Pardonche, Joseph

Biographie


Né vers 1800 à Ath (Belgique). Domestique. Il s’illustra à la Grève, au Quatre-Nations et à la prise de la caserne des Suisses, rue de Babylone. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu au pied droit. Il déposa une demande devant la Commission des récompenses nationales, mais, ayant quitté la France pour venir en aide à la révolution belge, il ne fut donné aucune suite à sa demande. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa la lettre suivante à cette dernière Commission : « Moi, Belge, me trouvant à Paris dans les trois grandes journées au nombre des combattants pour la défense de la liberté, les cris de ma patrie m’ont rappelé dans son sein. Pendant mon absence, les Français récompensaient la valeur des braves défenseurs de la liberté mais j’étais absent pour ma cause nationale. Je réclame donc votre justice, ayant partagé leurs dangers je dois aussi partager leur gloire. N’étant pas connu beaucoup dans ce pays, je ne puis vous fournir des certificats. Mais les braves gens avec qui j’ai combattu, les blessures que j’ai reçues pourront servir de preuves. Je me recommande donc à vous pour obtenir la décoration, comme mes frères de Juillet, n’ayant jamais eu d’autre ambition que la Charte et les drapeaux tricolores. Mon absence n’a pu m’ôter le droit de combattant de Juillet. Pour finir, je suis Français et Belge. Nota : je pourrais s’il était nécessaire fournir d’autres preuves. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Joseph Pardonche s’est conduit aux grandes journées de juillet 1830 comme devait le faire un bon citoyen et un véritable ami de la liberté. Dans ces moments difficiles, son courage ne s’est jamais démenti. Il s’est toujours trouvé là où la patrie réclamait du courage et des bras. Le 28, je l’ai vu seconder avec ardeur les citoyens qui l’entouraient et qui combattaient pour la défense de la liberté, en face des Quatre-Nations, au pont d’Arcole et sur la place de Grève. Il animait par son exemple ses généreux camarades et, combattant moi-même à ses côtés, j’ai plus d’une fois eu l’occasion de l’applaudir et de l’admirer. Je ne l’ai perdu de vue que dans la mêlée du 28 sur la place de Grève, mais le 29 nous étions ensemble au Louvre et aux Tuileries. Blessé à la jambe lors de l’affaire de l’Hôtel de ville, il n’en n’est pas moins allé combattre encore à la caserne de Babylone d’où il s’est ensuite rendu aux Tuileries, où nous nous sommes rencontrés de nouveau. » Signé, le 7 novembre 1831 : Gilson (voir Gilson, Ferdinand, Désiré, Remy ?), demeurant dans la commue de Montmartre. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le nommé Joseph Pardonche le 28 juillet. Le 29 juillet rue Saint-Honoré, au pont d’Arcole et au Louvre et qu’il s’est conduit avec tout le courage d’un homme de bien. » Signé, le 22 novembre 1831 : Chrétien, demeurant 101, rue Saint-Dominique. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, Polonais, ancien soldat, militaire invalide, je reconnais et certifie que M. Pardonche, Joseph, demeurant rue du Bac n° 106, s’étant trouvé avec moi les 27 et 28 juillet 1830 un des premiers qui ait arboré le signe national et encouragé les citoyens à courir aux armes, dont j’étais du nombre ; qu’il a donné des preuves de valeur les 27, 28 et 29 juillet, qu’il n’a pas quitté un instant le plus fort du feu devant les Quatre-Nations le 28 et au pont d’Arcole, qu’il s’est dirigé vers la Grève, là au milieu de la mêlée, je l’ai perdu de vue ; qu’il est digne de la décoration, comme étant Belge ; son élan patriotique, il a poursuivi la dynastie déchue jusqu’à Rambouillet […] Comme la nation française lui doit une reconnaissance, il est digne de figurer parmi nous, décorés de Juillet. » Signé : Hensieu (voir Hensieu, François, Séraphin, Jean), militaire invalide à l’hôtel des Invalides, 10e division, décoré de Juillet. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il demeurait sans doute 106, rue du Bac en juillet 1830 ; 64, rue de Clichy en 1831. Archives de la préfecture de police AA 406.

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