Petit, Armand

Biographie


Né le 8 avril 1800 à Versailles (Seine-et-Oise). Entrepreneur de sciage. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il signa, le 15 août 1831, le certificat suivant en faveur de Palis, Honoré, Désiré, Frédéric, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés déclarent à tous ceux qu’il appartiendra avoir vu le sieur Honoré, Désiré, Frédéric Palis, armé le 29 juillet 1830 à la place de l’Hôtel-de-Ville, où il a combattu avec zèle et dévouement pour la cause sacrée de la liberté. » Il signa, en août 1831, le certificat suivant en faveur de Peltier ou Pelletier, Louis, Michel quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés déclarent et se font un devoir sur l’honneur de rendre justice au sieur Louis, Michel Peltier (sic), ouvrier sur le port de La Rapée, domicilié rue de Bercy n° 27, quartier des Quinze-Vingts. Il est à notre connaissance que le 28 il s’est réuni à nous à l’Hôtel de ville pour repousser l’attaque de l’ennemi, que par son zèle et son dévouement il a contribué au désarmement des cuirassiers, au Louvre il a fait éprouvé aux Suisses la valeur de son bras et l’usage de son arme. Plusieurs ont cédé à son intrépidité. Il est aussi à notre connaissance qu’il a montré un courage et un dévouement sans borne et qu’il a repoussé et abattu grand nombre d’assaillants au coin de la rue de Rohan. Au Châtelet, il a désarmé un garde royal malgré grand nombre d’assaillants qui voulaient s’y opposer. Le 28 et 29, il s’est porté sur tous les points et a déployé le même zèle et le même dévouement. Son exemple n’a pas peu contribué à ranimer le courage abattu. C’est une justice que nous nous plaisons à lui rendre. » Il signa, le 21 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Riou, Pierre, Louis, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous déclarons à tous ceux qu’il appartiendra que le nommé Riou, Pierre, Louis, s’est empressé, dans les glorieux jours de juillet dernier, de rendre tous les services qui lui a été possible pour panser les blessés, à son propre compte. Nous déclarons en outre qu’il a combattu avec zèle et qu’il a risqué sa vie dans différentes circonstances le 29 du même mois ; qu’il s’est habillé en garde national d’ancien uniforme, pour se réunir au faubourg Saint-Antoine à ses frères d’armes, d’où ils ont été à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et de là à l’Hôtel de ville, où il a été chargé du commandement provisoire de la place pour poster comme il le jugerait convenable les sentinelles sur différents points, par ordre du général Dubourg. Il a de plus accompagné M. George Lafayette (voir ce nom) chez M. Laffitte. Nous dirons à sa louange qu’il s’est dévoué entièrement pour la cause de la liberté. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 7 septembre 1831, conjointement avec Thiellement, Pierre, Louis (voir ce nom), Kreuder (voir Krender, Henri, Louis), Audille (voir Audille, Louis), Simon, dit capitaine la Blouse (voir Simon, Marie, Auguste, Simon), Falotte (voir Fallotte, Simon, François), Bonnin (voir Bonnin, Jean-Baptiste), Vicini (voir Vicini, Joseph, Albert), il adressait la lettre suivante à Laborde, député de Paris : « Nous avons appris avec plaisir que vous étiez chargé près la Chambre des députés du rapport concernant les combattants de Juillet qui se sont rendus dignes de la récompense nationale en donnant des preuves de leur attachement pour le maintien de nos droits de citoyens, en s’opposant par la force des armes au parti contraire. Nous, décorés de la croix de ces trois mémorables journées, reconnus pour tels par la Commission chargée de recueillir les belles actions, nous soussignés, vous supplions de prendre pour agréable les observations qui nous paraissent mériter votre attention. Il est de fait, monsieur, que la Commission a été induite en erreur, qu’il y a eu beaucoup de décorés qui ont été blessés en combattant, d’autres qui l’ont été qui n’étaient que spectateurs, sans être munis d’armes. Enfin, on peut le dire et l’assurer il en est de ces décorés qui étaient absents de la capitale et d’autres chez eux, etc. Il serait bien dur, monsieur, de voir de ces individus profiter des dons patriotiques tandis que des braves en seraient privés, surtout après avoir encouru sans désemparer les plus grands dangers ; il en est parmi les soussignés qui ont reçu de légères blessures, qui ont commandé pendant ces mémorables journées, d’autres qui se sont fait remarquer par leur intrépidité. Il serait bien dur, dis-je, de ne pas participer à ces récompenses. Les blessés ne sont pas les seuls qui se sont rendus dignes de cette récompense nationale. Ceux qui ont tenu jusqu’à ce que la tranquillité soit rétablie ne doivent-ils pas être autant considérés (sic). Les soussignés, monsieur, ont l’espoir que vous prendrez en considération leur justes observations, qu’indistinctement ces récompenses seront partagées à tous les décorés qui les ont méritées en défendant la charte constitutionnelle et nos droits de citoyens, observant de plus que pour secours nous n’avons reçu que les vingt-cinq francs qui ont été donnés le 27 juillet dernier. Veuillez, etc. P.S. Les signataires observent qu’ils sont pères de famille et qu’ils ont un besoin extrême de secours. » Il fut un des témoins interrogés au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François, préfet de police, contre Paulin et Bascans, directeur des journaux le National et la Tribune, qui les avaient accusés d’avoir embrigadé des ouvriers pour assommer les manifestants, le 14 juillet 1831. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Petit était accusé d’avoir dirigé les assauts des embrigadés, et différentes dépositions de témoins attestèrent qu’il avait en haine la république et les républicains. Un témoin fit la déposition suivante, le concernant : « Il m’ajouta que c’était la misère qui lui avait fait faire cela. » A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Il demeurait 36, rue Traversière-Saint-Antoine en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Palis, Honoré, Désiré, Frédéric ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Peltier ou Pelletier, Louis, Michel ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Riou, Pierre, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Thiellement, Pierre, Louis ; Cour dassises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831.

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