Peteaux, Charles, Louis, Jérôme

Biographie


Né le 29 mai 1781 à Paris. Voiturier. Il obéit à Jean-François, Joseph Tetu (voir ce nom), qui lui donna l’ordre, le 29 juillet, « de placer sa charrette en travers du pont des Invalides pour former une barricade et couper la communication des Champs-Elysées avec le Gros Caillou ; […il] s’empressa d’exécuter cet ordre et, à l’instant même où il avait dételé son cheval, un détachement de garde royaux s’avança sur le pont ». Peteaux fut jeté à terre et reçut plusieurs coups de crosse de fusil dans la poitrine et sur divers endroits du corps. Il ne cessa depuis d’être malade et mourut, le 26 décembre 1830, d’hémoptysie. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Guichard, médecin de la Manufacture royale des tabacs délivra, en date du 29 janvier 1831, un certificat attestant que Peteaux « contracta une hémoptysie, à laquelle il a succombé après de longues souffrances et après avoir épuisé toutes ses ressources ». Le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Tetu, Jean, François, Joseph (voir ce nom), marchand de bois, demeurant 14, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou ; Gobo, Louis, Nicolas, marchand de bois, demeurant 12, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou (sic) ; Mortier, Charles, Louis, Marie, employé, demeurant 12, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Ils attestèrent que Peteaux, Charles, Louis, Jérôme avait « été blessé en combattant le 29 juillet 1830, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou et est mort des suites de mutilation le 26 décembre 1830 ». Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 14 juillet 1831, la conclusion suivante : « Après avoir pris connaissance d’un certificat donné par M. le docteur Guichard, d’un acte de décès extrait des registres de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et d’un acte de notoriété délivré par M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, desquels il résulte que le sieur Peteaux aurait reçu en juillet 1830 des contusions à la poitrine, lesquelles auraient produit une hémoptysie, à laquelle il serait succombé le 26 décembre 1830, nous pensons que les faits étant suffisamment constatés, que ses ayant-causes ont droit à jouir du bénéfice de la loi du 13 septembre 1830. » Le 10 octobre 1831, Tetu, Jean, François, Joseph (voir ce nom) comparut devant le maire du (ancien) Xe arrondissement. Le procès-verbal suivant fut établi : « A comparu M. Jean, François, Joseph Tetu, marchand de bois, propriétaire, notable commerçant de notre arrondissement, capitaine commandant la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la Xe légion, décoré de Juillet, demeurant rue Saint-Dominique au Gros-Caillou n° 14. Lequel a déclaré, comme ayant été témoin oculaire des faits et pour rendre hommage à la vérité, que le 29 juillet au matin, ayant pris le commandement provisoire du Gros-Caillou, il ordonna au sieur Peteaux, voiturier, demeurant rue Saint-Jean n° 3, de placer sa charrette en travers du pont des Invalides pour former une barricade et couper la communication des Champs-Elysées avec le Gros Caillou ; que le sieur Peteaux s’empressa d’exécuter cet ordre et, à l’instant même où il avait dételé son cheval, un détachement de garde royaux s’avança sur le pont, qu’il vit le sieur Peteaux jeter à terre et recevoir plusieurs coups de crosse de fusil dans la poitrine et sur divers endroits du corps ; que depuis cette époque jusqu’à sa mort, arrivée le 26 décembre 1830 il n’a pas cessé d’être malade et qu’il est évident qu’il a succombé des suites des coups qu’il a reçus. » Il laissait une veuve, Dutertre, Jeanne, Geneviève, née le 21 février 1779 à Paris, qui fut pensionné de cinq cents francs (son nom ne semble pas être inscrit sur les journaux ; mais elle est in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831) ; il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il était père d’une fille, Agathe, née le 12 février 1817 à Paris. Sa fille fut considérée comme orpheline de Juillet et il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Gobo, demeurant 14, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou (sic), fut nommé subrogé-tuteur de l’orpheline. L’orpheline fut placée, pour un prix annuel de pension de cinq cents francs, dans la pension de Mme Brunon, 91, rue de Sèvres et reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1831. En 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. Agathe fut l’une des candidates choisies par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, mais ne fut pas celle finalement élue. Elle était alors ouvrière en linge et devait épouser Guérin, Jacques, né vers 1810 à Bonneuil (Vienne), cuisinier chez Desmaisons, 51, rue de Lille, sur lequel la mairie rapportait les renseignements suivants : « Très bon sujet, fort aimé de ses maîtres et qui a déjà des économies. » En 1836 de nouveau, à l’occasion des mêmes fêtes anniversaires de Juillet, seize couples, enfants de combattants ou combattants eux-mêmes soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotés de trois mille francs pour pouvoir se marier. Agathe fut encore l’une de celles qui posa sa candidature devant la mairie du (ancien) Xe arrondissement (et qui de nouveau ne fut pas celle finalement retenue). La mairie donna sur son compte comme renseignement qu’elle était un « fort bon sujet, très recommandable, ainsi que son prétendant ». Elle devait épouser, cette fois-là, Renaud, François, né vers 1811 à Jonsac (Charente-Maritime), charpentier chez Perdreaux, 19, rue Neuve-de-la-Fidélité, demeurant lui-même 98, rue du Faubourg-Saint-Martin. Peteaux demeurait 3, rue Saint-Jean au Gros Caillou en 1830 ; la veuve, toujours 3, rue Saint-Jean en 1831 ; 142, rue Saint-Dominique en 1834 ; 28, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1835-1836. Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 52, p. 111 pour l’enfant ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1834, idem année 1836 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 (sous le nom de Petheaux, Agathe) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, souscription de 1830, instructions préfectorales, bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement, état nominatif des orphelins et orphelines de Juillet du (ancien) Xe arrondissement existant au 1er janvier 1833 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, préfecture du département de la Seine Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement, Etat des titres de pension qui ont été envoyés à la mairie du [ancien] Xe arrondissement, comme appartenant à des orphelins de Juillet qui y ont été domiciliés, idem Etat de la remise opérée entre les mains de M. Pairou, secrétaire-trésorier du bureau de bienfaisance, des fonds, des titres de pension et de rente appartenant aux orphelins de Juillet sous la tutelle de la commission municipale du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (douze veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (état des orphelins du Xe arrondissement, qui, aux termes de l’article 9 de l’ordonnance royale du 25 août 1831, ont droit à l’indemnité de trois cents francs pour acquisition de trousseau de 300 francs ; année 1833, Xe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés), F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Revêche ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) Xe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien Xe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.