Pasteur d’Etreillis

Biographie


Né vers 1783 à Paris. Ancien militaire au 10e de hussards, blessé à Elchingen le 22 vendémiaire an XIV, devenu négociant. Capitaine de la garde nationale depuis 1816, capitaine provisoire de la 3e compagnie du 1er bataillon de la VIIe légion de la garde nationale. Il adressa, le 4 août 1830 à 20 heures, soit sitôt après son retour de l’expédition de Rambouillet, le rapport suivant au maire du (ancien) VIIe arrondissement sur les circonstances de son commandement : « Le 3 août, à 1 heure de relevé, vous m’avez fait parvenir l’ordre écrit de prendre le commandement d’un détachement de cinq cents hommes, de gardes nationaux demandés comme contingent du VIIe arrondissement et destiné d’abord à se rendre aux Champs-Elysées pour être dirigé de là sur Rambouillet, où des moyens de résistance au nouvel ordre de choses étaient organisés. J’ai réuni à la hâte dans la cour de la mairie environ deux cents hommes armés, auxquels j’ai provisoirement fait une distribution de cartouches ; les hommes qui demandaient des armes se sont partagés, les uns m’ont suivi avec l’espérance de s’armer en route, d’autres ont attendu une distribution d’armes, qu’ils espéraient devoir être faite à la mairie. Aux Champs-Elysées, le nombre de volontaires s’est encore accru. j’ai placé mon détachement à la gauche de ceux déjà formés et presque immédiatement le général Lafayette, suivi de son état-major, a passé les troupes en revue. Le départ pour Rambouillet ayant été ordonné, j’ai composé à la hâte une garde du drapeau de la VIIe légion, qui l’a entouré et qui est monté avec lui dans une même voiture, le tambour sur le siège du cocher pour rallier ce drapeau si dans la route il devait y avoir une interversion de marche (ou trouble dans notre marche dans la copie du même rapport, N. D. A.). Tous mes hommes et moi sommes ensuite montés en voitures publiques. La première halte s’est faite à Saint-Cyr, où, ayant appris qu’il devait y avoir des armes à l’Ecole militaire, j’ai dirigé sur cet établissement environ quatre cents hommes, composés en partie par le détachement de la VIIe légion. De nombreux groupes d’hommes non armés nous ont suivis. Sur la demande faite aux chefs de l’école s’ils avaient effectivement des armes, n’ayant obtenu qu’une réponse négative, on a procédé à une perquisition, qui a produit environ quatre cent cinquante fusils parmi lesquels quelques-uns avaient été mis hors d’état de service immédiat ; cependant ils ont été promptement débouchés et nettoyés par ceux qui s’en étaient emparés. Au bout de trois quarts d’heure à peu près, l’armée expéditionnaire s’est remise en route. On a cheminé jusqu’à 9 heures du soir, où, étant arrivés un peu en deçà du village de Coignières où était établi le quartier général, l’ordre m’a été donné par monsieur le colonel Jacqueminot d’établir le campement du détachement de la VIIe légion dans un champ situé à la droite de la route. Le zèle avait tellement accru le nombre de volontaires de notre arrondissement qu’après avoir rallié mon monde je me suis trouvé à la tête de plus de six cents hommes, dont un quart environ n’était pas armés. Je ne dois pas vous dissimuler, monsieur le maire, que la formation de cette troupe offrait beaucoup de difficultés : premièrement l’ardeur des hommes était extrême mais il manquait à beaucoup la connaissance du métier, et la discipline était presque nulle. J’aurais eu besoin de douze ou quinze officiers pour le commandement de cette troupe et j’étais seul ! Mes efforts n’ont pourtant pas été infructueux puisqu’en moins d’une heure j’ai formé douze pelotons dont la droite, se composait de deux pelotons d’élite, composés d’hommes qui avaient servi, et de dix autres pelotons ayant leurs chefs, leurs sous-officiers de remplacement, leurs guides de gauche, serre-files, etc. Après avoir fait reconnaître chaque chef de peloton et avoir organisé une garde du drapeau, je me suis transporté avec les hommes de corvée nécessaire au lieu où les munitions de guerre étaient déposées et suis venu distribuer les cartouches que j’ai pu obtenir ; chaque homme en a reçu de sept à huit. Je n’ai pu former aucun poste d’armes mais j’ai recommandé la plus grande prudence et déclaré formellement que quiconque se servirait nuitamment de ses armes serait désarmé sur-le-champ, détaillant devant le front de chaque peloton les règles à observer aux avant-postes. Quelques infractions à mes ordres ont eu lieu parmi les hommes que je commandais et j’ai dû faire exécuter le désarmement de quatre volontaires. Le second s’est compromis et m’aurait tué si je n’eusse détourné le pistolet dont il voulait user contre moi. On s’est jeté sur cet homme, que cependant j’ai pu sauver des violences qu’on exerçait sur lui ; je l’ai fait enlever et ne l’ai plus revu. Plus tard, j’ai dû, pour la même cause, effectuer encore deux autres désarmements. Aucune distribution de vivres n’ayant eu lieu depuis notre départ, le matin, et les munitions de bouche manquant totalement, j’ai envoyé des gens sûrs et suis allé moi-même dans plusieurs hameaux voisins ; à l’exception d’une pièce de vin donnée par le curé de Coignières, et de six pains de trois livres trouvés chez un boulanger, je n’ai pu rien procurer au détachement. Un mouton a été abattu sans que je susse d’où il venait. Du reste, l’ordre a régné dans notre camp. A 3 heures du matin et à l’instant où les dispositions venaient d’être prises pour marcher au premier signal sur Rambouillet, on est venu nous informer de la part du général Pajol que les troupes auxquelles on voulait nous opposer s’étaient retirées dans la nuit, que Charles X avait envoyé son abdication et qu’il ne marchait plus que pour se rendre dans le port de mer où son embarquement et celui de sa famille devait avoir lieu. Malgré que cette nouvelle nous fût transmise par un élève de l’Ecole polytechnique, je mis en marche mon détachement et le dirigeai sur le point où l’état-major était réuni. Le colonel Jacqueminot m’ayant tout confirmé et donné l’ordre formel de rétrograder avec mes six cents hommes sur Paris, j’obéis en groupant autant que le permettaient les circonstances les voitures qui nous conduisaient. Arrivé à Versailles, on fit halte et l’armée qui revenait à une très faible portion près ayant rencontré un convoi de vivres et de pain a pu satisfaire au besoin qui résultait d’une privation de 26 à 27 heures. La première halte du retour s’est donc faite à Versailles, la dernière à Sèvres ; dans ces deux endroits et quelques efforts qu’un autre officier de la garde nationale (Ve légion) et moi ayons pu faire en parcourant les longues files de voiture, nous n’avons pu empêcher que beaucoup d’armes ne fussent imprudemment déchargées ; un homme a eu à mes côtés une cuisse cassée, un autre, la main traversée, et je puis affirmer que dans Sèvres seulement j’ai vu plus de quinze victimes de ces imprudences, dont un tiers au moins a dû perdre la vie. De retour aux Champs-Elysées, j’ai fait faire halte et former de nouveau le détachement de la VIIe légion, j’ai remis le commandement au sergent Debesne (ou de Beyne), qui m’a beaucoup secondé et dont je n’ai que des éloges à faire ; j’ai chargé ce sous-officier de reconduire le drapeau à la mairie, où je me hâte, monsieur le maire, de vous adresser ce rapport. Je dois citer comme s’étant principalement fait remarquer, M. Berraud, sergent de chasseurs et M. de Beysne, sergent de grenadiers, qui se sont trouvés sous mes ordres et qui n’ont cessé de donner des preuves de dévouement, de zèle et de patriotisme. Je vous prie, M. le maire, etc. » Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales, où « on lui fit des injustices » selon qu’il est indiqué sur sa fiche à la Commission des Réclamants. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa, le 10 octobre 1831, la lettre suivante à la Commission : « Instruit depuis très peu de temps qu’il a été formé une commission de réclamations pour les services qui ont pu n’être pas convenablement appréciés par la commission d’abord instituée à l’effet d’informer sur les preuves de dévouement qui ont été données dans les journées de juillet 1830, je prends la liberté de vous adresser les pièces qui me concernent ; vous y reconnaîtrez que j’ai pris les armes pour la défense de nos libertés dès le 28 juillet ; que le 29 j’ai fait partie d’une commission qui a provoqué et obtenu l’établissement du gouvernement provisoire, que je me suis consacré ensuite pendant cinq jours et cinq nuits consécutives au service pénible que réclamaient les circonstances de notre glorieuse révolution. L’époque de Rambouillet est venue, j’ai commandé le détachement de la VIIe légion qui s’y est rendu ; j’ai sauvé l’école de Saint-Cyr de la dévastation, sans négliger d’y faire faire, avec ordre, des perquisitions, qui m’ont permis d’armer quatre cent cinquante volontaires qui se trouvaient être sans armes ; seul j’ai pu organiser complétement ce nombreux détachement et le mettre en état d’être utile à la cause que nous allions défendre ; mon zèle pour la discipline et le bon ordre a failli m’être funeste et me coûter la vie. Je justifie de ces faits par les pièces ci-jointes et suis prêt, comme je l’ai toujours été, à donner toutes les explications qu’on pourrait encore désirer ; toutefois je n’ai rien obtenu de la précédente Commission ! j’en dois être surpris quand je considère les récompenses accordées dans le (ancien) VIIe arrondissement, dont je fais partie ; je vois des personnes revêtues de la décoration spéciale quoique quelques-unes d’entre elles n’aient pas fait plus que moi, j’en vois même d’autres qui ont évidemment fait moins et qui cependant sont revêtues des mêmes insignes. On peut dire ces choses quand on se croit à même de les prouver et que d’ailleurs on n’accuse personne mais il est évident qu’il y a eu sinon des passe-droits du moins des erreurs, que tout homme de bien doit désirer de voir réparer puisqu’il y aurait de l’injustice à ne pas le faire. Ce sentiment me porte à réclamer et à prier messieurs les membres de votre Commission de vouloir bien faire valoir mes droits, suffisamment établis je pense par les pièces ci-jointes. Pour les corroborer je joints encore d’anciennes attestations qui bien qu’elle ne soient relatives qu’à des faits personnels qui ont eu lieu en 1814 et 1815 et qui peuvent n’être pas prises en considération pour les récompenses accordées aux combattants de l’année dernière, prouveront au moins qu’à toutes les époques où la garde nationale et les bons citoyens ont été appelés au secours de la patrie mon dévouement ne s’est jamais fait attendre. Je terminerai en disant que j’ai servi sous l’Empire dans le 10e de hussards et que j’ai été blessé à Elchingen le 22 vendémiaire an XIV. Du reste le but de ma réclamation est que mes services de Juillet soient examinés et jugés équitablement. » Il joignait à sa demande la copie du rapport fait au maire du (ancien) VIIe arrondissement sur l’expédition de Rambouillet (voir plus haut), un Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830, rédigé en date du 12 août 1830, et plusieurs certificats. Le Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830, était ainsi rédigé : « Les principaux habitants de l’arrondissement se réunirent à l’hôtel Saint-Aignan, rue Sainte-Avoye, chez MM. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis) et Pagès (voir Pagès, Louis, Antoine). Au premier bruit du canon, l’assemblée se sépara, chacun revêtit l’uniforme de garde national et courut à la mairie, d’où l’on partit pour s’emparer de tous les postes et se transporter au lieu du combat. Un grand nombre de ces citoyens dévoués se rendirent aussitôt à l’Hôtel de ville et y prirent position. La garde royale arriva, suivie de l’artillerie. M. Marchand (voir Marchand, Louis, François) s’avança, avec deux gardes nationaux et le sergent Debeine, pour parlementer et éviter l’effusion de sang : ils furent accueillis par une décharge de mousqueterie, qui renversa deux gardes nationaux et plusieurs autres citoyens. Le canon ayant été ensuite tiré à mitraille, on fut obligé d’abandonner le poste et de se replier dans les rues. Les habitants du quartier y firent la guerre, en tirailleurs jusqu’à 2 heures du matin, moment où la troupe fut obligée de se retirer. Quelques instants avant cet engagement, sur l’exhortation de M. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), une troupe de trente soldats du 50e de ligne s’était réunie à lui et était venue déposer les armes à la mairie, où elles furent distribuées ainsi que des cartouches aux citoyens qui allaient combattre. Un poste fut établi à la caserne des gendarmes d’élite, qui est situé rue des Francs-Bourgeois, vis-à-vis la mairie : quelques gardes nationaux parvinrent à les sauver de l’indignation du peuple qui se précipitait contre les portes ; le lendemain matin, les gendarmes rendirent leurs armes. Le citoyen Mancey (voir Mansais, Jean-François) commandait ces gardes nationaux. Dès le commencement du combat, une foule de citoyens de toutes conditions se présentèrent à la mairie, demandèrent des armes et des munitions. Après deux heures de recherches on parvint à découvrir quatre cents fusils, qui furent aussitôt distribués. Ceux qui ne purent en avoir n’en coururent pas moins à la défense de la patrie, en s’armant de tout ce qui se trouvait sous leurs mains. Une fabrique de cartouches fut établie chez M. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis) et chez son frère (voir Pagès, Louis, Antoine) ; par leurs soins, il en fut confectionné vingt-cinq mille. 29 juillet. Le matin, Paris était sans chef, sans direction pour mettre un terme à cette situation funeste et parer aux maux de tout genre qui devaient en être le résultat, MM. Pagès, après avoir été chez M. Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), député, prendre des conseils, parcoururent l’arrondissement pour convoquer chez eux les principaux habitants. La réunion fut nombreuse ; personne ne craignit de s’y rendre. En ce moment, on entendait des décharges continuelles d’artillerie dans la direction des Tuileries. Ils exposèrent qu’il était urgent de nommer un gouvernement provisoire et d’organiser la garde nationale. Ces deux mesures ayant été adoptées à l’unanimité, sur leur proposition, deux commissions furent choisies à cet effet par acclamation. Les citoyens qui composèrent la commission chargée de l’organisation de la garde nationale étaient MM. Marchand (voir Marchand, Louis, François), Adrien (voir ce nom), Desprez, Antoine Fessard (voir Fessart, Antoine), Lecreux. Les citoyens qui composèrent la seconde : M. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), Pagès (voir Pagès, Louis, Antoine), Faudon, Jouet (voir sans doute Jouet aîné), Pasteur d’Etrailly (sic), Chevallier, Lahautière. Cette seconde commission fut chargée de se transporter auprès du général Lafayette, du général Gerard et du duc de Choiseul, désignés par l’assemblée pour former le gouvernement municipal de la Ville de Paris. Des citoyens furent aussitôt envoyés vers d’autres arrondissements, pour les inviter à s’organiser de la même manière. La députation se rendit chez M. Laffitte et offrit à M. le général Lafayette et à M. le général Gerard le gouvernement de la ville. Le général Lafayette, après avoir communiqué avec les députés rassemblés, qui confirmèrent ce choix, s’empressa d’accepter le commandement de la garde nationale. Le général Gerard fut nommé au commandement militaire. Une commission municipale fut sollicitée et reconnue par la députation du (ancien) VIIe arrondissement. M. Pagès, un des membres de cette députation, fut chargée par elle d’accompagner le général Lafayette à l’Hôtel de ville. Le général y fut reçu par M. Fessard (voir Fessart, Antoine), commandant un détachement de la VIIe légion. Pendant les deux premiers jours, la VIIe légion occupa seule de poste d’honneur. Tandis que la députation du (ancien) VIIe arrondissement remplissait si heureusement son mandat, la commission chargée d’organiser la garde nationale remplissait le sien avec le même bonheur : elle s’était rendue à la mairie auprès de M. de Saint-Gobert et agissait d’un commun accord avec lui. M. de Saint-Gobert, malgré ses soixante-seize ans, resta constamment à la tête de la commission municipale ; il mérite la reconnaissance générale. Honneur à l’homme de bien ! Honneur au fonctionnaire dévoué à sa patrie. Le bruit du tambour appelait les gardes nationaux de toutes parts. Les postes nombreux placés dans l’arrondissement protégèrent les établissements publics du quartier tel le mont-de-piété, l’imprimerie du gouvernement, la caisse de Poissy, les Archives. Les prisonniers de La Force s’étant révoltés, de tous les postes de l’arrondissement on y accourut et l’on réussit à empêcher une évasion qui aurait été funeste à la capitale. On tira sur quelques-uns, leur mort apaisa le trouble. Des élèves de l’Ecole polytechnique, qui s’étaient présentés à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement pour offrir leurs services furent envoyés sous le commandement du capitaine Chauveraux, pour s’adjoindre au capitaine Fessard (voir Fessart, Antoine), qui commandait la garde du général Lafayette. Des patrouilles parties du (ancien) VIIe visitèrent les points les plus reculés de la capitale. Les premiers postes occupés par la garde nationale au milieu du danger furent commandés avec toute l’ardeur du plus pur patriotisme par MM. Antoni-Berau (voir Antony-Béraud), Moinery (voir Moinery, Pierre, Emile ? mais l’arrondissement ne correspond pas), Bourgeois, Théodore Jouet (voir sans doute Jouet aîné), Faudon, Plessy, Sabattaud, Boullard. La commission municipale qui s’était déclarée en permanence fut constamment aidée dans ses travaux avec un zèle au-dessus de tout éloge par MM. de Cormeil (voir Decormeil, Claude), Felman (voir ce nom), Riglet (voir ce nom), Antoni-Béraud (voir Antony-Béraud). Le 30 juillet. Pendant cette journée, on s’empressa d’établir l’ordre ; on reçut des secours, qui furent envoyés de toutes parts par les habitants de l’arrondissement pour les blessés et les ouvriers sans travail. On s’empressa de les distribuer pour soulager les malheureuses victimes de ces jours mémorables. On fournit des vivres aux casernes des environs ainsi qu’à La Force. On continua l’organisation de la garde nationale. MM. Marchand (voir Marchand, Louis, François) et Adrien (voir ce nom), membres de la commission municipale ont apporté un zèle infatigable à la mission dont leurs concitoyens les avaient chargés. Le 3 août au matin un exprès de M. le général Lafayette vint annoncer à la mairie que l’ennemi paraissant vouloir faire encore quelque résistance, le gouvernement provisoire requérait à l’instant même cinq cents gardes nationaux de bonne volonté par arrondissement pour marcher sur Rambouillet. A cet ordre, les braves du ancien) VIIe arrondissement, pleins encore de l’ardeur qui les avaient animés dans les glorieuses journées des 27, 28 et 29 se présentèrent en foule. Tous voulaient marcher mais tous n’avaient pas d’armes. Le capitaine Pasteur d’Etreillis en réunit sous ses ordres quatre cents qui étaient armés et M. Antony-Béraud (voir ce nom) qui s’était offert pour remplir sous lui les fonctions de sergent se mit à la tête du reste. Le rendez-vous général des détachements des diverses légions avait été indiqué aux Champs-Elysées ; c’est là, avait-on dit, qu’on distribuerait des fusils à ceux qui en manqueraient. Cette promesse ne fut point exécutée et M. Antony-Béraud dut, par ordre de M. le colonel Carbonnel, engager les trois ou quatre cents braves qui s’étaient progressivement réunis à la troupe qu’il commandait à se retirer paisiblement dans leurs demeures ; ils obéirent mais non sans peine ; quelques-uns voulurent absolument suivre MM. Pasteur d’Etreillis et Antony-Béraud (voir ce nom), en disant, comme dans les journées du 28, Nous saurons bien nous procurer des armes sur le champ de bataille. On connaît les événements de Rambouillet mais nous sommes heureux de trouver ici l’occasion d’accorder à M. Pasteur d’Etreillis les éloges qui lui sont dus. On l’a retrouvé en 1830 tel qu’il était en 1814. Toujours prêt à voler à la défense de la patrie ; grâce à sa prudence et à sa fermeté, le détachement qu’il commandait, en marchant sur Rambouillet, a observé constamment la plus exacte discipline. Chaque homme, animé par lui, ne demandait qu’à combattre. M. Antony-Béraud (voir ce nom) l’a dignement secondé. Le détachement de la VIIe légion était le plus fort de toute cette journée improvisée, c’était aussi le mieux tenu ; il est rentré dans Paris, comme s’il était revenu de la revue, tambour battant et drapeau déployé. Depuis le 29 les diverses compagnies composant la VIIe légion ont été successivement organisées sous la présidence du maire et des adjoints. M. Decormeil (voir Decormeil, Claude), chargé de ce travail, a su remplir cette mission avec un dévouement et une habilité remarquables. Nous regrettons de ne pouvoir citer les noms de tous ceux qui se sont distingués dans ces mémorables journées. Nous sommes heureux de pouvoir dire que dans le ancien) VIIe arrondissement tout le monde a fait son devoir. » Le premier certificat qu’il joignit à sa demande était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers du 4e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale de Paris, commandant les 29 et 30 mars 1814 le poste de réserve de la barrière Saint-Denis, certifions 1° que M. Pasteur d’Etreillis, sous-lieutenant de la compagnie de grenadiers de notre bataillon, faisait alors comme sergent dans ladite compagnie partie du poste ci-dessus. 2° que le 30 mars au matin, poussé par son dévouement il est allé volontairement en tirailleur et pendant plusieurs heures en avant de La Villette ainsi que dans La Villette. 3° que, plus tard, soixante grenadiers ayant été commandés pour aller prendre position sur la butte des Cinq-Moulins, M. Pasteur d’Etreillis (qui était en sous-officier de remplacement), dans un moment où le détachement avait fait halte et que quelques hommes témoignaient de l’hésitation, s’élança le premier vers le poste désigné et entraîna d’abord par son exemple deux de ses camarades qui furent bientôt suivis de tout le détachement. 4° qu’ensuite M. Pasteur d’Etreillis s’est emparé, sous le feu de l’ennemi, d’un caisson chargé de munitions de guerre que l’armée française dans sa retraite venait d’abandonner à l’entrée du faubourg Saint-Denis, que par ses soins et son zèle, ce caisson a pu être reconduit par lui et nous au poste intérieur du conservatoire de musique regardé comme le quartier de notre bataillon et de là à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. » Signé, le 1er mai 1815 : Dupaty, A., lieutenant, commandant le poste de réserve à la barrière Saint-Denis ; Gaudelet, capitaine. Suivaient plusieurs apostilles. La première apostille ainsi rédigée : « Je, soussigné, capitaine de grenadiers du 4e bataillon IIIe légion, certifie que les faits relatés dans le certificat d’autre part sont à ma connaissance et qu’ils ont mérité à M. Pasteur d’Etreillis la désignation par le conseil de la compagnie comme l’un des candidats pour la Légion d’honneur quoiqu’il fut momentanément absent de Paris à cette époque. Je dois également ajouter que je n’ai que des éloges à faire de M. Pasteur d’Etreillis pour le zèle et le dévouement avec lesquels il a toujours fait son service et particulièrement dans les temps difficiles. » Signé, le 5 mai 1815 : Albert, Ch. La deuxième apostille ainsi rédigée : « Je, soussigné, chef du 4e bataillon IIIe légion de la garde nationale de Paris, certifie que les signatures apposées d’autre part et ci-dessus sont sincères et véritables, que les faits exprimés dans le présent certificat sont aussi à ma connaissance intime et que je me plais à ajouter ici les éloges qu’a toujours mérité la conduite de M. Pasteur d’Etreillis. » Signé, le 30 mai 1815 : Béjot. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « […] Moi, susnommé et soussigné, commandant en 1815 le détachement des gardes nationaux qui a séjourné au camp du général Bellair les 4, 5 et 6 juillet de ladite année, certifie que M. Pasteur d’Etreillis, alors sous-lieutenant du 4e bataillon de la IIIe légion, s’est présenté aux avant-postes du camp des Vertus, que pendant les deux premiers jours il s’y est continuellement battu et que le 6 juillet il commandait un des pelotons de grenadiers qui sous mon commandement ont attaqué et pris le village crénelé d’Aubervilliers et que si dans cette circonstance nous avons été assez heureux pour donner une preuve de dévouement à notre pays, M. Pasteur d’Etreillis y a puissamment contribué par son courage et son intrépidité. » Signé, le 30 août 1830 : Drouet, capitaine de grenadiers du 2e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale de Paris. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jean-Baptiste Coquéau (voir Coqueau, Jean-Baptiste), demeurant rue du Temple n° 14, déclare avoir vu le 28 juillet 1830, M. Pasteur d’Etreillis à plusieurs reprises à la barricade de la rue des Coquilliers ; savoir le matin un peu avant midi, parmi les citoyens armés qui se défendaient sur ce point contre les troupes du gouvernement déchu (Suisses et garde royale), que M. Pasteur était armé d’un fusil de munition et que je l’ai vu faire le coup de feu principalement à l’angle gauche de ladite rue près de la boutique du coiffeur ; qu’il était présent lorsqu’on a amené l’échoppe de l’écrivain (sic) et au moment où un jeune homme a été tué près de la boutique de l’épicier faisant l’angle droit de ladite rue ; qu’enfin il était comme nous au milieu du danger qui existait sur ce point. Qu’étant forcé de me retirer momentanément, faute de munitions, je me suis approché de lui pour lui en demander et que revenant vers les 5 heures au même endroit, après avoir fabriqué chez moi des balles en cuivre, je l’ai encore retrouvé sur le même terrain, où il continuait de se battre et qu’après lui avoir montré la provision de balles que j’avais faite je l’ai laissé à cet endroit pour aller vers la rue de la Poterie, où une autre fusillade se faisait entendre. » Signé, le 8 octobre 1831 : Coqueau, Jean-Baptiste, demeurant 14, rue du Temple. Il apostilla, le 20 juillet 1831 et comme « capitaine de voltigeurs au 1er bataillon de la VIIe légion de la garde nationale », ainsi un certificat en faveur de Michaud, Gervais, Nicolas, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie comme ayant été chargé par M. le maire du (ancien) VIIe arrondissement de conduire à Rambouillet le détachement du (ancien) VIIe arrondissement, que dans l’expédition j’ai vu le sieur Michaud faisant le service d’ordonnance et que malgré qu’il ne fît pas partie des six cents hommes que j’avais sous mes ordres, j’ai été à même de remarquer le zèle qu’il démontrait. » Il demeurait 65, rue Sainte-Avoye au Marais en 1831. Archives de Paris 4AZ 16 (4AZ 803) ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Michaud, Gervais, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 406.

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