Percé, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1802 (mais vers 1806 in Archives nationales F/15/3884) à Gray (Haute-Saône). Commis voyageur. Il contribua au désarmement du poste de la place Maubert puis à celui du pont de l’Hôtel-Dieu. Le 28, il combattit dans la rue de Richelieu contre un corps de la garde royale qui, posté près du Théâtre-Français, faisait feu sur les Parisiens. Il se rendit ensuite au Palais-Royal, où il soutint l’attaque contre la garde royale et les Suisses à la tête d’un peloton qu’il avait formé, et entra un des premiers dans le palais. Il combattit aussi place des Victoires. Il monta ensuite la garde à la Bourse avec son peloton, sous les ordres de Langlier (voir Lenglier) et de Montigo (voir Monicault de, Joseph, Charles, Eugène), élèves de l’Ecole polytechnique. Il fit partie de l’expédition de Rambouillet. Mérilhou, en date du 19 janvier 1831, lui délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, déclare que dans la journée du 28 juillet dernier j’ai vu M. Jean-Baptiste Percet se battre dans la rue de Richelieu contre un corps de la garde royale qui, posté près du Théâtre-Français, faisait feu sur les citoyens. » Le comte Auguste de Bastard lui délivra le certificat suivant, en date du 8 mars 1831 : « Je m’empresse de reconnaître, d’après le témoignage de M. Mérilhou, ministre de la Justice, que j’ai dû en partie mon salut, le 29 juillet 1830, rue Neuve-des-Petits-Champs, pendant que j’étais conduit à la Bourse, aux soins et à la protection de M. Jean-Baptiste Percet, commis voyageur demeurant à Paris rue de Beaujolais n° 1. M. Percet et un autre, M. Bouchet (voir Bouché, Adolphe), ont pris soin de ma personne, d’après l’invitation qui leur en fut faite par M. Mérilhou ; ils ne m’ont quitté qu’à mon arrivée à la Bourse et quand ils m’ont vu en sûreté. Je dois déclarer que, sans cette bienveillante intervention de M. Mérilhou et celle d’un grand nombre de citoyens, j’aurais été massacré par la multitude, exaspérée et qui méconnaissait mon caractère de parlementaire. Avant de donner le présent certificat, j’ai eu l’honneur de voir M. Mérilhou, qui m’a déclaré que telle était la vérité et qu’il en rendrait partout témoignage, si besoin était. » Il était aussi porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Jean-Baptiste Percet a été un des premiers qui se soit déclaré pour la cause nationale, qu’il a contribué au désarmement du poste de la place Maubert et de celui du pont de l’Hôtel-Dieu. Qu’il s’est rendu ensuite au Palais-Royal, où il a soutenu l’attaque de la garde royale et des Suisses, à la tête d’un peloton qu’il avait formé et qu’il est entré un des premiers dans le palais. Qu’il s’est ensuite rendu à la Bourse, où il a monté la garde avec son peloton sous les ordres de MM. Langlier (voir Lenglier) et Montigot (voir Monicault de, Joseph, Charles, Eugène), élèves de l’Ecole polytechnique, et qu’enfin il a fait partie de l’expédition de Rambouillet. » Signé, le 7 août 1831 : Robin, P. ; Limousinau, Henry ; Chauvier, changeur ; Piat ; Borelly ; Fontaine-Ferrié ; Benoit. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Percet, Jean-Baptiste sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39, faire le changement ?). Il déposa un dossier à la Société des réclamants, sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet en remplacement de sa simple médaille. Son nom apparaît aussi dans le dossier que déposa Bouché, Adolphe à la même Société des réclamants. Percé (il signe bien Percet) apostillait ainsi la demande de Bouché : « Tous les faits ci-dessus sont certifiés par M. Jean-Baptiste Percet (sic), qui était lui-même aux affaires. Ils pourraient l’être de même par le lieutenant de garde municipale, M. Cros (voir Cros, Jean-Pierre), résidant actuellement faubourg Saint-Martin, à la caserne. J’ai un certificat collectif. On peut aller aussi chez tous les signataires de mes certificats. » Bouché parlait ainsi de Percé : « […] M. Percet, par l’amitié qu’il me porte et guidé par son esprit de justice, ayant lui-même fait à votre Commission la demande du signe dont je m’honorerais d’être décoré, je joins mes prières aux siennes et toutes les preuves désirables à ce sujet. […]. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Percet, Jean-Baptiste), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut détenu suite à l’insurrection républicaine de 1832. En 1849, il sollicita des secours, ajoutant que, depuis 1830, il n’avait reçu que vingt-cinq francs mais n’avait jamais rien demandé n’ayant jamais eu besoin jusque-là. A cette occasion, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Demeure rue du Grand-Prieuré, 19. Il tient un café appelé le Jardin des marais et situé boulevard du Temple, 43. Mauvaise conduite. Ne jouit d’aucune considération, dépense beaucoup et professe des opinions subversives. » Il demeurait 1, rue du Beaujolais près du Palais-Royal en 1831 ; 19, rue du Grand-Prieuré en 1848-1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions (sous le nom de Percet, Jean-Baptiste) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 (sous le nom de Percet, Jean-Baptiste) ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bouché, Adolphe.