Penicaud, Edouard
Biographie
Né vers 1812. Lancier au 5e escadron du 3e régiment de chasseurs en 1830. Il donna, le 10 décembre 1831, le récit suivant de sa participation aux journées de Juillet dans la ville de Limoges : « Edouard Penicaud, lancier au 5e escadron du 3e régiment de chasseurs à cheval, en garnison présentement à Fontainebleau, croit de son honneur de vous exposer la conduite qu’il a tenue à Limoges, dans les journées de juillet et août 1830, ainsi afin que, dans votre sagesse et votre équité, vous décidiez sur l’appréciation des faits qui suivent et d’après les preuves et renseignements qu’ils vous mettra à même de recueillir si vous le jugez digne de la Croix de Juillet, pour laquelle il est prêt à verser tout son sang. Edouard Penicaud, âgé de 18 ans, fils d’un vieux soldat, ancien lieutenant d’artillerie, appartient à une des familles les plus honorables de cette ville ; lorsque le soleil de Juillet vint briller sur nous, enflammé d’un saint enthousiasme, il fut un des premiers à aller trouver le colonel Dumas et à lui offrir sa personne et sa vie, pour le soutien de la belle cause qui allumait son jeune courage. Le colonel Dumas le garda près de lui pendant les nuits des 30 et 31 juillet, et, concurremment avec un petit nombre de bons citoyens, il coopera à tout ce que notre brave colonel exécuta dans ces journées mémorables : le premier août à 5 heures du matin, Edouard Penicaud, de garde à l’hôtel de la préfecture, après avoir appris l’arrivée du courrier, se munit d’un drapeau tricolore improvisé et surmonté d’un crêpe, et se hissa au faîte du portail de la préfecture, au risque de se briser le corps, et arbora, aux cris de la multitude, nos couleurs nationales qui n’avaient pas encore paru à Limoges. Il fut incorporé dans la garde nationale, mais, deux mois après les événements de juillet, pressentant que la patrie pourrait avoir besoin de défendre sa régénération, il partit pour Paris, accompagné de son frère soussigné, rejoignit le régiment ou il sert actuellement et s’y enrôla. Mais, en disposant pour huit années de sa personne et de sa volonté, il voulut faire encore une œuvre patriotique, il vendit ses habits bourgeois et ses habits de garde national au profit des blessés de la grande semaine. Tels sont les faits qu’il expose à votre connaissance ; Edouard Penicaud est un brave soldat, estimé dans son régiment où, depuis quinze mois, il a donné plusieurs fois la preuve de sa bravoure et de son zèle pour le service militaire ; le colonel Dumas, en l’adressant et le recommandant lui-même au colonel Bourrie, commandant le 3e régiment de chasseurs, lui écrivit : Je vous prie de le considérer comme mon frère et de traiter ce brave garçon comme tel, il est de bonne race et j’ai appris à le connaître. Messieurs le colonel Dumas, Joseph Dumartial capitaine, Joachim Boudet capitaine, Descoutures capitaine trésorier, Maurice et Bonaventure Decoux anciens lieutenants, Nogaro lieutenant, Dufront lieutenant, enfin toute la 3e compagnie du 1er bataillon pourront affirmer et assurer les faits ci-dessus. Les deux frères d’Edouard Penicaud, qui n’ont cessé de montrer leur zèle et leur bonne conduite dans la garde nationale de Limoges depuis qu’elle existe (ce qui est à la connaissance particulière des membres de la commission) réclament avec instance qu’on fasse droit à la demande de leur jeune frère. S’ils ont eux-mêmes bien mérité, ils désirent de tout leur cœur que les services qu’ils ont pu rendre et que le zèle qu’ils n’ont cessé de montrer et qu’ils montreront toujours deviennent la récompense d’Edouard Penicaud et lui ouvre une carrière ou sa vie entière doit s’écouler au service de la patrie et de la liberté. » La demande était apostillée par ses deux frères : Pénicaud, agent de change et premier lieutenant de la 3e compagnie du 1er bataillon et Penicaud, grenadier de la 3e compagnie du 1er bataillon. La Commission des récompenses nationales de la préfecture de Haute-Vienne considérant « sur la demande de Cruveilher (voir ce nom) et Pénicaud, que l’un et l’autre ont arboré, les premiers en cette ville, les couleurs nationales que, le premier, M. Pénicaud a placé le drapeau tricolore sur un édifice public, que les actes de résistance et de dévouement par lesquels ils se sont fait remarquer dans les journées des 29, 30, 31 juillet et 1er août notoires », le proposa pour la Croix de Juillet. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Haute-Vienne.