Petet, François

Biographie


Né le 26 janvier 1804 à Belfort (Haut-Rhin). Imprimeur ou typographe (mais par erreur commis négociant in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives de Paris VD6 633 n° 1 et Archives de Paris VD6 3 mais les deux dernières sources découlant de la première ; sans doute par confusion avec Peters, Charles, Frédéric, commis négociant et inscrit comme imprimeur). Il fut blessé par un coup de feu reçu au genou gauche (mais à la cuisse droite in Archives de Paris VK3 30), le 29 juillet à l’attaque de la caserne des Suisses de la rue de Babylone. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 18 octobre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Pelet, François sur les listes du Moniteur universel). Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs versée sur un an. Il reçut une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale. Le 15 juillet 1831, la mairie lui fournit, à titre de blessé décoré, un habillement (soit une redingote de drap bleu, un gilet de casimir noir, un pantalon avec ses guêtres de coutil russe, un chapeau et des souliers). Il fut condamné à cinq années de réclusion, sans exposition, par la cour d’assises de la Seine le 29 septembre 1832, et interdiction de porter la décoration de Juillet ; il s’exclama Vive la république ! Nous sommes républicains ! à l’énoncé du verdict ; Il fut condamné à un mois de prison supplémentaire pour cris séditieux à l’audience. Il lui fut fait remise de la peine, par arrêté royal en date du 10 octobre 1836 mais la surveillance maintenue in Journal des débats politiques et littéraires. Il fit partie des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration de la colonne de la Bastille. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, adressant la lettre suivante à cette Commission : « En 1830, j’ai pris les armes pour chasser Charles X et je ne les ai déposées qu’après avoir à Rambouillet poussé hors de France. Louis-Philippe nous escamota notre république et trompa la France entière. Je luttais tant qu’il fut en moi. Imprimeur, mes presses furent des instruments de propagande républicaine. Le Citateur républicain, Tisiphone, Satyres de Bastide, recueils hebdomadaires m’attirèrent pour plus de vingt mille francs d’amendes. Ruiné, je fus obligé de vendre mon imprimerie. La vengeance se fit longtemps attendre. L’heure en sonna enfin. Le jour du banquet j’assistais au commencement de la lutte et je reçus dans mes bras le premier citoyen que frappèrent les sabres des sbires de Louis-Philippe. J’assistais activement à l’agitation de toute la journée. Le lendemain matin, je remuais le premier pavé pour faire les barricades de la rue Pastourel et de la rue du Temple. Aidé d’un brave ouvrier, le citoyen Laroche, rue Pastourelle n° 38, nous avons désarmé les gardes nationaux des rues Portefoin et du Temple. Nos barricades solidement construites, nos républicains armés, il fallait des cartouches. Je distribuais une trentaine de cartouches qui me restaient et aidé par le citoyen Gilbert de la rue des Gravilliers, nous avons fait des cartouches, fondu des balles, fabriqué de la poudre. Partout autour de nous, la fusillade retentissait ; mais notre position était si forte que les troupes qui arrivaient vers nos barricades criaient Vive la réforme ! fraternisaient avec nous et ne tiraient pas un coup de fusil. Nous n’avons, aucun de nous, eu le bonheur de verser une goutte de notre sang pour notre république. Charbonnier en 1821, combattant et décoré de Juillet, défenseur pendant dix-huit ans des principes républicains, combattant en février pour conquérir notre république, je désire vivement voir mon nom cité au nombre des citoyens qui ont offert pour une aussi sainte cause leur vie tout entière, leur fortune et leur liberté. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Nous empruntons au Dictionnaire biographique de Maitron la notice qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « François Pétet était le fils naturel de Magdelaine Pétet ; François Villemé (journalier, 26 ans) et Paul Willemin (“servant en cette commune”, 22 ans) furent les deux témoins qui signèrent l’acte de naissance à Belfort. La déformation orthographique en Pétel provient du registre d’écrou de Saint-Pélagie et des sources utilisées pour la Société des amis du peuple. Décoré de Juillet, typographe, François Pétet était membre de la Société des amis du peuple. En 1832, il était marié et il habitait au 65 de la rue de la Harpe (XIe arr. ancien, maintenant emplacement du boulevard Saint-Michel, Ve). Lors de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, il fut arrêté avec cinq autres insurgés sur l’une des barricades que les forces de l’ordre eurent le plus de mal à reprendre, au passage du Saumon. Elle se situait à proximité des locaux de son journal, dont les presses furent brisées par les forces de l’ordre dans la nuit du 5 au 6. Sur lui, il portait un billet ainsi conçu : “Pétet, ouvrier imprimeur, né à Belfort, membre de la Société des amis du peuple, président de section, patriote dévoué”, ainsi que des cartouches et des balles. Il fut écroué le 9 juin à Sainte-Pélagie. Le procès des insurgés du passage du Saumon eut lieu le 28 septembre 1832. Pétet était défendu par Boussi, qui avait lui-même été poursuivi après l’insurrection. Il fut condamné à cinq ans de réclusion – le tailleur Joseph Roussel et le journalier Casimir Roussel furent condamnés à la même peine – et à la dégradation de la médaille de Juillet. A l’annonce de ce verdict, les trois condamnés s’écrièrent : “Vive la république ! mort aux tyrans ! Nous nous reverrons aux barricades !” Leur peine fut alourdie d’un mois, pour cris séditieux en cours d’audience. Pétet est absent de l’Album des décorés [et médaillés] de Juillet alors qu’un Petel Honoré Delphin y figure dans les décorés de Juillet. A la prison de Sainte-Pélagie, Pétet resta très engagé dans les combats républicains ; il coordonnait les initiatives des détenus et assurait des liaisons avec l’extérieur. Le 19 mars 1834, tous ses papiers furent confisqués dans sa cellule et furent largement utilisés lors de l’instruction par la Cour des pairs des journées d’avril 1834. Outre une importante correspondance (avec François Raspail, avec Laure Grouvelle, avec les condamnés des 5 et 6 juin envoyés au Mont-Saint-Michel en juin 1833, etc.), les autorités mirent la main sur les rapports d’activité de la commission de secours pour les détenus politiques patriotes dont le président était Cormenin. Pétet semble avoir joué un rôle dans cette commission pendant toute l’année 1833 : il en était le “commissaire intérieur” pour Sainte-Pélagie. Il fut même obligé de faire une déposition avec Gaëtan Facconi lors d’un interrogatoire de Berrier-Fontaine, détenu pour son soutien, à travers la Commission de propagande de la Société des droits de l’homme, aux coalitions ouvrières de l’automne 1833. Le 21 juin 1835, il fut extrait de Sainte-Pélagie pour être conduit devant le maire de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), étape obligée pour l’abbaye de Clairvaux (Aube), où il purgea le restant de sa peine. » Le Dictionnaire biographique donne les références biographiques suivantes : Archives nationales BB/18/1330 ; Archives nationales CC/590 D/1 n°39, ; Archives nationales CC/616 D/4 et 5 ; Archives départementales Paris (Seine), registres d’écrou dY/8 7-425 ; Archives municipales de Belfort, état-civil. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrit. Moniteur Universel, 1er octobre 1832. Le Constitutionnel. Journal du commerce, politique et littéraire, samedi 29 septembre 1832, p. 3 . J.-Cl. Caron, La société des Amis du Peuple (1830-1833), mémoire de maîtrise, sous la direction de Louis Girard, Paris IV, 1978. J.-Cl. Vimont, Enfermer les politiques. Aux origines des régimes de détention politique (1810-1848), Thèse dact., Paris VII, 1991, 1295 p. Jean-Charles Persil, Rapport au Roi par M. le ministre de la Justice, au sujet de grâce à accorder à plusieurs condamnés politiques de Lyon, de Paris, etc…, Lyon, Impr. de Boury fils, 1836, 8 p. Notes de J. Risacher et J.-C. Vimont. Il demeurait 65, rue de la Harpe en 1830-1832 ; 8, rue d’Anjou au Marais puis 9, rue des Quatre-Fils en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, députation de la Bastille, idem liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie, idem mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem bulletin des médailles, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 19, (ancien) XIe arrondissement de Paris, quartier de la Sorbonne, Souscription nationale, séance du 20 octobre 1831 ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Petit, François) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales BB/18/1330, Etat des individus condamnés par la cour d’assises de la Seine, du 15 septembre au 18 octobre 1832, pour avoir pris part aux événements des 5 et 6 juin ; Archives de la préfecture de police AA 407 ; Le Censeur, Journal de Lyon, politique, industriel et culturel, 11 octobre 1836.

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