Perdrix, Pierre, Jean

Biographie


Né en 1808 à Paris. Ancien caporal au 46e, devenu journalier. Il est répertorié (sous le numéro 1210) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28 aux barricades. Le 29 à Babylone, a voulu tirer sur un Suisse blessé, on l’a empêché. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 janvier 1831, à une voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Perdrix, Pierre, Jacques, sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel, in Archives de Paris VD6 682 n° 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Perdrix, Pierre, Jacques), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. A partir de 1830, il fut chasseur à 2e compagnie du 3e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale et fit toujours, selon sa hiérarchie, « son service de garde national avec la plus grande exactitude » et, en 1832, il quitta la garde nationale de Paris « avec le regret de ses chefs ». En 1838, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Célibataire, travaille dans un chantier de bois à brûler où il gagne deux francs par jour. Sa position n’est nullement malheureuse attendu qu’il n’a aucune charge. Sa conduite est régulière. On le dit militaire en congé illimité. » En 1840, malade depuis trois mois, sa femme en gésine, il sollicita des secours. En 1841, les mêmes sources ajoutaient à son sujet : « Marié, avec deux enfants, ancien militaire, il est sans profession et fait tout ce qu’il peut pour gagner sa vie. Sa conduite est excellente. » En 1849, malade depuis mai 1848, il devait trois termes de son loyer. En 1850, il faisait le commerce de chiffons et gagnait environ un franc vingt-cinq par jour ; la police précisait : « Il n’y voit presque plus, ce qui l’empêche de travailler. Il a une petite fille de huit ans à sa charge, il est malheureux. Sa conduite est régulière, ses opinions politiques, modérées. » Il reçut un secours en 1850, à titre de médaillé de Juillet. Et en 1852 : « Fait le commerce de chiffons et gagne un franc cinquante centimes par jour. Sa femme est occupée chez la dame Lefrançois, rue aux Fers n° 36, et le produit de sa journée est de soixante-quinze centimes. Ils ont une fille âgée de dix ans qui, étant d’une très mauvaise santé, est pour eux d’une charge onéreuse. Ce ménage n’est point heureux. La conduite ainsi que la moralité du sieur Perdrix sont excellentes et ses opinions sont en faveur du gouvernement du prince-président. » Son dossier indique qu’il toucha cinq cent trente-cinq francs de secours entre 1839 et 1852. Il reçut un secours de soixante francs et un autre de soixante-quinze francs en 1851, un secours de soixante francs en décembre 1852, de la même somme en 1853. Il mourut en 1854. Sa veuve reçut un secours de soixante francs en 1854, de quarante francs en 1855. En 1856, les renseignements recueillis sur sa veuve, Clédière ou Claidière, Marie-Antoinette, rapportaient qu’elle vendait des légumes à la halle, que sa fille âgée de dix-huit ans ne pouvait travailler autrement qu’avec sa mère parce qu’elle était myope, et ajoutaient : « Elle passe dans sa maison pour ne pas être heureuse. Elle travaille depuis trois heures du matin jusqu’à six heures du soir. On donne sur elle de très bons renseignements. » Elle reçut cinquante francs de secours en 1856, la même somme en 1857. En 1858, réduite à « une position des plus tristes et nécessiteuse », elle sollicita des secours et obtint cinquante francs, la même somme en 1859, puis trente francs supplémentaires, deux fois trente francs en 1860, trente francs en 1861, deux fois trente francs en 1862. En 1863, elle travaillait pour le compte de la dame Livet, marchande aux halles centrales, gagnait deux francs par jour, et était selon le rapport du préfet de police « représentée favorablement sous tous les rapports » ; elle toucha deux secours de trente francs en 1863, deux autres secours de trente francs en 1864, deux secours de la même somme en 1865, en 1866, en 1867, en 1868, en 1869, en 1870, un secours de trente francs en 1871. Perdrix demeurait 4, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret en 1830-1831 ; 127, rue Saint-Victor, chez son père, de 1838 à 1840 ; 13, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1849-1850, un loyer de cent francs par an ; 20, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831 ; 36, rue aux Fers en 1851-1852 ; sa veuve 35, rue Saint-Victor de 1856 à 1861, un logement au loyer annuel de cent trente-cinq francs ; 109, rue du Faubourg-du-Temple de 1861 à 1867, 76, rue de Vanves en 1867 ; 5, rue de Vanves, sentier Saint-Charles en 1868-1869 ; 25, rue Henrion-de-Pansy en 1869-1870. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, et liste des demandes de secours ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 1210) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 janvier 1831 (sous le nom de Perdrix, Pierre, Jacques) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Perdrix, Pierre, Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852.

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