Perriot, Etienne, Charles

Biographie


Né le 10 juin 1800 à Dijon (Côte-d’Or). Marchand de musique. La France nouvelle, nouveau journal de Paris du 6 août 1830 rapportait à son sujet les faits suivants : « Entre autres traits de générosité, on cite celui de MM. Charles Perriot, rue de Richelieu, n° 78, et Léon Bocheron, dirigeant le magasin de musique de M. Erard, qui, dans la journée du 29, après avoir combattu rue de Richelieu pendant quatre heures, sous le feu continuel de la mitraille, et avoir blessé et désarmé plusieurs Suisses, ont néanmoins, au risque de leur vie, procuré à ceux qui leur demandaient grâce, les moyens de se soustraire à la mort en leur servant d’escorte. » Il adressa, le 28 août 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Fils de militaire mort au service et seul soutien de ma famille et de ma mère déjà très âgée, j’avais obtenu après onze années d’emploi chez Mme veuve Leduc, éditeur en musique, de lui succéder et de reprendre la suite des affaires de sa maison de commerce mais les événements, malgré que j’y ai concouru de tout mon pouvoir m’ont forcé de résilier mon marché, ne pouvant en tenir les conditions. […] Mon opinion est connue, ma conduite pendant les trois journées, la voilà : le mardi 27, j’ai empêché qu’une affiche du journal le Temps ne fût enlevée par un espion qui nota ma maison. Le mercredi matin, j’allai, assisté de M. Galle (voir Galle, Gérard, Jean ?), actuellement chef de bataillon de la garde nationale demander au maire du (ancien) Ier arrondissement de convoquer la garde nationale. Le même soir, je fus le premier à faire les barricades qui s’établirent devant ma demeure et, le jeudi, je marchai à la tête d’un peloton de jeunes gens, les conduisant au feu rue de Richelieu. Le Journal de Paris, dans son numéro du 6 août, parle honorablement de ma conduite pendant cette journée. » Il sollicitait la décoration spéciale et une place dans l’administration « connaissant le service, ayant été employé à la préfecture de Dijon » qui pût le mettre à même de venir en aide à sa mère et à sa famille. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Moi, porte-drapeau du 4e bataillon de la IIe légion, nommé à cet honneur pour ma conduite pendant les trois journées de Juillet, certifie que M. Charles Pierrot est arrivé pendant la journée du 29 à la tête d’une compagnie de jeunes gens dans la rue de Richelieu, près le Français, et qu’il s’y est conduit avec courage et honneur. » Signé Roger, sergent, porte-drapeau du 4e bataillon de la IIe légion. Et cet autre : « Je certifie que c’est à ma connaissance que M. Charles Perriot a montré un zèle tout particulier dans nos événements de juillet et que je l’ai vu après avoir utilement travaillé aux barricades de notre quartier se mettre à la tête d’une réunion de jeunes citoyens armés qui lui donnèrent le commandement de leur petite troupe et qu’il les a conduits au combat particulièrement rue de Richelieu près le Théâtre-Français. Depuis la conduite honorable de M. Perriot et son zèle pour la garde nationale a pu être appréciée. » Signé, le 1er septembre 1830, Galle, chef de bataillon au 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Enfin ce dernier : « Je certifie que monsieur Charles Perriot a dans la journée du 29 combattu pendant quatre heures consécutives contre la garde royale et les Suisses qui se trouvaient dans la rue de Rohan, qu’il a couru de grands dangers et qu’il ne s’est retiré que lors de la retraite de toutes les troupes. » Signé, le 29 août 1830, Bocheron, Léon (voir ce nom). D’autres indications sur la conduite qu’il tint pendant les journées de Juillet nous sont données par le récit que fit Roger, François, Jean-Baptiste (voir ce nom) de sa propre conduite ; Roger relatait en effet s’être trouvé avec lui « sous le péristyle du Théâtre-Français pendant la matinée du 29 juillet ». Perriot, de son côté, lui délivra, le 9 décembre 1830, le certificat suivant (quil signe du nom de Perriot, Charles) : « Je certifie que la conduite de M. Roger pendant la journée du 29 juillet est très honorable pour lui. En arrivant près du Théâtre-Français, je l’ai vu, et cela à plusieurs reprises, malgré la vive fusillade, se plaçant au milieu de la rue pour tirer sur les troupes embusquées dans la rue de Rohan. Au conseil d’être prudent que je lui donnai ainsi que plusieurs jeunes gens qui se battaient là, il répondit toujours Il ne faut pas se cacher ; les brigands qui nous fusillent croyaient que nous avions peur deux. J’atteste ce fait et je désire que sa bravoure puisse être reconnue et récompensée. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Periot, Charles sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin 1831, et son brevet le 1er mai 1832. Il signa son récépissé de la médaille du nom de Ch. Perriot. En 1830, garde national, une dépêche indiquait à son sujet : « Demande un emploi en récompense de ses services en juillet dernier. » Il demeurait 78, rue de Richelieu en 1830-1831. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 6 août 1830 : Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VK3 44 in dossier Roger, François, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71.

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