Pelleport, Adolphe

Biographie


Né à Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Avocat. Il participa dans la ville de Toulouse aux troubles qui agitèrent la ville en août 1830 et donnait le récit suivant de sa participation aux événements de Juillet : « Je me trouvai à Toulouse lors de l’apparition des ordonnances. Aussitôt je rassemblai mes amis, j’appelai la multitude aux armes et, le premier, je promenai dans la ville le drapeau tricolore. Je bravai avec mes camarades l’appareil menaçant des troupes de la garnison, que notre attitude et nos conseils parvinrent à neutraliser malgré les ordres du général Barbot, qui commanda le feu. Je bravai les défis des verdets encore dégoûtants des horreurs de la Restauration et j’essuyai les charges répétées de la gendarmerie ; je plantai le noble étendard sur les murs du Capitole. Le 3 août, les vengeances du peuple auraient souillé notre triomphe si l’ascendant que j’avais acquis par ma conduite sur les masses ne m’avait suffi pour les contenir. » Et aussi : « Je concourus à y faire triompher les couleurs nationales. Plus tard, j’employai l’influence que j’avais acquise sur les masses par mon dévouement et par mon courage pour maintenir l’ordre et la paix publique. » Selon, la Commission des récompenses nationales de la Haute-Garonne, il était « généralement cité parmi ceux qui se sont conduits avec le plus d’intrépidité et de patriotisme. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet, expliquant au sujet de la Commission des récompenses nationales : « Ces messieurs ayant deux poids deux balances, ont refusé de dire droit à ma demande. J’en appelle à votre décision, fort que je suis de votre indépendance et de votre justice. Combattant de Juillet, vous trouverez en moi un frère et, amis de la liberté, un défenseur actif et constant. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « La municipalité provisoire de Toulouse atteste que M. Adolphe Pelleport, avocat, natif de Saint-Gaudens, se trouvant accidentellement à Toulouse le 2 et le 3 août 1830, a coopéré très activement au mouvement patriotique qui eut lieu ; que dans ces journées M. Adolphe Pelleport se fit remarquer par son zèle ardent par ses discours et par ses actions ; que le 3 surtout, après avoir fait un appel à ses nombreux amis, il marchait à la tête du rassemblement parti du faubourg Saint-Etienne pour promener dans notre ville le premier drapeau tricolore qui parut dans cette journée ; que M. Pelleport était sur la place du Capitole lorsque la gendarmerie exécuta ses charges sur le drapeau tricolore et qu’il défendit avec une ferme intrépidité ce symbole de la liberté ; que dans la soirée de ce même jour M. Adolphe Pelleport employa l’influence que sa conduite et son dévouement lui avaient acquise sur les masses pour maintenir l’ordre et la paix publique. La municipalité se plaît à donner à M. Pelleport ce témoignage de sa reconnaissance. » Signé, le 21 septembre 1830 : Viguerie, Joseph, président. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Le maire de la ville de Saint-Gaudens, chef-lieu d’arrondissement, département de la Haute-Garonne, certifie que M. Pelleport, Guillaume, Joseph, Adolphe, Maxime, avocat, s’est toujours distingué par un attachement franc et sincère aux principes constitutionnels ; qu’il en a donné surtout des preuves pendant les élections dernières ; que c’est lui qui parcourut l’arrondissement de Saint-Gaudens pour stimuler le zèle des électeurs, les faire inscrire et surmonter les obstacles dont le gouvernement d’alors entourait l’exercice de leurs droits ; que ces démarches, qu’il ne cacha pas, lui attirèrent l’animadversion de l’autorité et qu’il était en butte à ses persécutions lorsque éclata notre dernière et glorieuse révolution ; qu’après avoir contribué à faire arborer à Toulouse le drapeau tricolore, il se rendit de suite à Saint-Gaudens et il contribua à faire reconnaître le nouveau gouvernement ; que son zèle le porta encore partout où quelque résistance pouvait être à craindre et que partout il se montra défenseur intrépide de nos institutions et ami sage et éclairé de l’ordre et de la paix. Certifie en outre que par sa conduite irréprochable, ses études fortes et ses lumières, il appartient à cette jeunesse éclairée sur laquelle se fonde l’espoir de la patrie et que l’estime public l’a associé à la haute considération dont jouit la famille distinguée à laquelle il appartient. » Signé le 18 septembre 1830 : Tartareau, maire de Saint-Gaudens. Il fit la même démarche de demande de la décoration devant la Commission des récompenses nationales de la préfecture de Haute-Garonne. Il demeurait 28, rue des Arcis en 1831 ; 4, rue de la Michodière en 1831. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Haute-Garonne ; Archives de la préfecture de police AA 406.

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