Perrin, Dominique

Biographie


Né le 15 messidor an X (4 juillet 1802) à Senones (Vosges), fils de Perrin, Sébastien, charpentier, et de Belcourt, Marguerite, son épouse. Son grand-père, Dominique Perrin, maître charpentier à Senones, s’était tué en 1793 en chutant du haut de la flèche du clocher, alors qu’il tentait d’arborer le drapeau tricolore. Lui-même était menuisier parquetier chez Le Roy, 121, rue de Sèvres, depuis le 26 février 1830, chez qui il gagnait quatre francs et cinquante centimes par jour. Il fut blessé d’un coup de feu reçu au bras droit, près de la place de Grève, alors qu’il participait à l’attaque de l’hôtel de ville, le 28 juillet. Il reçut un secours de soixante francs en août et (sous le nom de Périn, Dominique) un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Son ancien patron, Le Roy, lui délivra un certificat pour attester qu’il s’était toujours conduit avec « honneur et probité ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 5 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au bras, du côté droit, de sa partie antérieure et externe vers sa partie postérieure, en contournant l’humérus, guérie mais avec adhérence des cicatrices et difficultés permanentes dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il délivra le certificat suivant en faveur de Sevin, Jean-Baptiste : « Les blessés de Juillet, ne pouvant refuser leur témoignage pour un homme qui s’est montré, comme eux, digne de porter le nom français certifient que le nommé Jean-Baptiste Sevin, pendant les trois journées, n’a fait que des actions d’honneur. C’est un vrai citoyen, un ami de la liberté. Il les a ensuite servis à Saint-Cloud, avec tout le zèle qui l’anime pour les libérateurs de la France. » Ayant combattu à l’hôtel de ville le 28 juillet en compagnie de Becriaux (voir Bécriaux, Jean, Marie, Julien), Leconte, Duc (voir Duc, Joseph, Frédérich), Genet (voir Genet, Charles), Bijacoux, Jacques (voir ce nom), David, Valentin (voir ce nom), Dangers (voir ce nom), Larausat (voir ce nom), Brehman (voir ce nom), Person (voir ce nom), Leblay (voir ce nom), Thenlot (voir Thinlot, Jean-Marie) et Ramel, François et signa, le 10 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Ramel, François : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Ramel, François était avec nous à la prise de l’Hôtel de ville, le 28 juillet dernier. Ce qui nous l’a fait remarquer c’est l’intrépidité avec laquelle il se battait. » Il signa, le 14 octobre 1830 et avec d’autres blessés depuis la maison de convalescence de Saint-Cloud, où ils séjournaient, le certificat suivant en faveur de Goldstein, Albert : « Nous, soussignés, avons l’honneur de recommander à la bienveillante justice de la Commission des récompenses nationales le sieur Goldstein, Albert, qui non seulement a donné des preuves de son patriotisme pendant la révolution mais encore nous a rendu au Constitutionnel des services pour lesquels nous sommes heureux de pouvoir en cette occasion lui donner un témoignage de notre reconnaissance. » Il épousa Bellemont, Louise, Virginie, le 30 décembre 1830 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement de Paris ; sur l’acte de mariage, Bellemont, Louise, Virginie est indiquée comme née le 13 avril 1806 à Besançon (Coubs), « de père non dénommé et de Jeanne Bellemont dont elle ignore l’existence et qu’elle n’a jamais connue », et comme étant lingère. Il sollicita, sans succès, en 1831, une place de menuisier dans un château royal. En 1832, il retourna dans son pays, pour vivre avec plus d’économie. Peu de temps après, il se cassa le bras et la jambe droite. Il sollicita des secours, mais le maire de la ville donna sur lui comme renseignement que sa situation n’était pas malheureuse, qu’il était marié mais sans enfant, qu’il possédait une maison et un jardin et qu’il n’avait à supporter aucune charge ; il ajoutait enfin que sa conduite était régulière et que jamais rien n’était parvenu qui pût blesser sa réputation. Plus tard, il s’établit cabaretier puis ouvrit une salle de danse, « cela m’a assez bien réussi », précisait-il. Il sollicita plusieurs fois l’obtention d’un bureau de tabac et, en 1848, se rendit à Paris pour tenter de l’obtenir de la Commission des récompenses nationales. Il demeurait 66, quai des Ormes en 1830 ; 40, rue Geoffroy-Lasnier en 1831 ; à Senones à partir de mars 1832 ; 67, rue de la Roquette à l’occasion de son passage à Paris en 1848. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 40 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 44 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 111 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 3e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Sevin, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Ramel, François ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Goldstein, Albert.

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