Petitot, François

Biographie


Né le 20 février 1786 à Dijon (Côte-d’Or). Menuisier mais nourrisseur in Archives nationales F/1dIII/37 ; mûrisseur in Archives de Paris VK3 39. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831. Nourrisseur, demeurant 25, Vieille-Route aux Ternes, il signa, en 1831, un certificat de notoriété sur les circonstances de la mort de Conseran, Louis, Victor. Sergent sapeur-pompier, il signa le certificat suivant en faveur de Coland, Jacques : « […] Le 29 juillet 1830, journée mémorable à jamais, à la retraite de l’ex-garde royale, un événement le plus funeste a eu lieu dans la maison du sieur Belay (voir Belay, Philippe), marchand de vin, vieille route de Neuilly, par l’introduction d’un individu qui se réfugia chez lui, lequel fit feu sur les royaux et en tua un, ce qui a causé que lui et quatre autres personnes buvant paisiblement furent tuées également. Au même instant, deux autres individus, descendant de la barrière du Roule, armés, se disposaient de venger leurs camarades (avec raison) mais c’eût été la cause de faire réduire en cendres tous les environs de la commune. Alors nous les avons engagés et empêchés ce fatal projet (sic) et leur avons fait apercevoir le cas où ils allaient mettre le pays. Tout fut donc arrêté et nous avons requis une voiture pour faire transporter les morts, morts innocents, et conduire à l’église de Neuilly et ensuite enterrer avec tous les honneurs. Ayant, dans le même instant, appris que le feu était à la barrière de l’Etoile, nous nous sommes empressés de venir à ce fâcheux désastre. Apercevant sur la route quatre individus, chargés de six matelas venant de la caserne de l’Etoile, lesquels nous avons arrêtés et fait transporter lesdits effets dans une maison de dépôt, par ordre de M. Delabordère, alors maire. Ces individus se sont portés à des excès de violence envers nous, gardes champêtres, et avons manqué d’y perdre la vie. Enfin, nous avons mis en fuite ces malfaiteurs. Nous avons continué notre route jusqu’à l’Etoile. Arrivés, nous avons vu une quantité de matelas et autres meubles destinés à être brûlés avec ceux qui brûlaient dans le même instant. Nous avons donc [incompréhensible] de la nombreuse populace que nous ne pouvions croire être des vainqueurs des belles journées mais bien pour des pillards et des destructeurs. Enfin tout a été évadé (sic) et avons sauvé les misérables meubles, sans savoir à qui ils appartenaient. Comme aussi nous avons empêché, dans le même instant, toute cette bande qui ont arrêté une calèche et un monsieur à cheval, qu’ils voulaient dilapider et faire feu dessus. Enfin il n’y a eu aucun coup de feu de tiré, grâce à notre intrépidité. Vers minuit de la même journée, nous avons appris que le feu devait exister à l’échafaudage de l’arc de triomphe, nous nous sommes armés de notre courage pour voler à l’empêchement de ce beau monument mais à peu de distance nous rencontrâmes les nommés Le Gueux, Duverier, Barbier et Puthomme et d’autres, qui formaient la patrouille. Ils nous apprirent que l’intention de cet incendie était dissous. […]. » Il signa, comme sergent de la garde nationale, le certificat suivant pour préciser les circonstances dans lesquelles Morin, Pierre, François fut tué : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que le nommé Morin, Pierre, François, moissonneur, domicilié en la commune de Sainte-Marguerite-de-Carrouges, et fils de veuve Alexis Morin, indigente à l’époque de la journée mémorable du 29 juillet 1830, a perdu la vie par le feu des soldats du 1er régiment de la garde royale, en se battant pour la liberté, en présence du sieur Allain Laurent, (faucheur domicilié à la commune de Vrigny, département de l’Orne, arrondissement d’Argentan) pour qui il travaillait, étant en train de faucher lorsque les troupes effectuaient leur retraite par le bois de Boulogne et c’est à cette place qu’il perdit la vie et plusieurs autres. » Propriétaire, demeurant aux Thermes, il comparut, le 16 septembre 1831, devant le juge de paix de la commune de Neuilly, pour attester avoir connu Morin, Pierre, François et savoir que « ledit Morin a été tué le 29 juillet 1830 sur la vieille route de Neuilly, en face l’entrée de l’enclos des montagnes russes par la fusillade d’un peloton de l’ex-garde royale, au moment où lesdits sieurs Petitot et Allain étaient l’un dans le cabaret en face duquel Morin a été tué et l’autre derrière un arbre de la route, au pied duquel ledit Morin est tombé percé de plusieurs balles ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Sous-lieutenant à la compagnie des sapeurs-pompiers de Neuilly, il sollicita, en octobre 1838, des secours : « […] Depuis des mois il est retenu chez lui par une maladie qui a présenté les plus grands dangers et l’a privé de partager le service si important qui lui a été confié à la commune de Neuilly. Par suite des événements qu’il a éprouvés, la perte de son épouse pour laquelle il a tout sacrifié, au point d’être réduit avec sa nombreuse famille en bas âge à la plus affreuse détresse ». Il avait déjà reçu une aide pécuniaire de la part de ses collègues. Il mourut à l’hôpital Beaujon en décembre 1838, sans avoir encore reçu le secours qu’il avait demandé. Il demeurait à Neuilly en 1831 ; route de Saint-Denis, 4, avenue de la Révolte aux Ternes à Neuilly (Seine) en 1838. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Conseran, Louis, Victor ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Morin, Pierre, François ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Coland, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Morin, Pierre, François.

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