Parent, Pierre

Biographie


Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa, le 13 septembre 1831, la lettre suivante à la Commission : « Le sieur Parent, Pierre a l’honneur de vous exposer qu’aux événements de juillet 1830 il a donné des preuves d’un véritable dévouement et d’un patriotisme éprouvé. S’étant trouvé, le 28 juillet, rue Richelieu, près de la bibliothèque de la chapelle du duc de Berry, voyant que cette rue sur ce point se trouvait déserte et prévoyant avec juste raison que la bibliothèque pourrait être endommagée, il rassembla plusieurs habitants de ce quartier et de concert avec eux il forma six barricades afin d’empêcher la garde royale de pénétrer vers cet endroit. Le soir de ce même jour, il forma également un corps de garde et des sentinelles furent placées pour la nuit en cas d’événement à la bibliothèque même. Le lendemain 29, il se rendit à la place de Grève, conquise par le peuple et pénétra jusqu’à l’Hôtel de ville. Là, il trouva une personne qui lui fit part qu’on avait autrefois déposé les hallebardes des Suisses à la bibliothèque. Il s’y transporta le soir même. Il demanda à entrer dans ladite bibliothèque, en s’adressant au conservateur, qui adhéra à sa demande et qui fit faire des recherches. Aussitôt on trouva des hallebardes, qui furent aux environs de cent cinquante trouvées, dans une cave qui n’était pas à l’administration de la bibliothèque. Sur l’instant même le pétitionnaire se transporta à la Bourse. Il pénétra et s’adressa au commandant pour lui faire part de la découverte et, sur son rapport, lui donna dix hommes et un élève de l’Ecole polytechnique, qu’il conduisit à la bibliothèque pour recevoir les armes susmentionnées. Il arma dans le même temps plusieurs personnes du quartier et le reste fut distribué au peuple qui se trouvait sur la place de la Bourse, aussitôt l’arrivée de l’élève et de ses hommes sur cette place. L’exposant, n’ayant encore rien demandé et croyant avoir bien mérité de la patrie, vient solliciter de votre bienveillance la faveur d’une décoration à titre de récompense nationale, qu’il s’honorera toujours de porter en mémoire des glorieux événements qui ont régénéré le règne de la liberté. » Sa lettre était suivie de très nombreuses apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Le conservateur de la bibliothèque du roi certifie la vérité des faits exposés dans la présente pétition et qui sont relatifs à la bibliothèque et il croit pouvoir recommander M. Parent à la bienveillance et à la justice de la Commission. » Signé : Van... Suivait la signature de Charnelo illisible, demeurant 4, rue Rameau, qui approuvait la pétition. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « Le pétitionnaire a droit à sa demande. Les faits qu’il expose sont certains. » Signé : Mala, A., confiseur, demeurant 9, rue Rameau. La troisième apostille, ainsi rédigée : « J’étais présent à tous les faits mentionnés ci-dessus. » Signé : Dubreuil, concierge, demeurant 1, rue de Lulli. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Approuvé la présente pétition. » Signé : Duhamel, demeurant 11, rue Rameau. La cinquième apostille, ainsi rédigée : « Je déclare avoir vu M. Parent place de l’ancien opéra le 29 juillet 1830 avoir fait preuve de zèle pour le triomphe de nos libertés. Telle étant la vérité, je lui livre le présent pour lui servir ce que de droit. » Signé : Bernond, demeurant 2, rue de Louvois. La sixième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, avoir vu M. Parent les 28 et 29 juillet au moment où nous travaillions aux barricades ; que le sieur Parent a travaillé avec zèle et intelligence, qu’il nous a gouvernés dans nos travaux pendant les deux journées. » Signé : Penau..., demeurant 2, rue de Louvois. La septième apostille, ainsi rédigée : « Je déclare avoir vu M. Parent donner des preuves de courage et exciter par son zèle à faire en peu de temps toutes les barricades des rues environnant la chapelle du duc de Berry et tout le quartier peut comme moi affirmer ce que je certifie. » Signé : Ballet. La huitième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie les faits des 28 et 29 juillet. » Signé : Yven, menuisier, demeurant 7, rue de Louvois. La neuvième apostille, ainsi rédigée : « Le soussigné certifie à qui il appartiendra qu’il est parfaitement à sa connaissance que M. Parent a l’un des premiers donné l’idée d’élever les barricades qui ont permis de préserver la rue de Richelieu, de Louvois et Rameau des marches tentées par l’infanterie de la garde royale pendant les journées des 28 et 29 juillet 1830, puis y a travaillé avec zèle et constance et enfin que le contenu en entier de sa pétition est conforme à la vérité. » Signé : Nelray illisible, chef de bataillon à la IIe légion. Suivaient aussi les signatures de : Streit ; Virlaz, demeurant 6, rue Rameau ; Thibaut ; Charles, concierge, demeurant 6, rue Rameau ; Delbe, demeurant 1, rue Rameau ; Thiaucourt, marchand de cristaux, demeurant 71, rue de Richelieu ; Grenaud, demeurant 3, rue de Lulli ; Delapierre, demeurant 12, rue de Louvois ; Richer illisible, demeurant 11, rue Rameau ; Romange illisible. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, membre de la Légion d’honneur, décoré de la médaille de Juillet, certifie qu’il est à ma connaissance que M. Parent, Pierre a, l’un des premiers, concouru à l’établissement des barricades dans les rues de Richelieu, Louvois et Sainte-Anne dans la journée du 28 juillet 1830. » Signé, le 18 septembre 1831 : Leroy d’Etiolles (voir Leroy d’Etiolles, Jean-Jacques, Joseph), docteur en médecine. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, décoré de la Croix de Juillet, que le sieur Parent, Pierre a travaillé un des premiers aux barricades dans la rue de Richelieu et Rameau le 28 juillet et le 29 a fait porter des hallebardes à la Bourse, accompagné d’un jeune élève de l’Ecole polytechnique. » Signé : Bouchard (voir Bouchard, Antoine, Marie), grenadier du 4e bataillon de la IIe légion, demeurant 63, rue de Richelieu. Il demeurait 9, rue Veldot illisible en 1831. Archives de la préfecture de police AA 406.

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