Petitjean, Antoine, Louis
Biographie
Né le 24 août 1788 à Paris. Coiffeur. Blessé. Il reçut, après la révolution, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Petit-Jean, Antoine, Louis sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. Il écrivit en ces termes aux députés, le 30 janvier 1831 : « En 1814, étant sergent dans la Ire légion de la garde nationale, il a eu l’honneur d’aller combattre les troupes étrangères dans les plaines de Saint-Denis et leur a pris trois cents bestiaux et, lors de leur entrée dans la capitale, il a arraché des mains des cosaques onze mille bestiaux qu’il (?) dans le couvent de la Madeleine. Ces faits sont à la connaissance de monsieur le duc de Choiseul-Praslin et de monsieur Lecordier, maire du Ier arrondissement, dont il est porteur des certificats. Au mois de mai 1816, rue du Dragon, il a arrêté plusieurs voleurs, sur les 3 heures du matin, qui ont été jugés au mois de décembre. Monsieur le président l’a complimenté à ce sujet. Ce fait a été inséré dans le Journal de Paris du mois de décembre 1816. Au mois d’octobre 1819, le feu ayant pris chez madame la comtesse de Coigny, place Beauvau, il a sauvé une petite fille de huit ans, qui était presque entièrement asphyxiée et ensuite contribua à éteindre le feu ; Journal de Paris 1er novembre 1819. Dans les journées mémorables des 27, 28, 29 juillet 1830, il a eu l’honneur de combattre dans la rue Saint-Honoré et sur les quais, le 29 sous les ordres de MM. Delannoy, Boitelet et Troyat, élèves de l’Ecole polytechnique. Il a combattu contre les Suisses à la caserne de Babylone, où il est entré un des premiers et, après la prise de cette caserne, il s’est rendu au château des Tuileries, où il a contribué à arrêter le pillage, et le soir il a reçu l’ordre de prendre possession du poste du pont tournant, où il a placé deux drapeaux nationaux et il est resté à ce poste jusqu’au 3 août, époque à laquelle il a reçu l’ordre de se rendre à l’hôtel de ville, où M. Joubert l’a chargé d’escorter la batterie d’artillerie sur Rambouillet. C’est lui qui, à la tête de sa troupe, a eu l’honneur de vous saluer lors de votre entrée dans le jardin des Tuileries. Votre exposant, messieurs, est père de quatre enfants en bas âge et vient vous supplier de vous intéresser à lui, afin qu’il puisse avoir une place de concierge dans un château royal ou dans un établissement public. » Sa médaille lui fut délivrée le 24 juin 1831 et son brevet le 25 août de la même année. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa demande d’une indemnité à titre exceptionnel de la part de la Commission de la souscription nationale fut rejetée. En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné. En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. En 1840, le maire certifia que Petitjean avait subi des pertes de commerce et qu’il était dans l’indigence ; le préfet de police renseignait de son côté que Petitjean était très favorablement connu, qu’il avait « éprouvé des adversités dans son industrie, qui se rattachait au commerce de la librairie » et qu’il était réduit aujourd’hui à porter les journaux. Il reçut un secours de quarante francs en 1840. Il mourut en 1841 ; sa veuve toucha le secours de vingt-cinq francs qui lui avait été alloué pour cette année. En 1842, sa veuve, Mantouchet, Marie, Anne, devait plusieurs termes de son loyer ; le préfet de police rapportait à son sujet : « Cette femme est mère de quatre enfants, dont deux seulement viennent à son aide, les deux autres étant encore en bas âge. Malgré les petits secours qu’elle reçoit de ses deux enfants, cette pauvre femme n’en est pas moins dans la plus profonde misère. » Elle reçut quarante francs de secours en 1842, en 1843 et en 1845. Petitjean demeurait 61, bd Montparnasse en 1830-1831 ; 101, rue du Bac en 1831 ; 38 bis, bd du Montparnasse en 1834 ; 74, rue de Vaugirard depuis très longtemps en 1840 et au moins depuis 1837 ; 40, rue de Vaugirard en 1841 ; sa veuve, 123 ou 133, rue du Bac, une chambre de cent quarante francs de loyer annuel, de 1841 à 1844. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 83 (sous le nom de Petit-Jean, Antoine, Louis) ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1837 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, souscription de 1830, instructions préfectorales, cas exceptionnels (sous le nom de Petitjean) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re classe (sous le nom de Petit-Jean, Antoine, Louis).