Parent-Aubert, Philippe, Joseph
Biographie
Né en 1803 à Paris. Etudiant en médecine. Il copiait de la musique pour payer ses études. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 1er mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, à l’Hôtel-Dieu, a pansé les premiers blessés. Le 28, a pansé des blessés dans les rues puis à l’Hôtel-Dieu et au faubourg Saint-Antoine. Le 29, a pansé des blessés au Louvre et à l’Hôtel-Dieu. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 mars 1831, à trois voix pour la croix, six voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement pour avoir soigné les blessés (sous le nom de Parent, Philippe, Joseph sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa (sous le nom de Parent, Philippe, Joseph), le 22 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Bellery, Jacques : « Je, soussigné, certifie que le nommé Bellery, Jacques, artiste dramatique, a pendant la mémorable journée du 28 juillet 1830, combattu en ma présence au pont d’Arcole. » Bellery, dans le récit qu’il fit de sa propre participation aux combats, laissait les indications suivantes sur Parent : « […] Je sortis le lendemain 28 à 7 heures du matin […] Je remontais la rue Saint-Denis, en traversant les rues Aubry-le-Boucher et Saint-Merri. Là, je trouvais les nommés de Tilly et Parent, travaillant à une barricade près la rue du Renard. Je me dirigeais ensuite avec le nommé Parent vers le pont d’Arcole, en passant par les rues Bar-du-Bec, de la Verrerie, du Marché-Saint-Jean, les rues Saint-Antoine, de Jouy, des Nonnains-d’Hyères , le pont Marie, le pont de la Tournelle, le port aux Tuiles, au moment où un biscayen parti de l’Hôtel de Ville vint frapper sur une maison du port aux Tuiles. Nous continuâmes notre route par le petit pont de l’Hôtel-Dieu, le parvis Notre-Dame, la rue Saint-Pierre-aux-Bœufs et celle du Chevet-Saint-Landry. Je restais dans les environs du pont d’Arcole. Là, on nous apporta des cartouches à plusieurs que nous étions et, pour ma part, j’ai combattu avec courage, en présence des nommés Parent et Lefèvre […]. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Parent, Philippe, Joseph), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut la médaille décernée par la Ville de Paris, à l’occasion de l’épidémie de choléra en 1832. En 1832, il était étudiant en médecine, attaché à l’hôpital Saint-Louis et pendant l’émeute des 5 et 6 juin, il se présenta à l’ambulance établie à la mairie du VIe arrondissement et y aida à soigner les blessés, là et à l’hôpital Saint-Louis. Le certificat suivant témoignait de sa conduite pendant l’émeute : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que M. Parent, étudiant en médecine, attaché à l’hôpital Saint-Louis, est venu le 6 juin à l’ambulance établie à la mairie du (ancien) VIe arrondissement et a montré beaucoup de zèle et de dévouement auprès des blessés. » Signé, le 16 juillet 1832 : Mélier, chirurgien-major de la VIe légion de la garde nationale. Parent-Aubert ajoutait la précision suivante : « Le même soir avec l’élève nommé Babault, nous fîmes sauver un blessé de l’hôpital Saint-Louis, lui prêtant un tablier de chirurgien pour passer devant les factionnaires placés au bout de nos salles. Ce blessé nous a dit se nommer Leclerc et être marchand d’habits. » A partir de 1833, il exerça la médecine dans les quartiers Saint-Martin et du Temple, donnant « presque gratuitement » ses soins aux travailleurs, fut médecin de sociétés philanthropiques et rédacteur de La Gazette de santé. En 1840, il sollicita du ministre de l’Intérieur l’autorisation d’être admis « au nombre des personnes qui assisteront à l’exhumation des victimes de la glorieuse révolution de 1830 ». En 1843, à la suite d’une demande de secours, la police rapportait à son sujet qu’il était « bien représenté sous tous les rapports » et que « sa position de fortune paraît fort aisée », bien qu’il eût deux de ses sœurs à charge. En février 1848, il organisa la défense de la rue Boucherat et donna des soins aux blessés de l’ambulance établie dans l’officine du pharmacien France, 5 bis, rue Boucherat, où se fabriquait aussi de la poudre, puis fut présent au Palais-Royal et à la Bastille. Le certificat suivant constatait la conduite qu’il avait tenue pendant la Révolution de Février : « Les soussignés, citoyens et gardes nationaux, certifient que le citoyen Parent-Aubert, médecin, décoré de Juillet, a bien mérité de la patrie dans les mémorables journées de février 1848, en organisant la défense de la rue Boucherat et en donnant des soins aux blessés de l’ambulance établie chez le citoyen France, pharmacien même rue. » Signé : Benoît, blessé demeurant 6, rue d’Angoulême ; Piot, blessé, demeurant 65, rue Saint-Louis ; Yvoss, blessé, demeurant 11, quai Bourbon ; Coiffier (voir Bondoux, Marie, Louise, Laurence, femme Coiffier), blessée, décorée de Juillet, demeurant 11, quai Bourbon ; Zalther, blessé, demeurant 28, rue Sainte-Marguerite ; Debuirre-Pasteur, garde national à la IVe légion, combattant de Février ; Vannier, garde national ; Dupuisch, L. ; France, pharmacien, demeurant 5 bis, rue Boucherat. Il était porteur de deux autres certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Parent, médecin, a donné ses soins à un militaire blessé du 23e léger, le 24 février, et qui avait été amené aux ateliers des malles postes. » Signé : Chauvin, gérant. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Parent est venu dans la nuit du 24 février offrir ses soins comme médecin au poste de l’hôtel Jabach, rue Saint-Merri 48, que je commandais. » Signé : Pichard, capitaine en premier au 2e bataillon de la VIIe légion de la garde nationale. Peu après, « veuf et sans fortune », ayant perdu mille francs et une trousse portefeuille dans la nuit du 24 au 25 février, il sollicita un secours : il ne reçut que quarante francs le 20 juin. En 1848, il était délégué de la commission des décorés de Juillet. Il apostilla, comme « médecin de la faculté de Paris, délégué des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement », ainsi un certificat délivré en faveur de Guichard, Jean-Michel : « Je, soussigné, médecin de la faculté de Paris, délégué des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement, certifie que le citoyen Guichard, Noël, Désiré, a été blessé dans nos mémorables journées de Février, ce qui le recommande tout particulièrement à nos amis politiques. » Il signa, le 17 avril 1848, le certificat suivant en faveur de Vasseur, Louis, Charles (voir ce nom), et que ce dernier présenta devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Je, soussigné, médecin de la faculté de Paris, certifie que le 12 mai 1839 à 3 heures après-midi, le citoyen Vasseur, ouvrier bijoutier est venu à mon domicile ( à cette époque rue Aumaire 53) pour se faire panser une blessure à la jambe, que ledit citoyen venait de recevoir dans la rue Saint-Martin. Je certifie de plus lui avoir continué mes soins pendant un mois. » Le même Vasseur parlait de Parent-Aubert comme un « généreux docteur, qui m’a donné des soins désintéressés (aussi est-ce un noble cœur) ». A la manifestation du 15 mai, il marcha avec la VIe légion, attaché comme chirurgien. En mai 1848, il sollicita, comme seule récompense, qu’on lui facilitât les moyens de passer en Pologne, pour aider les insurgés polonais. Le 24 juin 1848, chirurgien major dans la XIIe légion de la garde nationale, il établit une ambulance dans la salle des mariages de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. La mairie étant abandonnée de toute autorité, il se vit confier les fonctions de maire par les citoyens Corbon et Julien, représentants du peuple en mission dans l’arrondissement, et, selon le propre témoignage de Lavater, Jonas, capitaine au 10e bataillon mobile, empêcha qu’on fusillât ce dernier sur-le-champ dans la cour de la mairie, comme les insurgés se proposaient de le faire ; il le mit à l’abri dans le cabinet du maire et prit les dispositions qui permettaient d’empêcher l’envahissement de la mairie par les insurgés. Il avait fait de même avec Levrain, garde mobile à cheval, emmené lui aussi dans la cour de la mairie pour être fusillé. Accompagné de l’adjudant major Méry, il se rendit près du général Bréa pour le prier de faire occuper militairement la mairie, mais ce dernier refusa, n’en ayant pas reçu l’ordre. Toute la nuit, il fit transporter des blessés au Val de grâce, tenta de rétablir un peu d’ordre dans la mairie et empêcha qu’on barricadât la mairie. Le 25, il remit le pouvoir aux représentants Deludre et Valabelle et retourna à la chirurgie, faisant conduire huit blessés à l’hôpital Saint-Louis. Quelques jours plus tard, il sollicita auprès du ministre de la Guerre, d’être incorporé comme chirurgien dans la garde mobile. Le 3 juillet, il fut arrêté, conduit au dépôt de la préfecture de police, accusé d’usurpation des fonctions de maire et soupçonné de participation à l’émeute. Dans une lettre en date du 30 août, il réclama contre les conditions qui lui sont faites et protesta de son dévouement à la patrie. Sa protestation était ainsi rédigée : « Un homme dont la vie entière a été consacrée à faire le bien, un homme honnête et probe, un médecin recommandable par ses services à la patrie est détenu préventivement au dépôt de la préfecture depuis le 3 juillet, enlevé brusquement à sa famille, à sa modeste clientèle, qui est toute sa fortune. D’abord confondu avec les voleurs et les vagabonds, plus tard enfermé dans une chambre étroite, soumis à toutes les vexations du régime des prisons, il est encore à se demander ce qui peut justifier cet acte arbitraire sous un gouvernement qui prend pour devise Liberté, égalité, fraternité. Cet homme est livré à une commission militaire, le considérant sans le connaître comme un ennemi politique, absolument libre de le condamner selon son bon plaisir ; sans défenseur, sans témoins, elle peut le condamner, l’absoudre, l’envoyer devant un conseil, même le faire transporter au-delà des mers, voilà la justice ! je n’ose dire l’inquisition à laquelle on livre un citoyen honorable, au mépris des lois qui garantissent que nul ne peut être jugé que par ses juges naturels. Vae victis ! La conduite de M. Parent-Aubert ne peut être cachée, elle doit au contraire être mise au grand jour car c’est ce qu’il demande depuis qu’il est privé de liberté et ce qui le force à faire lui-même son éloge. M. Parent-Aubert n’est pas un de ces hommes qui, en naissant, trouvent la vie toute préparée. Se trouvant sans fortune à l’âge de dix-sept ans, ayant une mère à sa charge et son éducation à peine terminée, il a justifié le proverbe un peu trivial Le bon oiseau se fait de lui-même. Porté par goût et par philanthropie vers l’étude de la médecine, pendant dix années que durèrent ses études il a consacré une partie de ses nuits pour en payer les frais, copiant de la musique comme Jean-Jacques réglant des mémoires, dans une modeste mansarde du quartier de l’Ecole de médecine. Décoré de Juillet en 1830, il est porteur des certificats de ses professeurs, qui comptent les signatures de Breschet, Richeraud, Jobert, Lugol. En 1832, la Ville de Paris lui a décerné, par ordonnance royale, la médaille, pour son zèle à soigner les cholériques, soit dans un service d’interne à l’hôpital Saint-Louis soit dans un poste médical sur le (ancien) VIIe arrondissement. La Commission de salubrité a reconnu ses services par un diplôme d’honneur. Le 5 et 6 juin de la même année, M. Parent-Aubert s’est rendu à la mairie du (ancien) VIe arrondissement, où il n’a cessé de prodiguer ses soins aux blessés, qu’après le rétablissement de l’ordre. A cette époque, il se fixa dans les quartiers Saint-Martin et du Marais, où, successivement, il a exercé pendant seize années la médecine, obtenu de nombreuses médailles de vaccine. Médecin de sociétés philanthropiques, il a encore trouvé le moyen d’utiliser ses loisirs en publiant divers ouvrages de médecine populaire et de nombreux articles dans la Gazette de santé, ce qui lui laissait donc fort peu de temps pour s’occuper de politique. Lors de la Révolution de Février, M. Parent-Aubert a été un des premiers à secourir les blessés, rue Vieille-du-Temple et à établir l’ambulance de la place Boucherat, conjointement avec le pharmacien France. Toute la nuit et la matinée du jour suivant, il a été partout dans ce quartier pour donner des soins ; plus tard il était au palais-Royal et même à la Bastille où il a soigné un soldat dans l’établissement des malles postes. Depuis il a continué ses soins. Au 15 mai il a marché avec la VIe légion, toujours comme chirurgien. Nommé peu de temps après chirurgien dans la XIIe légion, désirant se fixer près de l’Ecole de médecine, il a cru devoir prendre un domicile rue Saint-Jacques n° 212. Pendant les déplorables journées de juin, il était à cent lieues de deviner l’insurrection et de penser à usurper les fonctions municipales. Son premier mouvement fut de revêtir son uniforme de chirurgien et de se rendre au (ancien) XIIe arrondissement. Arrivé rue des Deux-Ponts, un blessé était sous une porte cochère ; son devoir était de lui donner des soins, ce qu’il a fait, le conduisant ensuite à l’Hôtel-Dieu. Revenant par la rue de la Bûcherie, il a soigné un blessé au poste de la place Maubert, signé la feuille et s’est dirigé ensuite vers le Panthéon par la rue des Carmes et a gagné la mairie, où il y est parvenu, traversant les barricades à l’aide de son uniforme. Y restant jusqu’au soir, il a passé la nuit rue Saint-Jacques n° 212. L’insurrection était bornée à la hauteur du Panthéon. Au point du jour, un tambour est venu le chercher pour soigner les blessés. Il s’est encore rendu à la mairie, où il a établi son ambulance dans la salle des mariages. Dans la matinée, étant monté dans les bureaux pour chercher du linge et de la charpie, il fut fort étonné de voir le plus grand désordre et fut pour ainsi dire forcé de répondre à une foule de gens, les uns menaçant de mettre le feu et de tout briser, demandant des armes, de la poudre, du pain, d’autres réclamant le service de l’état civil pour des décès, des naissances, des secours et un employé était installé dans la pièce qui précède le cabinet du maire, M. Chaubé inspecteur des études. Cet employé lui dit que le maire et ses adjoints avaient abandonné la mairie. M. Parent-Aubert, croyant rendre service, continua à répondre et même à calmer la multitude grossissant toujours et devenant plus menaçante. Enfin, le représentant du peuple, Corbon, envoyé en mission dans cet arrondissement, cru devoir donner des éloges à la conduite de M. Parent-Aubert et l’engager à remplir provisoirement les fonctions de maire, ce qui fait disparaître l’usurpation. Alors, il comprit toute l’importance de la mission dont il était chargé ; il fit poster des factionnaires à toutes les portes, conjointement avec le capitaine Labonne. Ils organisèrent le poste de la garde nationale, ayant reçu le mot d’ordre qui était Mirabeau Marseille. L’ordre étant arrivé de l’Assemblée nationale de faire battre la générale, il fit demander le tambour-major, qui lui dit ne pouvoir faire battre sans l’ordre du colonel Laugier. L’ayant envoyé chercher, de retour au bout d’une heure, il lui dit que le colonel n’était pas chez lui ou était malade. Voyant que l’ordre était positif, il ordonna aux tambours de battre, ce que plusieurs refusèrent, le danger étant trop grand car il tombait une grêle de balle jusque dans la cour de la mairie, où un Polonais fut blessé à la jambe. M. Parent-Aubert, conjointement avec le capitaine Labonne n’a cessé de faire démolir les barricades qui s’élevèrent plus de vingt fois aux portes de la mairie, derrière eux. Le garde mobile à cheval Levrain ayant été conduit à la mairie par une bande d’insurgés se disposant à le fusiller dans la cour de la mairie, M. Parent-Aubert le fit mettre en liberté, lui fit donner des armes. Ce brave soldat est resté avec la garde nationale et a fait le service au poste. Il en fut de même du capitaine Lavater, 10e mobile. Les insurgés voulant le fusiller dans la cour de la mairie, il fut placé dans le cabinet du maire, soigné et plus tard rendu à sa compagnie. C’est le même capitaine qui, oubliant ce pénible moment, écrivait que la mairie du (ancien) XIIe était une sinécure. Certes, c’est plutôt à lui qu’il faut appliquer ce mot, car il est venu y chercher la vie et la croix d’honneur. Il est facile de prouver par le compte du concierge que la dépense du maire provisoire, du capitaine et des employés a été de onze francs cinquante centimes pour une journée et une nuit. Le soir, voyant l’abandon où était la mairie, les menaces et les vociférations d’une foule de gens rôdant sans cesse autour de la porte et dans la cour, M. Parent-Aubert, accompagné de M. Méry, adjudant-major, s’est rendu à travers les balles à la place du Panthéon près du général Bréa, le priant de faire occuper militairement la mairie. Le général ayant refusé, faute d’ordre, ils s’en retournèrent seuls. Toute la nuit s’est passé à faire transporter des blessés au Val-de-Grâce, à mettre l’ordre, à empêcher les constructeurs infatigables de barricades. Dans la matinée, les représentants du peuple arrivèrent. M. Parent-Aubert s’est empressé de rendre le pouvoir pour retourner à ses blessés, après avoir reçu le certificat suivant : “Les représentants du peuple chargés de la direction de la municipalité du (ancien) XIIe arrondissement de Paris autorisent le citoyen Parent-Aubert, docteur médecin rue Saint-Jacques n° 212, à quitter les fonctions de maire qui lui avaient été provisoirement confiées le 24 de ce mois par les citoyens Julien et Corbon, représentants du peuple en mission dans cet arrondissement. Paris le 25 juin 1848 : Deludre, représentant du peuple.” Sans prendre un instant de repos, il a donné des soins aux blessés dans les rues Saint-Jacques et place du Panthéon, particulièrement aux nommés Bodinet, soldat au 48e de ligne, rue du Plâtre n° 7, à un bijoutier rue Michel-le-Comte, au sieur Petit, concierge rue Phélipaux 17 ou 21, à un soldat de la garde mobile dans une boutique rue Charlot, etc. Il s’est reposé ensuite une heure chez lui puis il fut mandé chez Mme veuve Cantier, rue de Vendôme 20 ter. De là, il fut à l’hôpital Saint-Louis prier M. le docteur Jobert de Lamballe (voir Jobert de Lamballe, Antoine, Joseph), chirurgien en chef de cet hôpital d’envoyer chercher huit blessés dans la maison de M. Antony-Béraud (voir ce nom). Sa dernière démarche avait été d’écrire à M. le général Lamoricière, ministre de la Guerre, pour le prier de le faire passer dans la garde mobile comme chirurgien, place qui lui avait été promise par le général Duvivier. Voilà la conduite de celui qui est accusé d’être un insurgé, quand il est impossible de lui prouver la moindre relation, la moindre connaissance d’un complot. Si cette conduite ne mérite pas une récompense, elle est au moins digne d’éloge. Au contraire, M. Parent-Aubert est encore privé de la liberté et traité comme un grand coupable. Voilà l’exacte vérité, qu’il certifie sur l’honneur et devant Dieu, qui a déjà prononcé son jugement ! » Il fut transporté sans jugement, avant d’être gracié dix-huit mois plus tard par Louis-Napoléon Bonaparte. En 1851, veuf, « malade depuis son retour des pontons, d’un rhumatisme articulaire qui lui permet à peine d’exercer sa profession », il sollicita des secours. La police donna comme renseignement sur son compte qu’il professait « des opinions politiques avancées » et que c’était un partisan de Raspail. En 1856, Parent-Aubert se disait « injustement accusé d’être un ennemi du gouvernement, un agent de police ». En 1855, la même administration rappelait que, avant la révolution de Février, il avait fait partie de « la coterie du National et se faisait remarquer par ses opinions républicaines ». En 1857, « bien que dévoué à Sa Majesté Napoléon III, qui m’a rendu libre après une douloureuse captivité de dix-huit mois », il se plaignait d’être « indignement signalé comme un homme dangereux quand depuis cinq ans [il était] logé porte à porte avec monsieur le commissaire de police de la division des Arts et Métiers. Il reçut un secours de cent francs en 1857. En 1859, son rhumatisme aux jambes l’empêchait presque tout à fait de pratiquer son métier et il sollicita un nouveau secours. En 1860, le cabinet du préfet de police le disait sans aucune ressource, sans famille, ne pouvant se livrer à aucune occupation, dans la misère, avant d’ajouter : « La conduite au point de vue politique n’a donné lieu à aucune remarque défavorable depuis […] 1855. » Il reçut un secours de cent francs en 1860, de cinquante francs chaque année entre 1862 et 1869. Ce dernier secours fut retourné à la préfecture : Parent-Aubert était déjà mort, le 6 mars 1869 à l’hospice des Incurables de la rue Popincourt. Parent-Aubert demeurait 7, rue du Cloître-Saint-Benoît en 1830-1831 ; 53, rue Aumaire en 1839-1840 (vérifié dans 4AZ 6 et dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vasseur, Louis, Charles) ; 43, rue Aumaire avant 1843 ; 3, rue Borda, un loyer de quatre cent cinquante francs, de 1843 à 1845 ; 19, rue Saintonge en 1848 ; 212, rue Saint-Jacques en 1848 ; 19, rue d’Anjou, un appartement au loyer annuel de cinq cent cinquante francs, en 1851 ; 20, rue Volta de 1852 à 1857 ; 44, rue des Dames aux Batignolles en 1860 ; 18, avenue de la Motte-Piquet, une petite chambre, de 1860 à 1863 ; 15, rue Corbeau de 1864 à 1867 ; 10, rue Bichat en 1868 ; 19, rue de la Folie-Méricourt en 1869. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris 4AZ 6 (4AZ 298 événements 1830-1831) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 1er mars 1831 (sous le seul nom de Parent) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 21 février 1851, minutes 164-166 ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Bellery, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guichard, Jean-Michel ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vasseur, Louis, Charles.