Pérignon, Porphire, Etienne, Eugène
Biographie
Né le 2 août 1773 à Doullens (Somme), fils de Pérignon, Charles, marchand, et de Gervais, Marguerite, son épouse. Ouvrier bottier ou cordonnier. Il fut blessé de deux coups de feu à la tête, qui lui labourèrent le cuir chevelu et le front, alors qu’il combattait le 29 juillet vers 14 heures au Palais-Royal. Marié et père d’un enfant, il reçut un secours de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement (mais aussi du [ancien] XIIe arrondissement, selon la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/71). Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Leprêtre, Antoine, Joseph, né vers 1764, rentier, demeurant 219 bis, rue Saint-Honoré ; Devillers, Jean-Baptiste, Théophile, né vers 1801, médecin, demeurant 7, rue d’Argenteuil ; Rossignol, Jacques, né vers 1785, propriétaire et aubergiste, demeurant 157, rue Saint-Victor ou 151, rue Saint-Victor ou 159, rue Saint-Victor ; Pin, Joseph, né vers 1769, propriétaire, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 6, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret. Ils attestèrent bien connaître Pérignon, Porphire, Etienne, Eugène et « savoir qu’il a combattu le 29 juillet 1830 au Palais-Royal et qu’il y a été blessé de deux balles dans la tête ». Le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Pin, Joseph, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 6, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret ; Mouly, Jean-Pierre ou Mauly, Jean-Pierre, perruquier, demeurant 5, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret ; Bourgeot, Auguste, Etienne, marchand cordonnier, demeurant 52, rue Galande. Ils certifièrent que Pérignon, Porphire, Etienne, Eugène avait « été atteint de deux coups de feu à la tête dans la journée du 29 juillet 1830, vers 2 heures de l’après-midi, place du Palais-Royal, que la gravité de l’une de ses blessures lui causa des souffrances sans cesse renouvelées, puisque la balle a traversé la tête dans la direction de la nuque à la jugulaire gauche, ce qui le met dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail et de pourvoir à son existence et à celle de sa famille, qui est composée de sa femme et de deux enfants ». Il reçut un secours de cinquante-deux francs et cinquante centimes, le 9 février 1831, un secours de cinquante-deux francs et cinquante centimes, le 23 février 1831, un secours de vingt-huit francs, le 9 mars 1831, un secours de trente francs, le 16 mars 1831, un secours de quinze francs, le 13 avril 1831, un secours de trente-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de trente-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 10 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu, l’une superficielle à la partie latérale droit du front, guérie ; l’autre de la partie supérieure, postérieure et moyenne de la tête vers la partie supérieure du cou du côté gauche, suivie de surdité, non encore guérie et qui devra laisser après elle des difficultés et des douleurs dans les mouvements de la tête. » Il fut admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 10 mars 1831, dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs (de quatre cent cinquante francs dans le Tableau général des pensions). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il prêta, le 22 juin 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il ne put signer, souffrant encore de la blessure qu’il avait reçue. Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il mourut en juin 1832 à Doullens (en prison ?), des suites de ses blessures et après être resté à la charge de sa femme pendant dix-huit mois. Il laissait deux enfants. Il demeurait 6, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret (mais 7, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret in Archives de Paris VK3 35) en 1830-1831 ; sa veuve, maison de M. Bézier, 3, bd du Roi à Versailles en 1841. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 69 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 278 (sous le nom de Perrignon, Etienne) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 111 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative blessés de la 3e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, liste des décorés de la Croix de Juillet, présumés à habiller ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 35 une liste Blessés de Juillet hommes habillés (décorés du pourtant [ancien] XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 3e classe.