Petitjean, Jean
Biographie
Né le 24 ventôse an IX (bien le 24 ventôse an IX dans son acte de naissance ; 12 mars 1801 ou 21 mars 1801 ; 12 mars 1802 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; 12 mars 1801 in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé, peu fiable) à Saint-Bonnet-de-Joux (Saône-et-Loire), fils de Petitjean, Philibert, journalier, et de Deconches, Louise. Cordonnier bottier. Il fut blessé de deux coups de feu reçu à la hanche et à la fesse gauche. Il fut soigné à l’hôpital de la Charité du 29 juillet au 28 octobre 1830. Il reçut (sous le nom de Petit-Jean, Pierre) un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Petit-Jean, Jean sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 22 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la hanche et à la fesse gauche, de la partie supérieure de la hanche en arrière de la partie supérieure et antérieure de la crête de l’os des îles vers la pointe de la fesse ; guérie après beaucoup d’inflammations et d’abcès et d’ouvertures tant à la hanche qu’à la fesse et à la cuisse. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (il n’est pas sur les listes). Il reçut (sous le nom de Petit-Jean, Jean), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le principal locataire du 1 bis, rue des Blancs-Manteaux, Lapeyre, lui avait délivré, en date du 30 octobre 1830 un certificat pour attester qu’il s’était « toujours conduite honnêtement » depuis le 10 février 1830 qu’il demeurait dans la maison. En 1836, marié et père de deux enfants, il sollicita une pension « qu’il n’aurait pas manqué d’obtenir si, à cette époque, sa blessure était aussi grave qu’elle est devenue depuis ; des scories de plomb traversent les chairs, la blessure est rouverte » ; il demandait aussi à entrer à l’Hôtel des Invalides. La police donna comme renseignement sur son compte que sa position n’était pas heureuse et qu’on le disait laborieux et tenant une conduite régulière. Il reçut un secours de cinquante francs. En 1837, il était portier à la maison du 29, rue des Prêcheurs et on faisait « l’éloge de sa conduite », selon les renseignements de police. Il reçut un secours de quarante francs en 1838. En 1839, il sollicita un nouveau secours « toujours de plus en plus souffrant et infirme de sa blessure qui s’est rouverte depuis cinq ans et est devenue fistuleuse malgré et en partie à cause des opérations cruelles qu’on lui a fait subir à la fin de l’année dernière à l’Hôtel-Dieu puisque n’ayant qu’une fistule alors il lui en est survenu deux depuis. […] Se trouvant dans la plus grande gêne et chargé de deux enfants en bas âge et empêché de travailler comme autrefois de son état de garçon cordonnier » et reçut vingt francs, puis trente francs en 1840. En 1841, sa blessure « le mettant hors d’état de subvenir aux besoins de deux enfants, de son épouse encore convalescente d’une violente et longue maladie et surtout de payer ses loyers dont le terme est si proche », il sollicita un nouveau secours et toucha quarante francs. En 1842, les mêmes sources administratives renseignaient à son sujet : « Jouit d’une bonne réputation. Il n’a d’autres ressources que son travail. » Il reçut un secours de vingt-cinq et un autre de quarante francs en 1842. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, de quarante et vingt-cinq francs en 1844, de quarante francs en 1846, et de vingt-cinq francs en 1847. En 1849, il était père de trois enfants, les mêmes sources confirmaient les renseignements précédents : « Il n’a pas de fortune et n’est pas toujours occupé ; sa position est souvent précaire. Bons renseignements sur sa conduite et ses opinions politiques. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. En 1852, il était vendeur de journaux et « de bonne vie et mœurs sous tous les rapports », selon la préfecture de police ; il reçut un secours de soixante francs pour cette année-là, de la même somme en 1853. En 1854, ses blessures s’étaient de nouveau rouvertes et il reçut un secours de quarante francs. En 1855, il précisait dans une demande de secours : « […] J’oserais vous dire que je ne crois point avoir démérité et que je continuerai, comme par le passé, à faire tous mes efforts pour me rendre digne de la bienveillance de l’administration. » En 1855, les renseignements de police pris sur son compte rapportaient : « […] Habite depuis neuf mois un logement qu’il paie régulièrement ; il est […] marié, père de deux enfants de dix-huit à vingt ans, qui travaillent et se suffisent. M. Petitjean est marchand de journaux au coin du passage du Saumon et de la rue Montorgueil. Cette place est bonne. Sans le mettre dans l’aisance, il peut vivre avec le produit de sa vente, qui lui rapporte de cinq à six francs par jour, plus les courses qu’il fait pour les différents restaurants du quartier, le travail de ses enfants, tout réuni peut lui faire monter le produit de ses journées à dix ou douze francs. Il n’a pas de dette, est peu connu dans son quartier, jouit dans sa maison d’une bonne considération. Le confortable existe chez lui. Il n’a besoin d’aucun secours. » Il demeurait 1, rue des Blancs-Manteaux (sans doute 1 bis, rue des Blancs-Manteaux et alors comme Dubilhan, Antoine demeurant 1 bis, rue des Blancs-Manteaux et travaillant au 34, passage de l’Ancre) du 10 février 1830 à 1831 ; (34, passage de l’Ancre en 1831 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; 1, rue des Blancs-Manteaux in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé, peu fiable) 23, rue Beaubourg en 1836 ; 29, rue des Prêcheurs en 1837 ; 54, rue Saint-Sébastien en 1839 ; 63, rue Beaubourg en 1841 ; 5, impasse Berthaud, rue Beaubourg, quartier Saint-Martin de 1842 à 1846 ; 11, rue de la Tonnellerie en 1848-1849 ; 23, rue Geoffroy-Langevin de 1849 à 1854 ; 31, rue Montorgueil, impasse de la Bouteille, un logement de deux cent vingt francs par an en 1855. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 69 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 78 (sous le nom de Petit-Jean, Jean) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (23) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 14-15 état des blessés indemnitaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie (sous le nom de Petit-Jean, Jean) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 (sous le nom de Petitjean, Jean), idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), minutes 153-155 (sous le nom de Petitjean, Jean), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 (sous le nom de Petit-Jean, Jean).