Pellegrini, Joseph

Biographie


Né en novembre 1801 à Chambéry (Savoie). Avocat. Sa participation aux combats était rapportée ainsi par les journaux : « Parmi les citoyens qui se sont signalés dans la journée du 29, on cite M. Pellegrini, avocat, qui s’est élancé au milieu des balles pour s’emparer du bonnet d’un garde royal qu’il venait de frapper mortellement dans la rue Saint-Honoré. Ce jeune citoyen, que l’on a vu constamment au poste de l’honneur, a compté 150 francs à M. Beaudoin, marchand de vin, rue Traversière, pour les fournitures faites sous ses yeux dans la même journée. » (LEcho français du 6 août 1830 le dit atteint par une balle à la cuisse et soigné par le docteur Dubouchet). Dans leur ouvrage, Rossignol et Pharaon relataient ainsi sa participation aux combats : « Parmi les étrangers qui se sont signalés par leur bravoure dans la défense de nos libertés, nous citerons M. Joseph Pellegrini, avocat, rue Rameau, n° 7, qui est venu à Paris par suite de la révolution piémontaise. C’est lui qui, dans la journée du 28 juillet, a excité les habitants de son quartier à construire les barricades de la rue Rameau, avec les matériaux destinés au monument du duc de Berry. Dans la journée du 29, il s’est porté sur les points menacés, et est revenu combattre pendant neuf heures dans la rue Saint-Honoré, près le Palais-Royal. On l’a vu s’élancer au milieu des balles pour s’emparer du bonnet d’un garde royal qu’il venait de frapper mortellement à l’angle de la rue Richelieu. Les faits peuvent être attestés par M. Baudoin, marchand de vin, rue Traversière-Saint-Honoré, n° 5 ; Dubouchet, docteur médecin, rue Basse-du-Rempart, n° 14, qui n’a cessé de donner des soins aux blessés ; M. Alfred Rey, rue d’Artois, n° 44 ; M. Moulin, dentiste, rue Richelieu, n° 18 ; et par beaucoup d’autres habitants du quartier du Palais-Royal. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, délivré par Hageau, Hippolyte, ancien élève de l’Ecole polytechnique, ex-officier d’artillerie, capitaine de la garde nationale, et ainsi rédigé : « M. Pellegrini, avocat, rue Rameau n° 7, s’est fait remarquer, dans nos mémorables journées de Juillet, par un courage, un zèle et une prudence, qui le rendent digne d’une récompense nationale. Le certificat que je joins à la présente vous attestera les services qu’il a rendus à la cause de la liberté. Je crois remplir un devoir en le signalant à votre attention et à la bienveillance du gouvernement. » Le deuxième : « Je, soussigné, affirme sur l’honneur que, jeudi 29 juillet, m’étant dirigé vers les Tuileries, je rencontrai, au bas de la rue des Frondeurs, au milieu d’un groupe de patriotes qu’il encourageait du geste et de la voix, M. Pellegrini, avocat, armé d’un fusil de chasse à deux coups ; qu’il me conduisit chez un marchand de vin où il avait déposé un bonnet à poil de grenadier de la garde royale qu’il venait de tuer, qu’il mit à ce bonnet une cocarde tricolore que je lui donnai. Je déclare que la belle conduite de M. Pellegrini excitait le plus vif enthousiasme parmi le peuple. » Signé, le 7 décembre 1830 : Santo Domingo, demeurant 30, rue Saint-Thomas-du-Louvre. Le troisième : « Nous, soussignés, habitants domiciliés à Paris, déclarons et certifions pour rendre hommage à la vérité, que, pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, M. Joseph Pellegrini, avocat à la cour royale de Paris, rue Rameau n° 7, s’est signalé de la manière la plus honorable et la plus glorieuse pour lui. Après avoir puissamment contribué à élever des barricades dans la rue Rameau, il s’est porté successivement sur différents points où les citoyens combattaient contre la troupe. Dans la journée décisive du 29, il est demeuré pendant près de neuf heures dans la rue Saint-Honoré près le Palais-Royal, exposé au feu de la garde royale cachée dans les maisons. Les soussignés l’ont vu s’élancer, au milieu des balles, pour s’emparer du bonnet d’un garde royal qu’il venait de frapper mortellement, et revenir à son poste, en agitant ce bonnet au bout de son fusil. Par ses pressantes sollicitations, il est parvenu à calmer l’irritation du peuple, qui voulait incendier les maisons de la rue Saint-Honoré voisines du Palais-Royal dans lesquelles la garde royale s’était réfugiée. Il a payé une partie des fournitures faites sous ses yeux dans la journée du 29. Enfin sa belle conduite dans ces jours de danger, son désintéressement, sa bravoure lui ont concilié l’estime et l’admiration de tous ceux qui l’ont vu, et le rendent digne d’une récompense nationale. » Signé, le 1er août 1830 : Baudoin, H., marchand de vins, demeurant 5, rue Traversière-Saint-Honoré ; Gardin… illisible, demeurant 87, Palais-Royal ; Moulin, demeurant 18, rue de Richelieu ; Rey, A., demeurant 44, rue d’Artois ; Hageau, Hippolyte, ancien élève de l’Ecole polytechnique, capitaine de la garde nationale, demeurant 4, rue Montholon ; Laporte, coutelier du duc d’Orléans, demeurant 20, rue des Filles-Saint-Thomas ; Basson, négociant, demeurant 19, rue Bergère ; Du Bouchet, médecin honoraire du duc de Condé, demeurant 14, rue Basse-du-Rempart. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Pelegrini, Joseph in Archives nationales F/1dIII/39 faire le changement ? et sous celui de Pelégrini, Joseph sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut naturalisé français, le 8 septembre 1830, par ordonnance royale. Il demeurait 7, rue Rameau en 1830-1831. Le Temps, 3 août 1830 ; Le Constitutionnel, 4 août 1830 ; LEcho français, 6 août 1830 (qui le dit atteint par une balle à la cuisse et soigné par le docteur Dubouchet) ; Histoire de la mémorable semaine de juillet 1830, avec les principaux traits de courage, de patriotisme et dhumanité qui ont brillé au milieu de ces grands événements, et un appendice de ce qui sest passé jusquà la proclamation de Louis-Philippe Ier, par Ch. Laumier, seconde édition, Paris, Blanchard, 1830, p. 156-157 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 112 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 314 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Bulletin des lois, IXe série, IIe partie, tome deuxième, n° 26 à 47, p. 679, ordonnance 2227, à Paris imprimerie royale, 1833. Voir la Gazette des tribunaux, 21 octobre 1857.

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