Perelle, Pierre, Théodore
Biographie
Né le 10 octobre 1797 à Paris. Marchand tapissier. Il adressa, en décembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le gouvernement voulant reconnaître les services rendus à la liberté pendant les journées de Juillet par toutes les classes de citoyens qui ont concouru d’une manière active au succès d’une si noble cause, se propose de leur décerner une décoration spéciale destinée à perpétuer le souvenir des mémorables événements de la grande semaine. Ayant pris une part active à ces événements, je viens, Messieurs, vous présenter et soumettre à votre examen les titres sur lesquels j’ose appuyer ma demande à l’effet d’obtenir cette honorable distinction. Le 28, à 9 heures du matin, j’ai revêtu mon uniforme de sergent de la garde nationale et me suis présenté en armes à la mairie du (ancien) IIe arrondissement, accompagné de quelques gardes nationaux que j’ai pu ramasser. Là, ayant trouvé une caisse, j’ai fait battre le rappel dans le quartier par Maingot (voir Mingot, Jean-Louis), tambour de la IIe légion, et bientôt je me suis trouvé à la tête d’une soixantaine d’hommes. Je les ai divisés en deux pelotons ; j’en plaçais un en avant-poste au carrefour Gaillon, l’autre est resté à la mairie avec moi. Bientôt après, s’est présenté un détachement du 5e de ligne, débouchant par la rue Neuve-des-Petits-Champs, faisant face à la rue d’Antin, qui a fait feu sur nous ; un seul, M. François, garçon maréchal chez M. Préau, rue Neuve-Saint-Augustin, a été blessé. Mais l’officier qui commandait la ligne, se reprochant sans doute son acte d’hostilité est venu fraterniser avec nous. Jusqu’au lendemain, j’ai maintenu l’ordre à la mairie, assiégée par un grand nombre d’individus qui demandaient des armes et des cartouches ; j’ai distribué les six fusils qui m’ont été remis, à des personnes de connaissance, qui n’ont pu qu’en faire un bon usage. Dans un moment d’effervescence, j’ai même reçu une pierre dans la poitrine. Le 29, je me suis transporté à l’état-major, où j’ai reçu des cartouches, que j’ai distribuées à mes hommes et à d’autres combattants mais l’occasion ne s’étant pas présentée de faire le coup de feu, je me suis maintenu à mon poste de la mairie, décidé à le défendre jusqu’à la dernière extrémité. Le 30 au matin, j’ai abandonné le commandement du poste de la mairie au premier officier de la légion qui s’est présenté. C’était M. Lafitte, capitaine de grenadiers, et j’allais, par ses ordres, avec seize ou dix-huit hommes, prendre le poste au ministère des Finances, rue de Rivoli, lorsqu’en sortant de la mairie M. Ampenot, actuellement mon capitaine en second, nous prit sous ses ordres et ce n’est qu’après avoir reçu le renfort de quelques hommes connus qui sont venus nous joindre dans la journée que je me suis retiré chez moi, exténué des fatigues de ces trois journées. Indépendamment des signatures ci-dessous, je pourrais encore invoquer les nombreux témoignages des camarades qui m’ont secondé avec tant de zèle et de sang-froid au milieu des événements dont je viens d’avoir l’honneur de vous faire le récit. Quelle que soit, Messieurs, la décision que vous daignerez prendre à l’égard de la demande que j’ai l’honneur de vous faire, je vous prierai, dans tous les cas, de me compter au nombre des bons patriotes qui sacrifieraient tout pour soutenir et défendre notre bon roi et la liberté si désormais il pourrait en être besoin. » Signé : Rousselot, lieutenant de grenadiers au 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 14, rue du Helder ; Dupuis, marchand vannier, demeurant 30, rue Neuve-Saint-Augustin ; Retrou, marchand épicier, demeurant 30, rue Neuve-Saint-Augustin ; Delahay, marchand charcutier, demeurant 30, rue Neuve-Saint-Augustin ; Fouque, marchand boucher, demeurant 30, rue Neuve-Saint-Augustin ; Gondal, marchand bottier, demeurant 30, rue Neuve-Saint-Augustin ; Deboubert, arquebusier, demeurant 11, rue du Helder ; Perru illisible, marchand de nouveautés, demeurant 37, rue Neuve-Saint-Augustin ; Butrot, marchand de vins, demeurant 39, rue Neuve-Saint-Augustin ; Petit, associé de Butrot ; Heuzé, demeurant 37, rue Neuve-Saint-Augustin ; Liautard, demeurant 33, rue Neuve-Saint-Augustin ; Beulein illisible, marchand tailleur, demeurant 28, rue Neuve-Saint-Augustin ; Fontaine, marchand boulanger, demeurant 5, rue de Louvois ; Tarboché, sous-lieutenant de la 3e compagnie du 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 37, rue Neuve-Saint-Augustin. Lavenant, Ambroise, Louis, chef du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, ajouta l’apostille suivante : « J’ai l’honneur de recommander à la Commission M. Perelle, qui a montré du dévouement et du patriotisme pendant les grandes journées et qui sert avec distinction en qualité de sergent dans le 2e bataillon, IIe légion, que je commande. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il signa (il semble signer Perrelle), le 15 décembre 1830 et comme « de garde à la mairie du 28 au 29 », le certificat suivant en faveur de Mingot, Jean-Louis : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité qu’il est à notre connaissance que le tambour Mingot, Jean-Louis, demeurant rue des Boucheries-Saint-Honoré n° 2, s’est rendu le 28 juillet au matin rue d’Antin à la mairie du (ancien) IIe arrondissement, ayant apporté avec lui sa caisse ; qu’ensuite d’après la décision de M. Pelvilain, sergent, et de plusieurs autres gardes nationaux, il est parti avec eux dans une grande partie des rues de l’arrondissement, en y battant le rappel. A notre retour à la mairie, nous avons trouvé le 5e de la ligne en notre présence (sic). » En 1830, il était sergent des grenadiers au 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Percele, Pierre, Théodore), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 35, rue Neuve-Saint-Augustin en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Mingot, Jean-Louis.