Pélège, Claude, François

Biographie


Né le 14 avril 1794 (le 14 avril 1774 in Archives de Paris VD6 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) à Paris. Soldat sous l’Empire, blessé à Leipzig. Maître maçon ou entrepreneur. Dès décembre 1824, il sollicita la décoration de la Légion d’honneur, pour plusieurs actes de bravoure, et, ceux-ci s’accumulant, il continua de la solliciter jusqu’en 1827. Ainsi, en 1812, alors qu’il passait sur le Pont-Neuf à 5 heures du matin il avait sauvé de la noyade une femme qui par désespoir s’était jetée dans la Seine (les journaux, écrivit-il, se firent l’écho de son acte de bravoure). En 1818 lors de l’effrayant incendie du Théâtre de l’Odéon, il sauva des flammes une femme logée dans les combles, qu’il transporta sur son dos par une échelle et qu’il déposa en sécurité, au milieu des acclamations du peuple et de quelques personnages de haut rang, dont le duc de Berry, qui, assurait-il, lui avait promis la décoration pour son acte de courage. « Les journaux de l’époque, 20 mars 1818, des ouvrages consacrés à l’éducation de la jeunesse ont donné sur mon acte de courage, de dévouement et d’humanité des détails honorables », précisait-il. En 1825, « sujet fidèle et zélé, il vient de s’habiller pour figurer plus dignement dans les rangs de la garde nationale. Cette dépense bien forte pour un simple ouvrier maçon n’a point arrêté son ambition de bien faire », ajoutait-il. Et effectivement, il continua de se distinguer, par son courage : lors de l’incendie du clocher de la Sorbonne et de l’échafaudage qui l’entourait, le 23 mai 1826 ; lors de l’incendie de la rue des Boucheries-Saint-Germain, le 14 octobre ou 14 novembre 1826, à 9 heures du soir, où il contribua à arrêter l’incendie qui éclata chez Tabourich Nadal, marchand chapelier, et mérita les félicitations du commissaire de police ; à l’incendie du 5 ou 7 octobre 1827, 5, rue du Paon ou impasse du Paon, où il descendit dans une cave pour permettre aux pompiers de mettre en marche les pompes, et fut retiré de cette cave asphyxié et sans connaissance. Ces différents actes de courage lui valurent, le 16 février 1827, une médaille d’argent. Le certificat suivant attestait sa conduite pendant les journées de Juillet : « Nous, soussignés, habitants de Paris, certifions que le sieur Pélège, maître maçon, demeurant rue de l’Ecole-de-Médecine n° 15, a donné des preuves incontestables de dévouement et d’intrépidité dans les journées mémorables de juillet dernier, notamment le 29. Nous attestons que ce brave citoyen étant parvenu à se procurer un fusil dès 5 heures du matin, se réunit au rassemblement de la place du Palais-Royal et de la rue Saint-Honoré, que les troupes assaillaient déjà, que vers 6 heures il proposa aux citoyens d’élever des barricades ; non seulement il dirigea ce travail mais encore il travailla lui-même avec une activité inconcevable ; ensuite aidé de quelques citoyens, il défendit ces mêmes barricades pendant les premières heures de la journée et mit beaucoup de soldats hors de combat par la précision de ses feux. Jugeant ensuite que la place du Palais-Royal avait besoin de prompts secours, il réunit sous son commandement (comme ancien militaire) dix de ses braves compatriotes armés et fit avec eux un feu tellement nourri et soutenu qu’il arrêta les progrès des troupes et fit cesser le feu de la pièce de canon placée à l’entrée de la rue de Richelieu, laquelle tomba entre les mains des défenseurs de la liberté. Enfin, dans ses diverses manœuvres, le sieur Pélège a été en continuelle activité jusqu’à 3 heures après-midi et lorsqu’il a été certain qu’il n’avait aucun danger à courir pour ses compatriotes. » Signé, le 30 juillet 1830 (sic) : manquent les signatures... Il était porteur de plusieurs autres certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir prêté au sieur Pélège une arme, le 29 juillet à 5 heures du matin jusqu’à 4 heures du soir et la manière qu’il s’en est servie est au-dessus de tout éloge. » Signé : Jullien, marchand de vin, demeurant 7, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; suivaient les signatures de : Potel ; Lamouroux, demeurant 3, rue Saint-Honoré ; Blenard, demeurant 158, rue Saint-Honoré . Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste sur l’honneur avoir vu le sieur Pélège pendant toute la matinée du 29 juillet faire feu sur la troupe postée sur la place du Palais-Royal, retranché comme nous, et au milieu, derrière la barricade que nous avions formée rue Saint-Honoré, en face celle des Petits-Champs, où je demeure n° 15. Nous le remarquâmes surtout à son sang-froid, à la précision de ses coups qui descendirent plusieurs de nos ennemis, et au signe honorable qu’il portait à la boutonnière ». Signé, le 11 septembre 1831 : Guerpin, demeurant 15, rue des Petits-Champs. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « M. Pélège, maître maçon, s’est conduit avec un courage remarquable le 29 juillet dernier. » Signé, le 11 septembre 1831 : Gosselin (voir Gosselin, Edouard, Benjamin), « membre de la Commission chargée de recueillir les faits honorables dans le (ancien) IVe arrondissement », demeurant 171, rue Saint-Honoré (sic) ; suivait la signature de Emery, demeurant 9, rue des Petits-Champs. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, reconnaissons nous être trouvés sous les ordres de M. Pélège, que nous avions reconnu pour notre chef. » Signé : Brunebarbe (voir ce nom), demeurant 122, marché Saint-Honoré ; Cosson, Jean-Yves (voir ce nom), caporal de voltigeurs au 26e de ligne, demeurant 11, rue Terrasse. Il est répertorié (sous le numéro 1235) dans la liste des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous les prénoms de Claude, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, comme « commissaire du (ancien) XIe arrondissement pour les réclamations des récompenses nationales », le 15 août 1831, le certificat suivant en faveur de Ligné, Charles, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, combattants de juillet 1830, certifions à qui de droit que le sieur Ligné, Charles, demeurant rue du Paon n° 8, faubourg Saint-Germain, s’est distingué dans les mémorables journées de notre révolution et principalement dans celles des 28 et 29. Le 28, il est allé à l’Hôtel de ville, il a pris part au combat qui s’est engagé entre la garde royale, l’artillerie et les citoyens. Il se distingua dans cette affaire par son courage. Le soir, forcé d’abandonner l’Hôtel de ville, il s’est joint à ses camarades et se sont dirigés sur le pont des Arts, où il contribua de tous ses efforts au combat de l’Institut. Le 29 au matin, il s’est dirigé vers la rue de la Monnaie et avec assez de peine il est parvenu à arriver sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, où il se distingua en se battant contre la troupe jusqu’à la prise du Louvre. Ayant appris qu’il existait encore de la résistance à la caserne de Babylone, il s’y est transporté et a pris part au combat jusqu’à la prise de cette caserne, où il entra un des premiers. Ayant été remarqué par son courage et comme ancien militaire par son adresse, les combattants soussignés lui donnèrent leur confiance pour la distribution des armes dans cet endroit. » Il ajoutait que Ligné « était un des plus braves combattants de notre arrondissement dans les journées de Juillet ». Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. En juillet 1831, sans ouvrage depuis la révolution, « dans un grand besoin, ayant trois enfants à charge et une femme prête à accoucher », il sollicita un secours. Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (il est bien indiqué comme du (ancien) XIe arrondissement sur les listes d’émargement de la mairie). En 1840, il sollicita un secours, à la suite de l’état d’indigence où l’avait plongé une grave brûlure à la main droite, alors que, membre d’une société de sauvetage, il avait tenté d’arrêter un incendie. La police avait donné en 1837 sur son compte les renseignements suivants : « Veuf, père de quatre enfants. Il est ouvrier maçon, mais il ne peut travailler ayant eu un bras cassé en sauvant la vie à plusieurs personnes dans divers incendies. On donne les meilleurs renseignements sur cet homme, dont la position est digne d’intérêt. Il doit trois termes à son propriétaire. » Il toucha quarante francs de secours en 1838, vingt francs en 1839, quarante francs en 1840. En 1841, la même administration renseignait : « Cet homme étant d’une mauvaise santé, travaille peu. Sa position n’est point heureuse. Il passe pour être fort tranquille. » Il toucha quarante francs de secours en 1841, soixante-cinq francs en 1842, vingt-cinq francs en 1843, quarante francs en 1844, quarante francs en 1845, vingt-cinq francs en 1846, quarante francs en 1847. Il signa, le 2 mars 1848 et comme décoré de Juillet et membre de la Société de sauvetage, demeurant 26, bd du Montparnasse, le certificat suivant en faveur de Menu, Louis, Nicolas, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Je, soussigné, déclare avoir vu le nommé Menu à la sortie de la prise du Louvre, le 29 juillet 1830, ayant son fusil cassé à l’endroit de la batterie et la crosse en main. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849. Cette année-là, à l’occasion d’une demande de secours, il précisa qu’il avait été « proposé pour la décoration de la Légion d’honneur et privé, par suite des événements de Février, de cent cinquante francs de pension de la Chambre des pairs et de deux cents francs de la cassette du roi déchu ». Toujours selon la même administration, en 1850 : « Le sieur Pélège est plongé dans une misère affreuse. Sans travail depuis longtemps, il est dénué de tout même de vêtements. Il est arriéré de trois termes envers son propriétaire. […] Sa conduite est irréprochable. » Cette année-là, il ne se présenta pas pour toucher les cinquante francs qui lui avaient été accordés, à titre de médaillé de Juillet. Il était porteur de trois médailles de sauvetage. Il demeurait 29, rue de l’Ecole-de-Médecine en 1824-1825 ; 25, rue du Four-Saint-Germain en 1827-1828 ; 15, rue de l’Ecole-de-Médecine en 1828-1833 ; 74, rue du Four en 1834-1836 (attention il y a peut-être confusion avec Marin, Marie, Benoît, le suivant sur la liste in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements) (28, rue des Noyers à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements) ; 5, rue Carpentier dans le faubourg Saint-Germain en 1840 ; 128, rue de Sèvres en 1845 ; 26 bis, bd du Montparnasse, ruelle des Epinettes en 1847-1848 (mais 26, bd du Montparnasse in Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Menu, Louis, Nicolas) ; 3, rue du Cœur-Volant en 1848 ; 9, rue Grégoire-de-Tours en 1849-1850. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie, idem Médailles retirées, idem liste de MM. les décorés de Juillet qui avaient déposé leurs brevets à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et auxquels ils ont été rendus ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, liste des décorés de la médaille de Juillet, présumés à habiller ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 1235) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VI1 1, liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833, idem Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 22 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (où le ministère de l’Intérieur indique faire parvenir deux pièces le concernant à la Commission des récompenses nationales) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/1dIV/P/3 Récompenses honorifiques ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Pelège, François), idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126 ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Ligné, Charles ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Menu, Louis, Nicolas. Il nest pas dans la base Leonore de la Légion dhonneur.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.