Paulet, Jean, Antoine

Biographie


Ancien lieutenant. On trouve dans la chronique de l’époque, le récit de sa conduite ; par exemple dans Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades : « Ici, c’est Paulet qui, sans armes, attaque corps à corps un cuirassier de la garde, s’accroche à ses habits, le renverse de son cheval, s’empare de son sabre, achève de le désarmer et lui fait payer cher la résistance opiniâtre qu’il oppose ; seul il a la hardiesse d’aller au-devant d’une compagnie de cuirassier crier vive la Charte ! et les défier ; il essuie leur feu qui ne l’atteint pas, et rassemblant tous les gens de cœur qui l’ont choisi pour chef, les oblige à une retraite précipitée. » Il est inscrit (sous le seul nom de Paulet) sur les listes de sa mairie comme n’ayant reçu aucun secours de la part de cette même mairie. Il délivra, le 20 septembre 1830 et comme « commandant des bataillons de citoyens », le certificat suivant en faveur de Loiseau, Napoléon : « Nous certifions que le nommé Napoléon Loiseau, ouvrier en cuivre, s’est montré dans les journées des 28, 29 et principalement dans celle du 30 où il faisait partie d’un bataillon de citoyens qui fut réuni le matin sur la place de l’Hôtel-de-Ville commandé par M. Paulet, lieutenant du 28e de ligne, en traitement de réforme, et dirigé par les Champs-Elysées, sur la barrière de l’Etoile, où le bataillon contribua en partie à faire replier les troupes du roi sur le bois de Boulogne. Je certifie que je désignai le dénommé ci-dessus avec trois autres ouvriers à traîner une pièce de canon de calibre de quatre, qui me fut confiée par un élève de l’Ecole polytechnique et qu’il fallut faire des efforts pour la faire passer par-dessus les palissades qui barraient les rues. » N’ayant pas réussi à faire valoir ses droits, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IXe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, propriétaires et négociants du quartier Geoffroy-Lasnier et quai des Ormes, (ancien) IXe arrondissement, certifions avoir vu M. Paulet, lieutenant du 28e de ligne en disponibilité, habitant notre quartier, exposer ses jours à la cause de la liberté dans les journées des 27, 28 et 29. 1° avoir désarmé un cuirassier de la garde. 2° Seul aller au-devant d’une compagnie de cuirassiers en criant Vive la charte ! A bas Charles X ! 3° revêtu de son habit d’uniforme, armé d’un fusil, faire feu sur les troupes du roi et dans plusieurs circonstances où cet officier a fait preuve de courage et de dévouement à la cause de notre liberté. » Signé, le 8 août 1830 : Bellay ou Rellay, demeurant dans le quartier de l’Hôtel de ville ; Herelle, demeurant dans le quartier de l’Hôtel de ville. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet la lettre suivante à cette dernière Commission (sic) ; « […] Comme combattant de juillet 1830, j’ai l’honneur de m’adresser à votre Commission afin de solliciter une récompense nationale, que je n’ai pu obtenir sous le gouvernement déchu. J’ai combattu dans les journées du 28 et 29 juillet, en dirigeant trois cents citoyens qui m’avaient choisi pour chef, et, les conduisant aux combats dans différents quartiers de Paris. Malheureusement je n’ai pu fournir aucune attestation des actions que j’ai faites avec mon détachement parce que j’ai eu l’imprudence de me défaire de deux certificats délivrés par plusieurs habitants du quartier où j’habitais et visé par le commissaire de police du (ancien) XIIe arrondissement, demeurant rue Geoffroy-Lasnier. J’ai adressé un certificat à la Commission qui s’était formée rue Bourg-Labbé, présidé par François Rossignol, avocat à la cour royale de Paris, afin de réclamer une récompense à la Chambre des députés. Nous n’avons rien obtenu. Le deuxième certificat, je l’ai adressé au général Gerard, ministre de la Guerre, en réclamant une mise en activité, ayant été mis en réforme le 27 septembre 1827 sous le règne de Charles X. Ce certificat, au lieu de me protéger, m’a nui et je n’ai pu obtenir mon rappel à l’activité. Ayant été privé de ma carrière militaire sans motif légal ainsi donc je n’ai pas été détenu ? illisible comme bien des combattants de Juillet, principalement le général Dubourg, qui s’est si bien montré à cette époque. Mais j’ai perdu mes droits à l’activité, ce qui est pour ainsi dire pire qu’une détention, attendu que je me suis trouvé sans aucun traitement et bien misérable. La seule preuve qui prouve que je suis combattant de Juillet c’est que je suis porté sur un ouvrage fait par François Rossignol, avocat à la cour royale de Paris, p. 105. Cet ouvrage détaille les actions que chaque citoyen a fait. Mon dévouement en 1830 a toujours été un empêchement pour obtenir aucun emploi tant civil que militaire. Ayant plusieurs fois fait des réclamations à ce sujet j’étais noté au ministère par M. Gentil de Saint-Alphonse, secrétaire général du ministère. Ainsi si je puis être porté par mes malheurs au niveau des détenus de Juillet, je prie la Commission, si elle m’en juge digne d’être porté sur les cadres soit pour obtenir un petit emploi ou ce que la Commission jugera digne de m’accorder. Ayant aussi servi vingt-deux ans comme militaire et étant parvenu également au 28e de ligne, que la Commission jette les yeux sur ma position en me plaçant sur les cadres des combattants et des détenus de 1830. J’ai l’honneur, etc. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 2, rue Geoffroy-Lasnier en juillet 1830 ; 101, rue de la Mortellerie, hôtel de la Marne en 1831 ; 25, rue Nationale à La Charité-sur-Loire (Nièvre) en 1848. ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 105 et Noms des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le seul nom de Paulet) ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Loiseau, Napoléon (sous le seul nom de Paulet) ; Archives de la préfecture de police AA 406.

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