Payre, Jean-Baptiste

Biographie


Né vers 1807. Frère de Payre, Etienne (voir ce nom). Les deux frères adressèrent ensemble au roi une demande de secours, ainsi rédigée : « […] Permettez, Sire, que deux frères, qui s’honorent d’avoir pris une des parts les plus actives aux glorieux combats à la suite desquels ils eurent le bonheur de vous avoir pour roi, viennent avec la plus haute confiance vous exposer leurs peines et vous supplier d’y apporter un adoucissement. Jusqu’à ce jour, Sire, nous espérions suffire à nos besoins par le travail ; c’était là notre seule ambition mais, depuis quelques mois, il nous manque entièrement, ce qui nous place dans la plus fâcheuse position. Notre père a soixante-quinze ans et est infirme, notre mère, d’une faible santé, ne peut se livrer qu’à de légers travaux, ce qui fait que, malgré notre courage et notre force d’âme nous ne pouvons parvenir à subvenir à notre existence. » « Nous, soussignés, habitants du Faubourg du Roule, certifions qu’il est à notre connaissance pleine et entière que le nommé Jean-Baptiste Paire (sic), âgé de vingt-trois ans, a combattu avec le plus grand courage lors de l’attaque des écuries du roi, qu’après la reddition de ce poste important, par un dévouement rare, deux de ses infortunés camarades ayant succombé à la porte même de la maison qu’il habitait, il se refusa constamment à l’invitation réitérée de sa propre mère qui le pressait de rentrer pour se dérober au danger imminent qui le menaçait et que loin d’aller chercher au milieu de sa famille un asile contre la mort presque certaine qui l’attendait, on le vit, à l’exemple de son frère, Etienne, se rendre avec empressement sur l’avenue de Neuilly, où, secondant les efforts dudit Etienne, il s’empara d’un canon après avoir dispersé un détachement ennemi et conduisit cette pièce en triomphe au domicile du général Lafayette, où son nom fut inscrit. Jean-Baptiste Paire, aussi brave et aussi modeste que son frère, s’est comme lui abstenu de rien demander jusqu’à ce jour mais, privé d’ouvrage comme Etienne et l’un des soutiens d’un père septuagénaire et infirme, nous nous faisons une satisfaction, dans l’espoir d’adoucir sa position pénible, de rendre hommage à sa belle conduite, méritant sous tous les rapports la protection de l’autorité et la bienveillance de notre aimé monarque. » Signé, le 20 mai 1831 : Vinet ; Hochu ; Loborot illisible ; Thiebaut ; Godart, demeurant 27, rue du Faubourg-du-Roule. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait 37, rue du Faubourg-du-Roule en 1830. Archives de Paris VK3 50.

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