Parent-Laloge
Biographie
Il reçut la médaille de Juillet (sous quel nom ?). Son dossier est aux secours à divers titres. On trouve des traces de son activité pendant la Révolution de février dans le récit que fit Boisseau, Jacques, Clément de sa propre participation à la révolution devant la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février. Ce récit était ainsi rédigé : « Je soumets à votre examen et à votre conscience ma conduite dans la journée du 24 février. J’affirme sur l’honneur la vérité de tous les faits et je les prouve. Le jeudi 24 février, après avoir vu les Tuileries occupées par les citoyens, je me suis rendu sur le quai des Orfèvres et rue de Jérusalem. La préfecture de police tenait encore malgré les promesses du général commandant les troupes d’évacuer. Au moins une heure s’était écoulée depuis la convention arrêtée avec le lieutenant de la garde nationale, Berthonnier ; le peuple attendait une sortie désespérée et s’attendait au combat ; sa colère était grande, il craignait une trahison ; des matières inflammables étaient amoncelées près la porte ; le capitaine Parent-Laloge et une quarantaine de gardes nationaux étaient sur le quai et dans la rue de Jérusalem. Mû par un sentiment d’humanité, décoré de Juillet, portant ma décoration, j’abordai le peuple, je parlai à tous et à chacun ; je lui criai qu’il devait être généreux, que nous, hommes de Juillet, nous l’avions été envers les Suisses, qu’il était absurde de penser que la préfecture de police pût tenir après la prise des Tuileries. Ma voix fut entendue, tous me jurèrent de pardonner aux vaincus mais tous nous nous tenions sur nos gardes et nous apprêtions au combat. Deux rangs furent formés dans la rue de Jérusalem, depuis la porte jusque sur le quai. Le capitaine Parent-Laloge me seconda avec courage ; nous nous prêtâmes un mutuel secours. Les gardes nationaux se mêlèrent au peuple. Je m’étais placé à la porte de la préfecture ; si la sortie eût été hostile j’étais, comme bien d’autres, exposé aux premiers coups ; j’avais pris la résolution de me jeter au-devant des troupes et d’arrêter un massacre affreux dans un espace si rétréci. Dieu ne l’a pas voulu. La porte s’ouvre, un mouvement de vive anxiété se manifeste et bientôt disparaît. Les chasseurs de Vincennes paraissent les premiers, le fusil en bandoulière. Je me place à leur tête, je leur fais crier Vive la réforme ! et je les conduis sur le quai vis-à-vis les pompiers. Puis j’en fais autant pour la ligne, je la conduis aux cris de Vive la réforme ! Dans le trajet de ce corps, un incident qui pouvait devenir grave surgit tout à coup. Une lutte s’était engagée entre un jeune homme et un sergent pour le fusil de ce dernier. Un général, que je n’avais pas encore vu, cédant à un mouvement bien naturel, vint au secours du soldat. Mon œuvre pouvait être compromise, je m’élançai sur le général, je criai au peuple de se retirer, je dis ma qualité au général, qui se croisa les bras et me laissa faire. Restait la garde municipale à pied et à cheval. Des murmures se firent entendre, je les apaisai et je passai ces deux corps l’un après l’autre sans armes. La garde municipale à pied, tête nue. J’entrai dans la cour de la préfecture, à la tête du peuple, le capitaine Parent-Laloge et ses gardes nationaux (manque un mot ?). La cour était jonchée d’armes, jetées sur le pavé pêle-mêle, le peuple s’arma. A mon entrée, j’insiste sur ce point je dirai pourquoi plus bas, je n’ai trouvé dans la cour que le citoyen Coré, caissier, et son garçon de caisse, et pas d’autres. Il vint à moi, me prit la main et me demanda des sentinelles pour sa caisse. Je le conduisis au capitaine Parent ; quatre sentinelles furent placées à l’entrée des bureaux, deux autres à l’entrée de l’escalier qui conduit au secrétariat et dans les appartements. Le capitaine Parent en fit placer sous la voûte qui conduit au dépôt et à la porte de ce dépôt. Le peuple étant armé, voulant éviter tout accident, je lui criai Aux Tuileries ! Tout le monde sortit, les gardes nationaux coopérèrent à cette sortie. Je restai avec le citoyen Coré, caissier, et la garde nationale. Plus tard, un renfort très faible de citoyens nous arriva. Enfin, la compagnie du capitaine Parent fut relevée par un fort détachement de garde nationale. Les citoyens Caussidière et Sobrier (désignés du gouvernement provisoire) arrivèrent. Je fis allumer des feux de bivouac. Je passai la nuit dans la cour. Seul employé de la préfecture. Le lendemain sur les 9 heures, je me suis retiré après avoir rendu un léger service. Je ne suis point aller saluer le soleil levant, comme tant d’autres, et mendier la récompense d’une action qui m’honore. Enfant du peuple, j’ai eu confiance dans l’honnêteté de la république et j’ai eu raison car elle ne déplace personne. Non, il n’y avait dans la cour à mon entrée avec le peuple que le citoyen Coré, caissier, et son garçon de caisse. Le citoyen Collière, économe, était allé revêtir son habit de garde national. Le citoyen Helouin, chef de la police municipale, ne parut dans la cour qu’après la retraite du peuple. Ce n’est ni un reproche ni un blâme mais je suis forcé de dire la vérité parce qu’un homme a osé, devant le citoyen Caussidière, nier mes services et s’arroger à lui tout seul le travail de la journée. Eh bien ! non ! il n’était pas dans la cour quand je suis entré avec le peuple. Oui ! il était entré dans la préfecture avec le lieutenant Berthonnier pour parlementer. Oui, au lieu de sortir avec son lieutenant, il est resté. Où était-il ? Lors de l’entrée du peuple, je l’ignore, je l’aurais certainement vu. Il s’appuie sur le citoyen Heloui. Celui-ci n’a paru qu’après la sortie du peuple, alors que la cour n’offrait plus aucune trace de désordre. Je suis commissaire de police des poids et mesures. Je pouvais, comme tant d’autres, rester au coin de mon feu. Mon emploi est modeste, je ne le dois point à l’intrigue, ni à la faveur, ni à ma décoration de Juillet, je l’ai conquis le 15 août 1830, le certificat ci-joint le prouve ; on m’avait promis plus, sous l’impression de la peur ; quand on se sentit partie du manuscrit brûlé on oublia ses promesses. Décoré de Juillet, je n’ai jamais eu d’avancement : je n’avais pas et je ne voulais pas avoir de protecteurs (ce mot m’a été dit). J’ai dix-sept ans et demi de bons et loyaux services et je suis ancien principal clerc de notaire à Paris. Je n’ai point inscrit ma conduite dans les journaux. Preuves : certificat du général de brigade de Saint-Arnaud ; certificat du capitaine Parent-Laloge ; certificat du citoyen Collière, économe ; témoignage du citoyen Coré, caissier, qui m’a nommé dans le certificat qu’il a donné au capitaine Parent et à sa compagnie ; témoignage que j’invoque du citoyen Louchet, qui dans la soirée est venu à la préfecture avec des citoyens armés et non armés ; enfin, si cela était nécessaire tout un poste de garde nationale et des hommes de service de la préfecture. Jugez, citoyens, si j’ai droit ou non à une récompense. Quel que soit votre arrêt, je l’accepte avec reconnaissance ou résignation. Salut et Fraternité. » Parent-Laloge signa lui-même, le 11 mars 1848, comme capitaine et commandant la 4e compagnie du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, le certificat suivant en faveur de Boisseau, Jacques, Clément : « Je confirme en tout point le certificat ci-dessus et j’ajouterai que le citoyen Boisseau, par son énergie et son courage, m’a été d’une grande utilité pour maintenir et faire entendre la voix de l’humanité à un peuple justement irrité par la lenteur de la sortie des troupes, après la convention faite par mes parlementaires et que dans l’intérieur il a contribué par tous les moyens à maintenir l’ordre. » Il reçut un secours en 1849, à titre de médaillé de Juillet, un secours de cent francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. Il demeurait rue Sainte-Hyacinthe en 1849 ; 6, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel en 1852. Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minute 50, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Boisseau, Jacques, Clément