Peraldi, Antoine, Olivier, Constantin

Biographie


Né le 6 mars 1808 à Vico (Corse). Etudiant en Droit. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il sollicita la décoration de Juillet et une sous-lieutenance dans l’armée. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il refusa pourtant de prêter serment à Louis-Philippe. Il signa, le 18 novembre 1831, trois certificats en faveur de Lecoq, Adolphe. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons que M. Adolphe Lecoq se trouvait le 28 au pont d’Arcole et qu’il s’y est distingué et fait remarquer par sa valeur, son courage et sa bravoure. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, décoré de Juillet, déclare que M. Adolphe Lecoq commandait à Rambouillet une compagnie que je lui avais donnée, que pendant cette expédition il s’est comporté en homme d’honneur et de courage et a mérité la confiance de ses amis et compagnons d’armes. » Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous soussignés, décorés de Juillet, déclarons que M. Adolphe Lecoq s’est distingué par son courage à la caserne de Babylone et que par sa noble conduite il a mérité l’éloge de ses amis et de ses compagnons d’armes. » Le 6 juin 1848, il écrivait au ministre de l’Intérieur, afin que celui-ci lui fasse remettre le brevet de sa Croix de Juillet : « Il se trouve au nombre, expliquait-il, de ceux qui, en 1831, refusèrent de prêter le serment illégal que l’on demandait au nom d’un roi, que la république vient de chasser. » Sans doute jusque-là portait-il la croix, sans avoir le brevet : « La croix, je l’ai méritée, je la porte avec fierté », expliquait-il. On trouve sur le site internet https://revolutionsehri.wordpress.com/26e-regiment-dinfanterie-bresse/, de nombreuses indications biographiques, données par un article de Laurent B. et ainsi rédigées, à l’occasion d’un article sur le père de Peraldi : « Olivier-Antoine-Constantin Peraldi, fils d’Etienne et d’Hélène Stéfanopoli, né le 8 juin 1775 à Vico, dans le département de Liamone en Corse. Taille de 5 pieds 1 pouce, front petit, yeux châtains, nez petit, bouche ordinaire, menton rond, cheveux châtains, sourcils châtains, sans signes apparents, profession en mai 1814, de propriétaire. Entra au service comme soldat dans le 26e régiment d’infanterie, avec le grade de sous-lieutenant (22 septembre 1790). Lieutenant (22 avril 1792). Il fit campagne de 1792 à 1796 à l’armée d’Italie. Il fut blessé d’un coup de feu au genou droit et d’un autre à l’épaule gauche (29 pluviôse An 2). Il fit ensuite les campagnes de 1797 à 1802, toujours en Italie. Capitaine (10 frimaire An V), il fit la campagne de 1805, dans l’Etat de Venise, armée d’Italie. Chef de bataillon dans le 1er régiment d’infanterie légère italien (1er octobre 1806). Chevalier de l’Ordre de la Couronne de Fer (6 mai 1807). En 1809, il servit à l’armée de Catalogne. Membre de la Légion d’honneur (25 janvier 1810). Major au 3e régiment d’infanterie légère (26 novembre). Il entra avec ce grade dans la Garde royale italienne (5 décembre). Nommé colonel (28 août 1811). En 1812, il fit la campagne de Russie, et se trouva à Moscou. C’est d’après son dossier à la Chancellerie, lui qui décida de la victoire, à la tête de son régiment, le 24 octobre 1812, à Malojaroslavetz. En 1813, il fit campagne dans les provinces illyriennes et en 1814 en Italie. Il combattit aux affaires du 12 et 16 octobre 1813 à Leybach et Weissembourg, et le 8 février 1814 à la bataille du Mincio. Il se distingua particulièrement à Salo (16 février), où avec un bataillon de son régiment, il fit 1 200 prisonniers autrichiens. Le 17 février, il combattit encore à Astralano, dont il fut chassé causant beaucoup de pertes à l’ennemi. Chevalier de Saint-Louis (17 janvier 1815). En mars 1823, il écrivit à la Chancellerie de la Légion d’honneur n’ayant pas reçu son traitement pour l’année 1822. S’engagea alors un échange de lettres, Peraldi devant fournir des pièces justificatives. Il écrivit encore en août, puis en octobre, indiquant qu’il était de retour d’un voyage à Rome. Il mourut le 16 février 1848, à Marseille. Il laissa un héritier adoptif, Antoine, Olivier, Constantin Peraldi, domicilié à Vico, propriétaire et décoré de la Croix de Juillet, qui réclama les arriérés de paiements de son père adoptif, il dut lui aussi fournir des pièces justificatives. » Il demeurait sans doute 89, rue de la Harpe ou de la Banque dans le IIe arrondissement 89, rue de la Harpe en 1831 ; 3 bis, rue Voltaire en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la Croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée (sous le nom de Peraldy), idem liste des décorés qui n’ont pas retiré leurs croix ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Lecoq, Adolphe ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.

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