Petit, François

Biographie


Né le 19 août 1789 à Ville-en-Woëvre (Meuse) (le 24 mars 1788 à Wevre [Meuse] in Archives de Paris VD6 482 n° 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien le 19 août 1789 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension), fils naturel de Petit, Barbe et de père inconnu. Ancien dragon des armées de l’Empire, ayant participé aux campagnes d’Italie en 1807 et 1808 et d’Allemagne de 1809 à 1812, criblé de blessures tant par arme blanche que par arme à feu, blessé d’un coup de sabre à la main et droite à la bataille de Wagram, ancien vétéran, il s’établit tailleur. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la poitrine et au ventre, qui lui traversa les côtes, l’estomac ou le diaphragme, le 28 juillet. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Nous, soussigné, médecin de la faculté de Paris, certifions à tous ceux qu’il appartiendra que le nommé Petit, François, ancien dragon dans la vieille armée, criblé d’anciennes blessures, ex-vétéran, exerçant maintenant la profession de tailleur à la rue Contrescarpe, faubourg Saint-Antoine n° 34, a été atteint dans la journée de mercredi 28 juillet, d’une balle qui lui a traversé la partie gauche et inférieure de la poitrine. Sa blessure est assez grave pour l’empêcher de toute espèce de travail. » Signé, le 2 août 1830 : Caujole, médecin, demeurant 4, rue de Bercy-Saint-Antoine (qui signa un certificat à peu près identique le 4 août 1830). Il reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au côté gauche, sur les confins de la poitrine et du ventre, de la partie antérieure et inférieure de la poitrine vers sa partie postérieure, après avoir traversé les cotes, l’estomac ou le diaphragme, cicatrisée mais avec les plus graves accidents et avec persistance de crises journalières, de vomissements de sang ; circonstances dont la réunion équivaut à la perte d’un membre. » Il fut admis dans la 6e classe (mais 7e sur les listes de la Commission de la souscription…) des blessés et pensionné de huit cents francs. Il fit partie d’une délégation qui, le 3 novembre 1831, rencontra le président du Conseil et ministre de l’Intérieur, afin que fût accéléré le paiement de leurs pensions. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les hommes estropiés et pensionnés de Juillet, n’ayant plus aucun secours dans leur mairie, ils se sont réunis et ont nommé une députation, qui vous prie de vouloir bien avoir la bonté de venir lui donner les renseignements qu’ils n’attendent plus que de vous. La députation a l’honneur d’espérer que vous voudrez bien vous présenter dans la cour du palais. » (La liste des délégués est Fonchain, Jean). Il mourut le 9 février 1846 à Richemont (Seine-Maritime) ; un certificat médical attesta qu’il était sujet à des vomissements de sang depuis sa blessure en juillet 1830, que ceux-ci prirent à partir du 8 février 1846 une nouvelle intensité et occasionnèrent sa mort en l’espace de douze heures. Il laissait une veuve, Levasseur, Marie, Françoise, garnisseuse en chapeaux, née vers 1788, qu’il avait épousée le 26 février 1821 à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement de Paris. Le maire de Richemont donna sur son compte les renseignements suivants : « Elle ne possède aucune ressource et est hors d’état de pouvoir subvenir à sa subsistance, en raison qu’elle est trop avancée en âge ; […] elle est de bonnes mœurs et d’une conduite irréprochable. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1847, de cinquante francs en 1849, à titre de blessé de Juillet, la même somme en 1850, en 1851, en 1852, en 1854, en 1855, en 1856 et en 1857. Le 20 avril 1858, le chef de la sûreté générale au ministère de l’Intérieur répondit en ces termes au sous-préfet de Seine-Maritime, qui sollicitait des secours pour la veuve Petit : « […] Les allocations accordées jusqu’à présent à un certain nombre d’individus qui ont pris les armes pour le renversement du gouvernement en 1830 et en février 1848 constituent en réalité une récompense accordée à l’émeute et un encouragement à l’insurrection. J’ai décidé, en conséquence, que ces secours seront supprimés à l’avenir, sauf en ce qui concerne les individus blessés par accident ou en combattant contre l’émeute dans les rangs de l’armée ou de la garde nationale. » Petit demeurait 34, rue de la Contrescarpe dans le faubourg Saint-Antoine, chez Joly propriétaire, en 1830-1831 ; à Richemont en 1846 ; sa veuve, même adresse en 1847-1858. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 39 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 43 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 112 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 7e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/82, un dossier Pensions, lettre en date du 3 novembre 1831 et Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 7e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 33, idem Proposition d’autoriser par imputation sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur exercice 1850 l’ordonnancement d’une somme de 330 francs pour être répartie, à titre de secours, entre trois décorés, un blessé et deux veuves de juillet 1830, courrier en date du 21 novembre 1850, minute 139-140, idem Proposition d’autoriser, par imputation sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, l’ordonnancement d’une somme de deux cent vingt francs, pour être répartie à titre de secours entre quatre décorés et deux veuves de

juillet 1830, minutes 176-177, idem Proposition d’autoriser sur le crédit porté au chapitre 6 du budget de 1852 l’ordonnancement d’une somme de 570 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre sept décorés de Juillet 1830 et trois veuves de décorés ou blessés de Juillet, en résidence dans les départements, minutes 248-249, en date du 6 décembre 1852.

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