Pécatier, François-Xavier, Albert

Biographie


Né le 3 juillet 1810 à Sélestat (Bas-Rhin). Serrurier-mécanicien. Il était porteur des certificats suivants : « Nous, soussignés, certifions avoir vu pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet M. Albert Pécatier de Sélestat, département du Bas-Rhin, ouvrier serrurier-mécanicien, demeurant 34, rue des Prouvaires à Paris, marcher toujours à la tête de ses concitoyens dans les attaques des rues Saint-Honoré, Four-Saint-Honoré, Prouvaires et autres adjacentes. » Signé : Pinard, demeurant 47, rue du Four ; Bourguignou illisible, demeurant 41, rue du Four-Saint-Honoré ; Dulacq illisible, teinturier, demeurant 43, rue du Four-Saint-Honoré ; Renkin illisible, demeurant 34, rue des Prouvaires ; Lacroix, demeurant rue et hôtel du Jour. Un autre certificat attestait que « M. Pécatier, avec un fusil emprunté, a tué dans la rue des Prouvaires un officier et deux soldats suisses, dont il a pris les armes pour se battre ». Signé : Gamaré, demeurant rue du Four-Saint-Honoré ; Creton, arquebusier, demeurant 8, rue de Sartine ; Geur… illisible, demeurant 43, rue du Four-Saint-Honoré ; Viaud, Joseph, demeurant 3…, rue du Four-Saint-Honoré. Un autre certificat attestait « que M. Pécatier est monté, le premier, à l’assaut dans la maison de la rue Saint-Honoré à l’enseigne de Jeanne d’Arc, où une compagnie du 5e régiment de la garde royale s’était retirée et faisait feu sur le peuple ; qu’il y a désarmé et fait prisonnier le nommé Joseph Conte de Vernon, soldat dudit régiment 6e compagnie ; qu’au péril de sa vie, il a sauvé celle de son prisonnier, que le peuple voulait massacrer avec tant d’autres à cause de la résistance qu’avait offerte ladite compagnie ; qu’il l’a conduit dans une maison de la rue Lévêque, où pendant trois jours on lui a donné l’hospitalité et les soins qu’exigeait une blessure qu’il avait au pied. » Signé : Hardoin (sic) fils, ébéniste, demeurant 19, rue de Lévêque ; Hardouin (sic) père, demeurant 14, rue de Lévêque ; illisible, propriétaire, demeurant 20, rue de Lévêque ; Bellavoine, marchand de vins, demeurant 13, rue de Lévêque ; Delpech, marchant boulanger, demeurant 8, rue de Lévêque. Un dernier certificat attestait « que Pécatier a arboré le drapeau tricolore au Louvre, sur le balcon de la façade du côté du pont des Arts, immédiatement après l’attaque et la prise de ce château, où il a pénétré un des premiers ». Signé : Saurier, demeurant 34, rue des Prouvaires ; Lefevre, Pierre, Alexis (voir ce nom), demeurant 34, rue des Prouvaires ; Jouanne, Jean-Pierre, Louis (voir ce nom), demeurant 34, rue des Prouvaires. Un dernier certificat, signé de Barbé, Henri et Barbé, Napoléon, attestait qu’il s’était trouvé à l’expédition de Rambouillet. Defrémicourt, adjoint à la Commission des récompenses nationales pour le ancien) IVe arrondissement, apostillait les certificats de l’observation suivante : « J’ai vu tous les signataires du présent certificat, m’étant transporté à leurs domiciles. Ils se sont tous reconnus comme signataire et m’ont répété de vive voix les faits énoncés. Je me suis rendu en outre à des domiciles des rue du Four et des Prouvaires, j’ai trouvé des personnes qui ont vu combattre Pécatier et qui m’ont confirmé les faits écrits. Pécatier a été remarqué parce qu’avec son accoutrement bourgeois, il portait un bonnet de garde national. » Pécatier reçut (sous le nom de Pecatier, Albert), comme blessé, cent soixante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Pécatier, Albert sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 18 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était célibataire. En 1844, ayant jusque-là « toujours su pourvoir par son travail à ses besoins et à ceux de sa famille », il sollicita un secours « par suite d’une chute qu’il a eu le malheur de faire, il y a quelque temps d’un premier étage sur le pavé » et qui le laissa « malade et dans la position la plus malheureuse ». La police donna alors sur son compte les renseignements suivants : « Ouvrier sculpteur […], marié, sans enfant. Cet individu est dans un dénuement complet, par suite d’une maladie de sa femme et d’une chute grave qui l’a retenu fort longtemps au lit. Il est digne d’intérêt. » Il reçut cinquante francs de secours. En 1849, « sans place depuis quinze mois avec une femme presque toujours malade et ayant conservé un octogénaire alité pendant cinq longues années et mort il y a trois semaines, […] », ses vêtements et son mobilier au mont-de-piété, devant deux termes et demi de loyer, il sollicita de nouveau un secours. La même administration rapporta à son sujet : « Ex-correcteur de la Réforme. […] Par orgueil, il a empêché sa femme de continuer son travail de demoiselle de magasin. Leur intérieur, leur régime de vie décèlent une modeste aisance à laquelle la désertion faite au travail ne fournit plus autant et c’est pour ne connaître aucune privation qu’il solliciterait un secours d’argent. » Il obtint de nouveau cinquante francs, à titre de médaillé de Juillet. En 1851, « depuis longtemps sans emploi, n’ayant pour vivre […] que la faible rétribution attachée au dépôt de lait [qu’il tient avec sa femme, N.D.A.], faubourg Saint-Denis, n° 48, au compte d’un entrepreneur, atteint depuis quelque temps, pour comble d’infortune, de douleurs qui parfois paralysent toutes [ses] forces », il sollicita un nouveau secours et obtint soixante francs. Il demeurait 29, rue Saint-Honoré en 1830 (et aussi en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 A) ; 34, rue des Prouvaires en 1830 ; 41, rue du Four-Saint-Honoré en 1831 (in Archives de Paris VD6 278 on trouve ladresse 34, rue des Prouvaires et en apostille 41, rue du Four-Saint-Honoré, où il devait avoir déménagé) ; 30, rue de Bellefond en 1844 ; 131, faubourg Saint-Denis en 1849 ; 48, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1851. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.

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