Petelot, Pierre

Biographie


Né le 23 avril 1782 à Gandrange (Moselle), fils de Petelot, Georges, vigneron, et de Lacroix, Catherine, son épouse. En 1815 il était marchand ou vigneron à Boussange en Moselle, en 1817 cabaretier dans la même commune, en 1822 voiturier toujours à Boussange, en 1824 garde champêtre toujours à Boussange, en 1830, charretier ou voiturier. Il s’illustra rue Saint-Honoré, à la porte Saint-Denis et à la porte Saint-Martin. Il fut blessé, par un coup de lance reçu à la main droite, le 28 juillet dans la rue Saint-Honoré. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il était porteur du certificat médical suivant : « […] Cette blessure est à la main droite, située entre le vide que présente le pouce et le premier doigt ; elle a été faite par une lance, à la suite d’une charge faite par des militaires de cette arme. Cette blessure a présenté des caractères graves, d’abord une hémorragie, qui n’a cédé qu’à ligature, puis la désorganisation de la division des muscles en travers et qui par déchirement ont rendu pendant un moment la position du malade très critique. Le sieur Petelot est un ancien militaire, il est de plus époux et père de six enfants. Sa conduite a été celle d’un brave, qui au moment du danger a oublié sa famille pour ne penser qu’au salut de la patrie. » Signé, le 13 août 1830 : Matthalin Lefranc, chirurgien de la mairie de Montmartre, médecin du bureau de bienfaisance. Il reçut un secours de cent vingt francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Par une lettre en date du 26 août 1830, Martin (voir Martin, Charles, Barthélemy, Désiré), sous-officier de la garde nationale de Montmartre (né dans la commune de Grand Puy), se présentant lui-même comme un « défenseur de la liberté », le recommandait auprès du général (Lafayette ou Fabvier ?) comme un de ses ouvriers qui méritait sa bienveillance parce que ne pouvant reprendre ses travaux du fait de la blessure qu’il avait reçue. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussigné, atteste devant qui il appartiendra que le nommé Pierre Petelot, manouvrier, habitant de cette commune depuis environ quatre ans qu’il m’est connu, est un homme honnête et bon père de famille et en outre atteste qu’il a été blessé dans les affaires de Juillet, dont il a par nous reçu des secours de la commune, autorisés par M. le maire de Montmartre. » Signé, le 14 janvier 1831 : Ferry, membre du conseil municipal, capitaine de la 1re compagnie. En 1831, il était manouvrier à Montmartre et le maire de cette commune attesta en sa faveur qu’il était « honnête homme et bon père de famille » et que, blessé pendant les combats de Juillet, il n’avait reçu aucun secours dans sa commune. Il reçut un total de cinquante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il passa devant le jury le 15 janvier 1831 sous le numéro 87 mais ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il comparut, le 7 avril 1831 et sous l’identité de Petelot, Pierre, terrassier, demeurant 14, rue Poissonnière, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Lapie, Jean-Marie et savoir « qu’il est sorti de son domicile le 29 juillet dernier, armé d’un fusil, pour combattre pour la liberté et qu’à l’attaque du Louvre il a été atteint d’une balle qui l’a frappé au côté droit ». Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi de garde forestier ou autre dans le département de la Moselle. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le nommé Petelot, Pierre, demeurant à Montmartre, rue Poissonnière n° 14 (illisible) s’est constamment battu les 27 et 28 juillet 1830, que nous l’avons vu armé de deux pistolets et que le 28 de midi à 1 heure il a été gravement blessé d’un coup de lance à la main droite, rue Saint-Honoré, par les soldats de cette arme […]. » Signé, le 26 mai 1831 : Martin (voir Martin, Charles, Barthélemy, Désiré), demeurant 15, place du Tertre à Montmartre ; Guillou, demeurant rue Projetée sur le boulevard Blanche dans la commune de Montmartre ; Gerard (voir Gérard, François, Etienne), demeurant 49, bd Saint-Ange à La Chapelle. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune et sans travail. Il avait épousé, le 5 octobre 1813 à Gandrange, Bichoff, Anne, Marie ; sur l’acte de mariage, Petelot, Pierre est indiqué comme veuf en premières noces de Eva, Catherine ; Bichoff, Anne, Marie est indiquée comme née vers 1788, fille de Bichoff, Simon, vigneron, et de Masson, Christine. Il avait quatre enfants, tous nés à Gandrange : Georges le 9 février 1815, Catherine le 7 décembre 1817, Marguerite le 5 juillet 1822, Pierre, Georges le 5 juillet 1824 (six enfants sur les listes du Constitutionnel ; de même Martin dans sa lettre de recommandation parle de lui comme dun « père de six enfants »). Il demeurait à Boussange au moins jusqu’en 1824 ; à Montmartre depuis 1827 jusqu’en 1831, dont 75, rue Poissonnière en 1830 ; 50, rue Mouffetard à une date indéterminée in Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier Plessis, Louis, Philippe. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 39 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 43 (comme demeurant 75, rue Poissonnière à Montmartre) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lapie, Jean-Marie ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives de la préfecture de police AA 407 ; Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier Plessis, Louis, Philippe.

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