l’Eglise pendant l’inhumation à laquelle nous avons fait procéder aussitôt après avoir fait jeter au fond de la fosse une grande quantité de chaux sur laquelle on a versé de l’eau ; la dissolution opérée, nous avons fait placer successivement par lits de corps les cadavres que nous avons trouvés apportés sur le bord de la fosse dans un grand chariot couvert et dans une voiture de la boulangerie mécanique et sept autres cadavres provenant du dépôt de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Il a été placé dans ladite fosse vingt-six cadavres d’hommes nus, à l’exception de quelques-uns qui portaient des fragments de vêtements en lambeaux qui n’ont pu servir à les faire reconnaître d’aucune personne présente invitée par nous à fournir des renseignements que l’intérêt de la salubrité publique ne nous a pas permis de solliciter plus longtemps à cause de l’état de putréfaction de la plupart de ces cadavres ; entre chaque lit de cadavres il a été jeté de la chaux sèche dissoute par l’action de l’eau ; sur ce dernier lit, on a étendu une dernière couche de chaux et nous avons fait jeter par-dessus autant de terre qu’il en a fallu pour combler la fosse à l’épaisseur d’environ quatre pieds jusqu’au niveau du terrain. Ce fait en présence de MM. Duplessis, Roger et Lafargue, témoins dénommés aux procès-verbaux qui précèdent et encore en présence de Louis, Charles Dauvin, libraire, demeurant rue du Carrousel. De ce que dessus a été dressé le présent procès-verbal clos à 3 heures après-midi et avons signé aussi MM.Lavilletelle, Troche, Agy et les témoins après lecture et M. Paravey. Signé : Guiton, Lavilletelle, Troche, Agy, Laforgue, Roger, Dauvin, Paravey. » et cette mention honorable qui le concernait : « Clôture des procès-verbaux. Mention honorable des services rendus par plusieurs personnes dénommées. Nous maire et adjoints du [ancien] IVe arrondissement susdits et soussignés avant de clore le présent procès-verbal voulons reconnaître et publier les dévouement avec lequel avons été constamment assistés dans nos fonctions par le sieur Troche, chef du bureau de l’état civil, qui a tout surveillé et dont la santé a couru des risques très grands ; ainsi que le zèle de MM. Lavilletelle (voir Lavilletelle (Marien dit Lavilletelle), docteur en médecine, Agy (voir Agÿ, Louis, Nicolas ?) ordonnateur des inhumations. Nous nous plaisons aussi à rendre témoignage que M. Duplessis, pharmacien-herboriste, dénommé aux procès-verbaux des autres parts s’est offert dès le premier moment pour nous assister, qu’il n’a cessé tant sur la place des Innocents que sur celle de la colonnade du Louvre de fournir de sa boutique ou d’autres lieux, toujours à ses frais, des liqueurs et ingrédients désinfectants et le chlorure pour empêcher ou au moins affaiblir les effets du méphitisme produit par la présence d’un grand nombre de cadavres. De plus au marché des Innocents, pour la rupture pendant la fouille d’une quantité d’anciens cercueils ; qu’il payé de ses deniers les ouvriers qui ont ouvert les fosses et qui ont transporté et inhumé les cadavres, qu’enfin il a concouru puissamment au maintien de l’ordre et a constamment aidé le sieur Troche dans les fonctions que nous lui avions départies. Nous faisons aussi mention des services des sieurs Jean-Baptiste, François et Jules Varin, élèves herboristes chez le sieur Duplessis et su sieur Alexandre de Magellan, habitant du quartier des Marchés, qui n’ont cessé de pourvoir à tout ainsi que le sieur Pierre Laforgue ci-devant nommé. Enfin, nous déclarons que le sieur Dauvin, libraire dénommé en l’un des procès-verbaux qui précèdent a coopéré avec beaucoup de zèle aux inhumations faites sur la place la colonnade du Louvre et qu’il a assisté constamment M. l’abbé Paravey dans les fonctions religieuses, conjointement avec M. Troche. En foi de tout ce qui dessus, ont été dressés les procès-verbaux des autres parts et le présent dont il sera délivré extraits nécessaires à toute partie intéressé et que nous avons los ledit jour samedi 31 juillet 1830 à 5 heures du soir et l’avons signé. Signé : Guiton, Champion, Jannon. » Il signa le certificat suivant : « Paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois. Je, soussigné, prêtre administrateur des sacrements en la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, certifie que le 30 juillet dernier, environ 2 heures après midi, monsieur Troche, chef des bureaux de l’état civil et porteur d’une délégation de Monsieur le maire du (ancien) IVe arrondissement à l’effet de faire inhumer les corps des malheureuses victimes des derniers jours dudit mois de juillet, est venu me trouver au presbytère pour me prier de rendre aux parents et amis des morts le service de donner la sépulture chrétienne auxdits morts, m’assurant de toute protection tant par sa présence que par son mandat ; qu’en effet j’ai trouvé à la porte du susdit presbytère quelques gardes nationaux armés qui, sous le commandement du sieur Dauvin, libraire, avec lequel monsieur Troche s’était concerté pour cette pieuse cérémonie, nous ont escortés avec un silence et un respect tout à fait religieux, jusqu’à la place choisie au pied de la colonnade du Louvre, pour l’inhumation des susdites victimes ; que pendant cette inhumation ledit sieur Troche a eu un soin particulier de me préserver des miasmes de la putréfaction en me faisant souvent respirer du vinaigre, que la cérémonie achevée il m’a fait reconduire au presbytère avec les mêmes honneurs civils et militaires que j’en étais sorti, me procurant même l’avantage de témoigner à chacun de mon escorte par des serrements de main et même par des empressements la vive et éternelle reconnaissance de ce que j’ai consenti de tout mon cœur. En foi de quoi je me suis fait un devoir de lui donner le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de justice et raison. Donné au presbytère à Paris le 1er septembre 1830, signé Paravey, prêtre. » Bibliothèque historique de la Ville de Paris, ms 1028 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276.