Paris, François, Charles

Biographie


Né le 14 juillet 1812 à Vireaux (Yonne). Sans doute gardien de Paris (?) en février 1848. Il fut blessé le 24 février 1848, place du Palais-Royal, par une balle qui, après avoir brisé le bois de son fusil, lui atteignit la paume de la main droite. Dans la lettre qu’il fit parvenir, le 26 mars 1848, pour solliciter un emploi de la Commission des récompenses nationales, créée après la révolution de Février, il se présentait comme un combattant de Juillet et rappelait les circonstances dans lesquelles il avait été blessé le 24 février : « Combattant de Juillet et de Février, atteint le 24 d’une balle qui, après avoir brisé le bois de mon fusil, m’a fait à la main une blessure assez grave à la suite de laquelle j’ai été privé de tout moyen de travail pendant plus de deux mois. Je crois avoir acquis le droit de prendre ma part des récompenses nationales que vous avez mission de distribuer. Je vous demande, citoyens, pour le passé de participer à ces récompenses et pour l’avenir, comme récompense nationale, une place de premier concierge au ministère de la Guerre ou d’inspecteur dans une des maisons centrales de détention ou de huissier à l’Assemblée nationale ou une place de commissaire de police dans les chemins de fer. Né à Vireaux, département de l’Yonne, le 14 juillet 1812, je suis marié, père d’une jeune fille âgée de sept ans, le soutien d’une mère septuagénaire, veuve, sans fortune et qui ne vit que par les soins assurés à sa vieillesse, par le travail de mes frères et par le mien ; mon père a été pendant vingt-cinq ans maire de notre commune natale, ma famille y est honorablement connue ; j’ai reçu pour ma part une bonne éducation élémentaire ; je puis dire en un mot que ma probité, mon intelligence et mon patriotisme me rendent digne de la confiance du gouvernement, aussi j’ose m’adresser à l’esprit de justice de la Commission des récompenses nationales pour obtenir une des places que je sollicite pour soutenir ma famille. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande, en précisant : « Ce que ces certificats ne disent pas c’est que je suis l’un de ceux qui, sur la place de l’ex-Palais-Royal, afin de faire cesser le feu et l’effusion de sang, se sont emparés du général Perrot, l’ont conduit jusqu’à la porte du poste, au milieu d’une grêle de balles dont l’une a atteint le général Perrot lui-même. » Le premier certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Paris, François, Charles, a été blessé à la main en combattant le 24 février dernier, l’attaque du poste du Château d’eau, place du Palais ci-devant royal par une balle qui a traversé le bois de son fusil. » Signé, le 26 mars 1848 : Dupeyré, Léon, teneur de livres, demeurant 63, rue ses Vieux-Augustins ; Laurence, Henry, chasseur à la 2e compagnie du 1er bataillon de la IVe légion de la garde nationale, demeurant 3, rue Etienne. Le deuxième certificat était rédigé ainsi : « Je, soussigné, pharmacien de l’Ecole spéciale de Paris, demeurant à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, n° 29, certifie avoir pansé, le 24 février, le nommé Paris, François, Charles, atteint d’une blessure contuse à la main droite, produite par une balle qui a brisé le bois du fusil dont il se servait, le jeudi 24 sur la place du Palais-Royal, et lui avoir depuis fourni tous les médicaments qui lui ont été prescrits par le docteur Deguise, qui l’a soigné. » Signé, Rouxel. Le troisième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien en chef de la garde nationale, chargé de la visite des blessés pendant les journées de Février, certifie que M. Paris, Charles, François, a eu une plaie contuse assez étendue sur la face palmaire de la main droite, produite par une balle qui a brisé le bois du fusil dont il se servait le jeudi 24 février sur la place du Palais-Royal. Cette blessure a causé une incapacité de travail jusqu’à ce jour. » Signé le 31 mars 1848 : Deguise. Sa demande est apostillée de la mention « Inspection dans les prisons centrales », qui correspond peut-être au poste qu’il obtint. Il reçut un total de cinq cents francs de secours après la révolution. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 36, rue Neuve-Saint-Eustache (mais aussi 40, rue Neuve-Saint-Eustache dans le même dossier et chaque fois dans une lettre quil signe) en 1848. Archives nationales F/1dIII/95.

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