Pater, Jean, Frédéric

Biographie


Né vers 1799 ou 1801 à Paris. Maître clerc d’étude. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il sollicita la croix, en remplacement. En 1835, n’ayant jusque-là jamais rien reçu, il demanda à être compris dans les listes de décorés auxquels étaient allouées des gratifications. La police donna alors sur son compte les renseignements suivants : « […] Il doit une année de loyer. Dernièrement il a voulu déménager furtivement et pendant la nuit, mais il a été surpris dans ce déménagement. C’est un homme très violent contre lequel plusieurs plaintes ont été portées pour voies de fait. Du reste, il se dit fort riche et ne parle que de successions, de rentrées de fonds et néanmoins il n’inspire aucune confiance. Il est marié et il a des enfants. » En 1836 il était dans la 2e compagnie du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale et se présentait comme un « combattant de juin » 1832 du côté de l’ordre (en 1848, il était encore dans la Ire légion, à la 4e compagnie du 3e bataillon). Cette année 1836, les mêmes sources policières réitérèrent leur appréciation à son sujet : « Le nommé Pater est un homme violent ; plusieurs plaintes en voies de fait ont été portées contre lui. Pour ne pas payer son loyer, il a l’habitude de déménager furtivement puis d’emporter les clés de son appartement, ce qui met le propriétaire dans l’obligation de recourir à l’autorité et d’ajouter ainsi des frais de justice à la perte de ses loyers. Enfin, cet homme ne mérite aucun intérêt. » Pater n’en reçut pas moins un secours de cinquante francs. En 1848, il adressa la lettre suivante aux membres du nouveau gouvernement provisoire : « […] Décoré de Juillet, c’est au nom de plusieurs de mes collègues que je viens applaudir à votre bel ouvrage. C’est au nom de plusieurs de nous, qui avons ressaisi les armes dans ces dernières journées et partagé les dangers de la victoire, que je viens vous prier de rendre à quelques-uns de nous le rang ou l’emploi qui lui a été spolié. La Commission des récompenses nationales, dans son rapport de 1831, a doté certains décorés d’un emploi au gouvernement civil, les autres à l’armée. Comme ancien militaire, on m’avait destiné celui de gros-major, et malheureusement l’intrigue et la corruption déjà commençant à paraître, nos prétentions furent perdues. Repoussés dans nos réclamations, nous fûmes obligés de nous conformer à la vie industrielle, pénible et souffrante, comptant sur l’avenir. » Il disait alors être garde national dans la Ire légion depuis quinze ans et alors au 3e bataillon, 4e compagnie. Les sources administratives précisaient à son sujet : « Célibataire, ouvrier mécanicien. […] Il jouit d’une bonne réputation et a été blessé en juin dernier en combattant dans les rangs de la garde nationale. Par suite du manque de travaux, il se trouve dans un état voisin de la misère. » Il reçut quatre-vingt-dix francs en 1849, dont une allocation de cinquante francs à titre de médaillé de Juillet, et soixante-quinze francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet. En 1852, sortant de l’hôpital de Beaujon, où il était resté dix mois suite à une fracture du genou, il sollicita un secours et toucha soixante francs, puis quarante francs en 1855. Il demeurait 13, passage de la Boule dans la rue du Faubourg-du-Temple en 1831 ; 12, rue Montaigne dans le faubourg Saint-Honoré en 1832 ; 20, rue des Ecuries-d’Artois dans le faubourg du Roule, un logement au loyer annuel de trois cents francs, en 1834 et 1835 ; 7, rue Neuve-de-Berry en 1835 ; 12, rue Montaigne en 1836 ; 47, rue de Miromesnil (ou 49, rue de Miromesnil deux fois in Archives de la préfecture de police AA 369 minutes 90 et 92), un logement au loyer annuel de cent dix francs, de 1848 à 1850 ; 52, rue de la Bienfaisance en 1852 ; 9, rue de Laborde en 1854. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220.

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