Pavy, François, Nicolas, Maurice
Biographie
Né (sous le nom de Pavÿe) le 9 mai 1791 (bien le 9 mai 1791 dans son acte de baptême ; mais le 10 mars 1791 in Archives nationales F/1dIII/37 et sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/70 ; mais bien le 9 mai 1791 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Clermont (Oise), fils de Pavÿe, Jean-François, Maurice, tisserand, et de Boitel, Marie, Anne, son épouse. Charretier ou garçon roulier-voiturier. Il fut blessé d’un tir de biscayen à la jambe gauche, le 29 juillet vers midi, alors qu’il était armé d’un fusil, entre la porte Maillot et Sablonville en face de la gendarmerie. Le certificat médical suivant constatait ses blessures : « Nous, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien aide-major du 9e bataillon de la IIe légion de la banlieue, résidant à Clichy-la-Garenne, certifions que le nommé François Pavie, garçon roulier-voiturier, âgé de quarante ans, habitant cette commune depuis vingt ans, porte à la partie externe et inférieure de la jambe gauche, la cicatrice d’une blessure qu’il dit avoir reçue dans les journées de juillet 1830 et avoir été occasionnée par une balle de biscayen. Cette cicatrice de la dimension d’une pièce de cinq francs et qui, à sa surface, présente un léger suintement, nous a paru évidemment récente et occasionnée par un corps orbe et contendant. Le susdit dénommé affirme que des témoins dignes de foi certifieront la véracité des faits qu’il énonce. Pour nous, nous attestons que nous n’avons jamais donné aucun soin à cet homme ni pour cette blessure ni pour aucune autre maladie. Nous attestons aussi que généralement il est estimé et jouit d’une bonne réputation. » Signé, le 23 mars 1831 : Rigaud, médecin, demeurant à Clichy-la-Garenne. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 25 mars 1831, devant le maire de Clichy, comparurent : Pierre, Alexandre, cultivateur, demeurant à Clichy, qui déclara « avoir vu le 29 juillet 1830 de midi à 1 heure entre la porte Maillot et Sablonville, en face de la gendarmerie, le nommé François Pavy, garçon roulier-voiturier, âgé de quarante ans, habitant de Clichy, armé d’un fusil au moment où un boulet de canon, en ricochant, lui frotta la jambe gauche et le renversa parterre. Le déclarant, qui le reconnut, voulut le ramener à Clichy mais François Pavy ne voulut pas y consentir et, se relevant au même instant et retournant vers l’endroit où était tombé son fusil, pour le reprendre, il manifestait vivement son mécontentement de ce que quelqu’un s’en était emparé et persista, quoique sans arme, à rester parmi les combattants ». Comparut ensuite Ledié, Nicolas, bourrelier, demeurant avenue de Clichy aux Batignolles, déclara « avoir vu le 29 juillet 1830, en midi et 1 heure, près la caserne des gendarmes à Sablonville, François Pavy, assis sur l’herbe, la jambe ensanglantée et bandant avec son mouchoir une blessure qui, disait-on, il venait de recevoir ». Comparut ensuite, Charpentier, Nicolas, François, gardien en juillet 1830 de la maison 8, route Royale à Sablonville, qui déclara « avoir vu le 29 juillet 1830, vers 1 heure après-midi, au moment où l’artillerie de la garde royale faisait feu à la porte Maillot François Pavy passer en boitant, devant sa porte, et se plaignant d’une blessure qu’il venait de recevoir ». Comparut ensuite Pirassé, Jean-Claude, cartonnier, pensionné de l’Etat, qui déclara « avoir rencontré le 29 juillet 4 heures après-midi François Pavy, longeant le parc de Neuilly, blessé à la jambe et à la main et ayant l’un et l’autre ensanglantées ». Comparurent ensuite Bonard, Louis, Azor, terrassier, demeurant 15, barrière de Courcelles à Courcelles, et Leleu, Gabriel, Antoine, marchand de vin, demeurant barrière de Courcelles sur le boulevard, maison Lesage, qui ont déclaré « avoir vu François Pavy le 29 juillet de midi à 1 heure entre la porte Maillot et la gendarmerie de Neuilly, armé d’un fusil et boitant d’une blessure qu’il avait à la jambe gauche, et il a persisté à rester parmi les combattants malgré sa blessure, dont le sang coulait avec abondance ; il a refusé de donner son fusil au déclarant et ce n’est que lorsqu’il n’a plus pu marcher qu’il l’a perdu ». Comparut enfin Beaugrand, marchand de vin, demeurant à l’angle de la route de la Révolte et celle d’Asnières, qui déclara « avoir vu le 29 juillet 1830 à environ 4 heures de l’après-midi François Pavy, revenant du côté de Sablonville, portant une fourniture de garde royal et ayant deux blessures, une à la main et l’autre à la jambe gauche, et la femme du déclarant lui a donné du linge pour les panser ». Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (sous le nom de Pavye, Nicolas, François, Maurice sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il reçut, à titre de blessé, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1830, il était marié, sa femme toujours malade, et père de deux enfants, dont l’un était infirme. Le maire de Clichy le recommanda « vivement », en date du 26 mars 1831, auprès d’un colonel (non identifié), pour avoir « montré beaucoup de courage et de résolution » dans les combats de Juillet, et comme empêché de continuer son état du fait de la blessure qu’il avait reçue. Il demeurait Grande-Rue de Paris à Clichy-la-Garenne en 1831, résidant depuis vingt ans dans cette commune. Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Pavye, Nicolas, François, Maurice) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe.