Pertus, Guillaume

Biographie


Né le 8 mars 1793 à Aurillac (Cantal), fils de Pertus, Pierre, marchand, et de Marie, Marie, son épouse. Sous-lieutenant de la garde nationale en 1814, il prit part à la défense de Lyon contre les Autrichiens, reçu docteur en médecine le 4 septembre 1824 à la faculté de Paris, médecin du bureau de bienfaisance du (ancien) Ve arrondissement depuis 1828. Il soigna les blessés qu’on apporta au bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement dans le quartier Bonne-Nouvelle. La chronique de l’époque relatait ainsi sa conduite pendant les combats : « M. Perthus, médecin, s’est pendant ces mêmes nobles journées sacrifié en portant à tous les blessés, sans distinction, les soins de son art, qu’il a particulièrement prodigués à l’ambulance Bonne-Nouvelle, où, sur douze médecins qui ont été appelés, il fut le seul qui brava la mitraille pour y parvenir. C’est de lui qu’on pouvait véritablement dire qu’il était partout où sa présence était nécessaire, et qu’on cherchait en vain dès l’instant où on voulait le remercier. M. Perthus a bien mérité de la Patrie. » Le certificat suivant attestait la conduite qu’il avait tenue : « Nous, soussignés, certifions à qui il appartiendra que de plusieurs médecins appelés pour secourir les blessés apportés au bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle, dans la journée du 28 juillet, M. Pertus est le seul qui s’y soit rendu, en courant les plus grands dangers. Lui seul par conséquent a donné ses soins à tous les blessés qui nous ont été apportés. Dans ce nombre, se trouvait le colonel du 3e régiment de la garde. Nous nous faisons un devoir de rendre hommage au zèle et au dévouement de ce médecin. » Signé, le 10 septembre 1830 : Coustaud, administrateur et président du bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement ; sœur Audiffred, supérieure de la maison de secours du quartier Bonne-Nouvelle ; sœur Allard, Louise, attachée la maison de secours du quartier Bonne-Nouvelle ; de la Panoux, A., neveu du colonel du 3e régiment de la garde. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (sous le seul nom de Pertus sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et deux fois sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). En 1830, il était lieutenant en premier dans le 3e bataillon de la Ve légion de la garde nationale, puis capitaine en second, chirurgien aide-major en 1837, médaillé du choléra en 1833, médecin des écoles communales en 1836. La demande de la Légion d’honneur, que fit pour lui le maire du (ancien) Ve arrondissement, en 1845, laisse quelques indications biographiques. Le maire du (ancien) Ve arrondissement, Griolet, reprenait ainsi les mérites qu’avait Pertus à la décoration : « […] M. Pertus était déjà cité dans l’arrondissement par la belle conduite qu’il tint aux journées de juillet 1830 ; le 28 au moment où la fusillade était engagée de la manière la plus sérieuse, il n’hésita pas à braver le danger pour arriver à l’ambulance établie dans la maison de secours du quartier Bonne-Nouvelle. Ce fut lui qui donna les soins au malheureux colonel du 3e régiment de la garde, M. Phineselves, qu’on venait d’apporter mortellement blessé. […] M. Pertus a pris la part la plus active à l’organisation de sa compagnie et à la répression des émeutes dont ce quartier a été si souvent le théâtre. Dans cet arrondissement où (on ne peut le nier) les fauteurs de désordres trouvaient de nombreux points d’appui, où dans la position de M. Pertus il lui était si facile de faire de la popularité en affichant des sentiments hostiles au gouvernement, personne plus que lui n’a soutenu plus hautement la cause de l’ordre, soit comme électeur soit comme officier de la garde nationale. » Un autre témoignage relevait ainsi son activité pendant l’épidémie de choléra de 1832 : « Pendant l’invasion du choléra, sa conduite fut aussi honorable. Il ne quitta presque pas la maison de secours qui avait été établie pour les malheureux atteints de ce cruel fléau et il y puisa le germe d’une maladie à laquelle il faillit succomber. » La demande de décoration était aussi appuyée par Bonnefons, député du Cantal, qui affirmait avoir pu apprécier personnellement chez Pertus son « dévouement sans borne au roi et à nos institutions » et assurait que cette décoration était sollicitée « non seulement à cause des services qu’il a pu rendre mais encore en mémoire de ceux rendus par les siens » ; par le préfet de la Seine qui présentait Pertus comme « très bien considéré dans son quartier et y jouit d’une très bonne réputation ». Pertus fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 9 juin 1845. Il demeurait 12, rue Mauconseil en 1831-1833 ; 9, rue Mauconseil en 1845. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 275 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 327 (sous le nom de Perthus) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusquau 31 mai 1833 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/P/5 Récompenses honorifiques ; Archives nationales LH/2117/66 dossier Légion d’honneur ; Les Médecins de Paris jugés par leurs œuvres ou Statistique scientifique et morale des médecins de Paris, Sachaile de la Barre, Paris, chez l’auteur, 1845, p. 517.

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