Parnitte, Alexandre, Hercule

Biographie


Né en 1794 à Paris, fils d’un défenseur de la Bastille (et décoré pour cela), mort à Cassel et d’une mère qui mourut peu après sa naissance. Ancien naturaliste, devenu aveugle et pensionnaire de l’hospice des Quinze-Vingts en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet une lettre à cette dernière Commission, en date du 25 mai et dans laquelle il demandait que lui fussent renvoyées les pièces qu’il lui avait confiées, pièces qui lui furent effectivement renvoyées et qui sont donc absentes du dossier ; mais il avait fait une première demande, le 22 mars 1848, ainsi rédigée : « […] L’Empire parut, j’étais orphelin ; je m’appliquais à l’étude des sciences naturelles. Elève du savant Cuvier et du Muséum, je fis des découvertes importantes et j’enrichis gratuitement les collections. On pourra s’en convaincre par quelques pièces ci-jointes de ma correspondance. En 1830, le 29 juillet, je pris part à la prise du Musée d’artillerie et j’empêchais de fusiller les Suisses qui occupaient ce poste, regardant ces hommes comme des instruments de la tyrannie. Je me plaçais avec un autre individu sous la porte d’entrée, pour empêcher de sortir les objets inutiles à la défense, tels que drapeaux, modèles, armes antiques, etc. Le musée n’ayant plus d’armes pour la défense, le peuple voulait forcer le directeur et son conseil à lui faire ouvrir les caves pour y chercher des armes. On céda et le peuple trouva quelques caisses remplies de lames de sabres, qui furent aussitôt enlevées et quelques jours après la direction m’avoua que dans ces caisses avaient été cachées des armes enrichies de pierreries. Je l’engageais à faire apposer des affiches dans Paris, pour inviter les habitants à restituer les objets précieux enlevés. Ce moyen réussit et l’on donna même des objets étrangers au musée. Pour mon compte, je fus assez heureux d’en faire rendre beaucoup, parmi lesquels se trouvait la carabine de Charles IX, l’armure de Jeanne d’Arc, le poignard de Ravaillac. L’on pourra s’en convaincre par le certificat ci-joint. A la prise des Tuileries, pour empêcher le pillage, je fis placer des hommes aux grilles pour ne laisser sortir aucun objet. J’arrêtais sous le grand escalier des bras qui voulaient briser le buste de Louis XVIII, en criant Vive la charte ! Les cabinets de Charles X et du duc d’Angoulême, par mon entremise et celle d’autres citoyens, ne furent pas pillés. Quelque temps après, à la vente de la liste civile, à l’exposition aux écuries, parmi les objets précieux, il se trouvait la selle qu’avait Napoléon à Austerlitz, douze housses enrichies de pierreries qui avaient été données ainsi que les douze chevaux arabes à l’Empereur par le grand seigneur de la Sublime Porte. J’en fis l’observation aux employés que ces objets n’appartenaient pas au gouvernement déchu et, à la seconde exposition, lesdits objets ne parurent pas. Je ne sais s’ils ont été vendus. Je refusais alors toute récompense, me trouvant assez payé d’avoir servi la patrie. Dans les deux années qui suivirent la révolution, je subis de grandes pertes commerciales, puis je devins aveugle. N’ayant aucunes ressources, je sollicitai et j’obtins mon entrée au Quinze-Vingts, par une demande ci-jointe, qui m’a été rendu par le ministère. Elle était apostillée par M. de Saint-Aignan qui étant préfet de Nantes sous le ministère Villèle préféra subir l’injuste destitution plutôt que de signer un acte qui répugnait à sa conscience. Elle était aussi signée par le vertueux Lafayette, retenu au lit par la mort de l’infortuné Dulong qui venait d’être tué. Etant toujours malade depuis mon entrée au Quinze-Vingts, j’aurais besoin d’habiter la campagne et ne le puis, vu qu’il n’est accordé que deux cent cinquante francs de pension, somme trop insuffisante pour vivre avec ma femme et mon enfant. Je demande pour toute récompense des faibles services que j’ai rendus de pouvoir jouir de mon traitement en entier, absent comme présent à l’hospice. Veuillez avoir l’extrême bonté de soumettre mon humble demande à vos honorables collègues. Plein de confiance dans votre décision, il me restera un devoir important à remplir, [celui] d’élever mon fils pour en faire un citoyen digne de la république et si je succombe à la maladie dont je suis atteint, on vous présentera ce fils, j’aime à croire que la patrie en prendra soin. » Il ne répondit pas aux convocations de la Commission, la dernière en date du 7 novembre 1848. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait à l’hospice des Quinze-Vingts en 1848. Archives de la préfecture de police AA 406.

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