Pelvilain, Achille, Stanislas

Biographie


Né vers 1801 à Montargis (Loiret). La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « [Crétu] Garde national, de faction dans la rue d’Antin, a essuyé deux fois de suite le feu d’une compagnie de la ligne, sans bouger de son poste. Pressé par les instances d’une foule de citoyens de se retirer, il s’est écrié : “Non, je mourrai ici ; j’y resterai tant que je ne serai pas relevé.” Aussitôt, M. Pelvilain, sergent, commandant le poste de la mairie d’Antin, s’est élancé vers son brave camarade, qu’il a ramené avec lui jusqu’au bout de la rue de Choiseul, où un détachement de l’ex-garde royale les a faits prisonniers et conduits à la place Louis XV, pour y être fusillés. Mais le sergent Pelvilain, qui, dans la même journée, avait sauvé la vie à trois officiers supérieurs de l’état-major de la place, a été reconnu et a eu le bonheur, ainsi que son camarade, d’être sauvé par eux. Au moment de leur arrestation, ces deux braves gardes nationaux avaient été dépouillés de leurs armes et de leurs bonnets à poil. Nous sommes informés, que quelques citoyens du boulevard des Italiens on ont recueilles les débris. Nous les prions de les rapporter au bureau du National, qui s’empressera de les remettre aux propriétaires. » Il signa, le 15 décembre 1830, le certificat suivant en faveur de Mingot, Jean-Louis : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité qu’il est à notre connaissance que le tambour Mingot, Jean-Louis, demeurant rue des Boucheries-Saint-Honoré n° 2, s’est rendu le 28 juillet au matin rue d’Antin à la mairie du (ancien) IIe arrondissement, ayant apporté avec lui sa caisse ; qu’ensuite d’après la décision de M. Pelvilain, sergent, et de plusieurs autres gardes nationaux, il est parti avec eux dans une grande partie des rues de l’arrondissement, en y battant le rappel. A notre retour à la mairie, nous avons trouvé le 5e de la ligne en notre présence (sic). » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait la copie de plusieurs certificats à sa demande. La copie du premier certificat, ainsi rédigée : « Nous certifions que M. Pelvilain a été arrêté et fait prisonnier par la garde royale au coin du boulevard et de la rue de Choiseul, qu’il était en uniforme de sergent de la garde nationale, avec ses armes, qu’il fut frappé et maltraité par les soldats, qu’il fut dépouillé de son uniforme, que ses armes lui furent brisées, qu’ensuite il fut conduit à la place Louis XV par un nombreux détachement de troupes. M. Pelvilain montra le plus grand courage et cherchait, quoique prisonnier, à haranguer les soldats ; leur réponse était des coups et des mauvais traitements et nous attestons que ce fait s’est passé sous nos yeux le 28 juillet sur les 5 ou 6 heures du soir. Nous lui délivrons le présent pour rendre justice à son courage et à sa conduite. » Signé, le 10 août 1830 : Couturier, demeurant 19, bd des Italiens ; Colin fils ; Collin, marchand de glaces, demeurant 19, bd des Italiens ; Dugny ; Roux, demeurant 19, bd des Italiens. La copie du deuxième certificat, ainsi rédigée : « Nous avons vu le nommé Pelvilain, fait prisonnier. Nous doutions de son existence par les mauvais traitements dont il fut l’objet. » Signé : femme Lalement. La copie du troisième certificat, ainsi rédigée : « J’ai vu M. Pelvilain être arrêté par la garde royale. Il fut maltraité, ses habits et ses armes furent déchirés et brisées. Il montra le plus grand courage dans cette occasion et courut les plus grands périls. » Signé : Loth, demeurant 19, bd des Italiens. La copie du quatrième certificat, ainsi rédigée : « Nous, soussignés, certifions que M. Pelvilain a commandé le poste à la mairie d’Antin le 28 juillet 1830, qu’il a donné l’ordre au tambour Maingot de battre le rappel et la charge dans les rues de l’arrondissement, qu’il a accompagné le sieur Maingot dans cette démarche pour engager les citoyens à prendre les armes et à se joindre à lui. M. Pelvilain était armé et équipé et fit prisonnier un gendarme d’élite porteur d’ordonnance, le désarma et le mit à la disposition de M. le maire du (ancien) IIe arrondissement, après avoir consulté l’avis de ses compagnons d’armes. M. Pelvilain, dans cette journée, montra le plus grand courage et dirigea ses actions avec toute la sagesse et l’expérience qui lui donnent droit à notre estime à et à notre hommage. Il ne quitta son poste que lorsque les décharges multipliées du 5e de ligne dirigées sur lui et sur les factionnaires qu’il avait posés l’y forcèrent, n’étant pas en force de soutenir plus longtemps. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir ce que de droit et pour rendre hommage à sa conduite. » Signé, le 10 août 1830 : Michel, demeurant 19, marché Saint-Honoré ; Plé, demeurant 35, marché Saint-Honoré ; Thion aîné, demeurant 10, corderie Saint-Honoré ; Dumesnil, demeurant 32, marché Saint-Honoré ; Mallier, demeurant 14, marché Saint-Honoré ; Maingot (voir Mingot, Jean-Louis), tambour ; Jarnisson, n° 2 ; Buchot ; Saint-Augustin, 39 ; Corlain, demeurant 4, rue d’Antin ; Audry demeurant 4, rue d’Antin ; Binet, demeurant 3, impasse de la Corderie, marché des Jacobins ; Dillery, sergent, demeurant 30, rue Neuve-Saint-Augustin ; Fraumont, grenadier, demeurant 2, rue d’Antin. La copie du cinquième certificat, ainsi rédigée : « Nous, soussignés, certifions que M. Pelvilain, demeurant rue de Gramont n° 8, est sorti de chez lui, le mercredi 28 juillet 1830, en uniforme de sergent de la garde nationale, avec son sabre, son fusil et des cartouches, qu’il s’est porté dans les endroits où le combat existait, qu’il est rentré chez lui le même jour sur les 6 heures du soir, après avoir été dépouillé de son uniforme et de ses armes, ayant été fait prisonnier par la garde royale. Nous certifions qu’aussitôt il est ressorti pour retourner se battre. Le lendemain, jeudi matin, il recommença et ne revint chez lui que lorsque les hostilités eurent cessé. Que, de retour, il s’occupa pendant la soirée à construire des barricades et qu’il arrêta un courrier déguisé, porteur de dépêches importantes et le conduisit chez M. Laffitte avec le sieur Philippe, son voisin. La conduite de M. Pelvilain est bien digne de tout éloge et nous croyons devoir, pour rendre hommage à son courage, lui délivrer le présent. » Signé, le 10 août 1830 : Pugaullière, ou Pigauleaux ou Pigault illisible, demeurant rue Gramont ; Charles, demeurant 4, rue Gramont ; Pradel, demeurant 14, rue Gramont ; Philippe, demeurant 8, rue Gramont ; Nouton ou Mouton, demeurant 10, rue Gramont ; Binet ; Combe, demeurant 8, rue Gramont ; Onlendory, ou Uhlendorf, ou Uslendory, demeurant 8, rue Gramont. Il ajoutait enfin la copie d’une lettre qui avait accompagné le cadeau qu’il avait reçu de la part de sa compagnie de la garde nationale. Cette lettre était ainsi rédigée : « Monsieur et cher camarade, étant informés que par la suite de votre zèle et de votre courageux dévouement, vous avez été l’un des premiers citoyens du quartier qui ont personnellement résisté aux efforts des troupes royales dans les glorieuses et mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, que dans l’un des engagements qui eurent lieu vous fûtes fait prisonnier et dépouillé de vos armes et de votre équipement de la garde nationale, pour vous donner un témoignage de l’appréciation de votre belle conduite en cette circonstance, monsieur, les officiers de votre compagnie se sont fait un plaisir de vous offrir un sabre au nom de tous nos camarades, à titre de souvenir, d’estime et d’affection. Nous vous prions d’agréer cet hommage et nos toutes cordiales salutations. » Signé, le 29 août 1830 : Milan, L. ; Ratural ou Patural ; Geoffroy de la Jonquière ; Champeaux, E. ; Galle, lieutenant ; Bouchon, L. ; Pépin ; Lehalleur. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies (déjà citées plus haut) : « La copie, sur ce recueil de faits, des pièces qui attestent la conduite comme combattant du sieur Pelvilain, les mauvais traitements qu’il a éprouvés et toutes choses enfin qui devaient le dégoûter et qui chez lui ont produit un effet contraire, la voilà : “Nous certifions que M. Pelvilain a été arrêté et fait prisonnier par la garde royale au coin du boulevard et de la rue de Choiseul, qu’il était en uniforme de sergent de la garde nationale, avec ses armes, qu’il fut frappé et maltraité par les soldats, qu’il fut dépouillé de son uniforme, que ses armes lui furent brisées, qu’ensuite il fut conduit à la place Louis XV par un nombreux détachement de troupes. M. Pelvilain montra le plus grand courage et cherchait, quoique prisonnier, à haranguer les soldats ; leur réponse était des coups et des mauvais traitements et nous attestons que ce fait s’est passé sous nos yeux le 28 juillet sur les 5 ou 6 heures du soir. Nous lui délivrons le présent pour rendre justice à son courage et à sa conduite. Paris, le 10 août 1830. Signé : Couturier, bd des Italiens n° 19 ; Colin fils ; Collin, bd des Italiens n° 19, marchand de glaces ; Dugny ; Roux, bd des Italiens n° 19.” “Nous avons vu le nommé Pelvilain, fait prisonnier. Nous doutions de son existence par les mauvais traitements dont il fut l’objet. Signé : femme Lalement.” “J’ai vu M. Pelvilain être arrêté par la garde royale. Il fut maltraité, ses habits et ses armes furent déchirés et brisées. Il montra le plus grand courage dans cette occasion et courut les plus grands périls. Signé : Loth, bd des Italiens n° 19. Vu au bureau de police du quartier Feydeau pour légalisation des signatures Lalement, Loth, Couturier, Roux, Collin apposées ci-dessus et d’autre part, paris, le 8 juin 1831, le commissaire de police Droite.” “Nous, soussignés, certifions que M. Pelvilain a commandé le poste à la mairie d’Antin le 28 juillet 1830, qu’il a donné l’ordre au tambour Maingot de battre le rappel et la charge dans les rues de l’arrondissement, qu’il a accompagné le sieur Maingot dans cette démarche pour engager les citoyens à prendre les armes et à se joindre à lui. M. Pelvilain était armé et équipé et fit prisonnier un gendarme d’élite porteur d’ordonnance, le désarma et le mit à la disposition de M. le maire du (ancien) IIe arrondissement, après avoir consulté l’avis de ses compagnons d’armes. M. Pelvilain, dans cette journée, montra le plus grand courage et dirigea ses actions avec toute la sagesse et l’expérience qui lui donnent droit à notre estime à et à notre hommage. Il ne quitta son poste que lorsque les décharges multipliées du 5e de ligne dirigées sur lui et sur les factionnaires qu’il avait posés les forcèrent, n’étant pas en force de soutenir plus longtemps. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir ce que de droit et pour rendre hommage à sa conduite. Paris, le 10 août 1830, signé : Michel, marché Saint-Honoré, n° 19 ; Plé, marché Saint-Honoré, n° 35 ; Thion aîné, corderie Saint-Honoré, n° 10 ; Dumesnil, marché Saint-Honoré, n° 32 ; Mallier, marché Saint-Honoré ; Maingot, tambour ; Jarnisson, n° 2 ; Buchot ; Saint-Augustin, 39 ; Corlain Dantin, n° 4 ; Audry d’Antin n° 4 ; Binet, impasse de la Corderie-des-Jacobins ; Dillery, sergent, rue Neuve-Saint-Augustin, n° 30 ; Fraumont, grenadier, rue d’Antin, n° 2 […].” “Nous, soussignés, certifions que M. Pelvilain, demeurant rue de Gramont n° 8, est sorti de chez lui, le mercredi 28 juillet 1830, en uniforme de sergent de la garde nationale, avec son sabre, son fusil et des cartouches, qu’il s’est porté dans les endroits où le combat existait, qu’il est rentré chez lui le même jour sur les 6 heures du soir, après avoir été dépouillé de son uniforme et de ses armes, ayant été fait prisonnier par la garde royale. Nous certifions qu’aussitôt il est ressorti pour retourner se battre. Le lendemain, jeudi matin, il recommença et ne revint chez lui que lorsque les hostilités eurent cessé. Que, de retour, il s’occupa pendant la soirée à construire des barricades et qu’il arrêta un courrier déguisé, porteur de dépêches importantes et le conduisit chez M. Laffitte avec le sieur Philippe, son voisin. La conduite de M. Pelvilain est bien digne de tout éloge et nous croyons devoir, pour rendre hommage à son courage, lui délivrer le présent. Paris, le 10 août 1830. Signé : Pugaullière ou Pigault illisible, rue Gramont ; Charles, rue Gramont n° 4 ; Pradel, rue Gramont n° 14 ; Philippe, rue Gramont n° 8 ; Nouton ou Mouton, rue Gramont n° 10 ; Binet ; Combe, rue Gramont n° 8 ; Onlendory ou Uslendory, rue Gramont n° 8” Autre pièce : Monsieur et cher camarade, ici est question d’un sabre d’honneur que lui donnent des gardes nationaux. N’a rien obtenu. » Mezerette, René, François, dans les démarches qu’il entreprit auprès de la Commission des Réclamants citait son nom comme commissaire de (ancien) IIe arrondissement et auquel on pouvait demander des renseignements sur sa conduite et sur ses antécédents. Pelvilain était une personne indiquée comme pouvant donner les renseignements nécessaires sur la conduite de Villenave, Bertrand (voir ce nom), lui aussi arrêté et fait prisonnier par la garde royale au début des combats. En date du 23 juillet 1831, un rapport particulier de la préfecture de police le signalait comme un de ceux qui avaient participé à l’agitation dans les représentations du Voyage de la liberté au Théâtre des nouveautés, au cours de laquelle le public de la deuxième galerie avait saisi toutes les occasions de désapprouver la marche nouvelle des événements et le rapport ajoutait : « C’est ce dernier qui est à la tête et qui doit diriger les vingt individus chargés d’arrêter le roi au bois de Boulogne. » Il fut arrêté pour raison politique en 1833. Il fut arrêté et inculpé de complicité dans l’attentat du 15 mai 1848. Il fut saisi, lors d’une perquisition à son domicile, une statuette en plâtre de Robespierre, deux cartes d’admission de Pelvilain aux clubs du Marais et Saint-Leu, des papiers, manuscrits, des imprimés, et un fusil de munition avec sa baïonnette. Aux questions du juge d’instruction sur l’emploi de son temps dans la journée du 15 mai, il répondit : « Comme tous les jours, je me suis promené ; je suis allé sur les boulevards, sur la place de la Concorde, mais je ne suis pas entré dans l’Assemblée nationale. Je ne suis pas allé à l’Hôtel de ville. – Pourquoi Mme Pelvilain, lorsqu’on s’est présenté chez vous, a-t-elle dit que vous étiez en voyage ? – Quand j’ai appris qu’on faisait des arrestations et que je savais qu’on avait remis en place des agents qui ne m’avaient jamais aimé, je me doutais que l’on viendrait chez moi. – N’avez-vous jamais rien fait qui justifiait ces craintes ? – Depuis deux mois, j’ai constamment fait mon service pour maintenir l’ordre. Si l’on m’a arrêté, c’est probablement parce que j’appartiens au Club central de la Société républicaine. » En 1848, il était garde général adjoint à Senart. Il était marié et sans enfant. Il demeurait 8, rue de Gramont en 1830 ; 13, rue de Beaune en 1831 ; 8, rue du Jardinet, au fond de la cour, un appartement de trois pièces au premier étage, en 1848. Le National, 2 août 1830 ; Révolution française ou journées sanglantes des 27, 28 et 29 juillet 1830, César Gardeton, Paris, Chassaignon 1830, p. 19-20. Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 112 ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chatelet, Charles, Casimir (où ce dernier adresse par son intermédiaire de Commissaire, une réclamation à la Commission) ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Mingot, Jean-Louis ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives nationales F/1cI/33 ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives nationales W//571, dossier 29 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mezerette, René, François ; Archives de la préfecture de police AA 406 ; Archives de la préfecture de police AA 417 in dossier Villenave, Bertrand. Cest sans doute lui dont il est question dans Archives de la préfecture de police AA 389 in dossier Gigout, Frédéric quand on invoque un Pelvilain qui peut donner des renseignements sur Gigout…

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