Perrève, Pierre, Edouard, Ulysse, Victor

Biographie


Né vers 1803 à La Charité (Nièvre). Docteur en médecine, aux dispositions politiques républicaines, selon un rapport de police, il avait participé à la révolution de Juillet et aux événements de 1831. Un témoignage de Syrol, avocat à la cour royale de Paris, demeurant 10, rue Vieille-du-Temple, et qui avait logé avec lui du temps où ils étaient tous deux étudiants dit à son sujet : « [...] C’est un homme d’honneur dans tout l’acceptation de ce mot. [...] Son père est juge d’instruction à Cosne (Nièvre), son frère notaire à Avallon, un autre frère, procureur du roi autrefois, vit de ses rentes [...]. En 1823, il est venu à Paris. [...] Toute la vie de Perrève est celle d’un homme laborieux, se livrant le jour et la nuit à l’étude, d’une conscience rigoureuse et qui a toujours méconnu ses intérêts pour rendre service et faire le bien. C’est un homme franc, généreux. En 1830, il était chez moi ; je ne connais ou plutôt je ne me rappelle qu’un seul fait : on se battait au Louvre ; entre les deux partis combattant un homme était étendu, il paraissait blessé. Perrève, à travers les balles et dominé par ses sentiments d’humanité va porter les secours de son art. Depuis lors, ses opinions radicales ont été souvent manifestées dans l’intimité mais depuis plus de deux ans un changement subit a eu lieu, il a renoncé à toute préoccupation politique, ne s’occupant plus que de découvertes scientifiques pour les instruments de chirurgie ou de son art. Toutes les fois que dans ses relations, il a rencontré une personne ou une famille malheureuse il s’est attaché à elle avec un dévouement qui n’est pas de ce siècle. En un mot, je ne connais pas un homme plus loyal, plus intègre et plus humain que Victor Perrève. » Son frère le dit aussi « […] parfait honnête homme, il a un cœur excellent et une probité éprouvée » et effectivement, dans le dossier, tout prouve qu’il venait en aide à beaucoup de monde. Une fiche de police dit, au sujet de sa famille : « [...] Toute cette famille est légitimiste. M. Perève habite la capitale depuis douze ans et toujours en garni. Il a logé chez M. Blanchet sept ou huit ans, rue de la Harpe, n° 85 [...]. Il débuta par étudier le Droit pendant deux ans, le quitta et se fit élève en médecine. Selon une déposition de Sabbatier, les poursuites pour des faits politiques dont aurait été l’objet Perrève s’arrêterait au fait qu’il « avait été arrêté dans une foule mais qu’on l’avait mis en liberté faute de charge ». Il fut inquiété dans l’affaire Fieschi, pour avoir été en relations avec celui-ci. Il l’avait connu en 1833 et l’ayant rencontré vers le début de juin 1835, malheureux, il fut touché de sa position et le chargea de petits travaux dans la préparation qu’il faisait d’un plan des omnibus de Paris. Il habilla Fieschi et ce fut par l’intermédiaire de son tailleur que la police remonta jusqu’à Pepin. Interrogé, Perrève nia avoir fait partie de sociétés politiques. Il demeurait 85, rue de la Harpe, chez M. Blanchet sept ou huit ans ; puis 14, rue d’Angoulême (au premier étage sur la rue deux petites pièces) en 1835. Archives nationales CC 678 dossier Perrève, CC 697 ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 2, p. 439 à 452 ; Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi ; LEpopée des régicides. Passions et Drames. 1814-1848, Louessard, l’Insomniaque, Paris, 2000. Il nest pas dans liste des médecins VD4 11.

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