Paulin, Nicolas, Jean-Baptiste, Alexandre
Biographie
Né le 16 juin 1796 à Rizaucourt-Buchey (Haute-Marne). Gérant du National. Alexandre Dumas un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, et qui en laissa un récit impartial et bien renseigné, donnait sur une réunion qui eut lieu le 27 juillet, pour organiser la résistance, les précisions suivantes : « Une autre réunion, enfin, avait lieu dans les bureaux du Globe. Elle se composait de Pierre Leroux (voir Leroux, Pierre, Henri), de Guizard (voir ce nom), de Dejean (voir ce nom), de Paulin (voir Paulin, Nicolas, Jean-Baptiste, Alexandre), de Rémusat (voir Remusat de, Valentin, Jean-Baptiste) et de quelques personnes étrangères à la rédaction du journal. Les avis les plus opposés y étaient émis : quelques-uns voulaient, pour le lendemain, faire un appel aux armes. D’autres s’épouvantaient de la rapidité avec laquelle, une fois lancé, on descend, malgré soi, la pente des révolutions. Au nombre des épouvantés était M. de Rémusat. – Mais, s’écriait-il d’une voix désespérée, où allez-vous ? où nous poussez-vous ? Il ne s’agit point ici d’une révolution. Ce n’est point une révolution que nous avons voulu faire... La résistance légale, soit ; mais pas autre chose. Il est bien entendu que, là non plus, on ne décida rien... si ce n’est de faire un lit à M. de Rémusat, que la fièvre venait de prendre. » Dans ses Mémoires, Chambolle relate l’anecdote suivante concernant Paulin : « M. Paulin, que l’aménité habituelle de son caractère rendait cher à ses amis, mais dont la résolution était connue, nous proposa, pendant cette visite des agents de la police, un acte de résistance prompt et décisif. “Notre droit est manifeste, dit-il, la population entière est avec nous, mais il faut un exemple pour l’entraîner. Si vous y consentez, je vais tuer un gendarme ; c’est jouer ma vie, je le sais ; mais le signal sera donné, et le peuple suivra.” Pas un de ses amis ne l’encouragea dans cette héroïque folie ; mais ce fut Béranger surtout qui parvint à le dissuader de son dessein. » Paulin fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Toujours gérant du National en novembre 1831, il fut traduit devant la cour d’assises de Paris, le 29 novembre 1831, pour diffamation envers Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Il fut défendu par Odilon-Barrot (voir ce nom) et Ledru, Charles (voir ce nom). A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, Paulin fut acquitté. Il demeurait 10, rue Saint-Marc en 1831. Appréciations et Confidences sur les hommes de mon temps, Chambolle, Paris, Plon-Nourrit, 1912, p. 67, 75 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Mémoires de ma vie, Rémusat, Plon, Paris, 1958, T II, p. 226-327 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831. Il est peut-être dans le complot de Belfort ? alors maître d’études à Henri-IV ?